Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Wed, 03 Jun 2020 00:21:48 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/ Les lavandières en région Centre-Val de Loire <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/lavandière.png" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">S’il y a bien un personnage qui ne pourra plus jamais être filmé ou photographié, c’est celui de la lavandière. Heureusement pour nous et notre mémoire, des cinéastes amateurs ont capté quelques images de cette activité ancestrale qui a disparu progressivement dans la première partie du 20ème siècle.</p><p>Il n’y eut que très peu d’évolution en matière de lessive avant l’avènement de la machine à laver électrique dans les années 50. Cette activité très longue et pénible physiquement, se déroulait deux à trois fois par an, pour laver tout le linge de la maison&nbsp;: draps, torchons, vêtements, habits de travail. Ces <strong style="color: #333333; font-size: 12px;">«&nbsp;grandes buées&nbsp;»</strong> étaient faites par toutes les jeunes filles et femmes du village dans des immenses baquets ou cuviers en bois qu’elles louaient pour l’occasion chez le tonnelier. Ces trois journées étaient surnommées «&nbsp;L’enfer, le purgatoire et le paradis&nbsp;» pour les trois étapes distinctes de trempage, lavage et rinçage. Le lavage était opéré à la cendre, avant l’apparition des poudres à laver et du savon.&nbsp;Les familles les plus aisées employaient des <strong style="color: #333333; font-size: 12px;">lavandières professionnelles</strong> qui elles-mêmes s’entouraient parfois de laveuses, blanchisseuses, repasseuses...&nbsp;</p><p>Au début du XXème siècle se répand une invention qui facilitera grandement plusieurs étapes et qui rendra la lessive plus fréquente et individuelle&nbsp;:&nbsp;<strong>la lessiveuse</strong>. Cette machine permet de faire bouillir le linge, et même si elle facilite grandement le lavage des grandes pièces de linge blanc,&nbsp;<strong>les femmes ont continué à se rendre au lavoir ou à la rivière</strong>&nbsp;pour brosser les taches et laver le linge délicat ou de couleur.</p><p>&nbsp;</p><p class="textSubSubTitle">Frotter et rincer au lavoir</p><p>C’est ainsi qu’entre les années 20 et les années 60, il n’était pas rare de croiser encore une femme en tablier portant du linge mouillé à même les bras, comme dans les ruelles de <strong>Châteauroux</strong>, ou dans une brouette, comme à <strong>Argenton-sur-Creuse</strong>. Les images présentées ici sont donc des témoignages inédits montrant les dernières femmes faisant la lessive à la main ou venant rincer le linge lavé préalablement à la lessiveuse.</p><p class="textRightFrame">Les <strong>machines à laver</strong> à manivelle existaient déjà au 19ème siècle mais il faut attendre l'arrivée de l'électricité dans les foyers pour que les lave-linge tels que nous les connaissons aujourd'hui soient commercialisés. Découvrez&nbsp;ce film étonnant&nbsp;tourné vers 1950 à Tours, où un industriel fait la promotion de sa "Machine à laver Etra, la meilleure, la moins chère".</p><p>La plupart des lavoirs étaient publics et construits directement sur un cours d’eau. D’autres étaient alimentés par une fontaine comme à <strong>Avezé </strong>dans le film de Paul Masson. Certains lavoirs de campagne étaient rudimentaires, sans toits et juste <strong>équipés d’une pierre inclinée</strong> qui sert à brosser et battre le linge, comme à<strong> Sens-Beaujeu</strong>&nbsp;dans le film de Bernard Vattan. Dans les deux extraits du film sur <strong>Châteauroux</strong>&nbsp;de Pierre Reignoux, on distingue de nombreux <strong>petits lavoirs privés</strong> alignés les uns à côté des autres et un autre lavoir très bien aménagé avec <strong>des&nbsp;tonneaux encastrés dans le sol ou "basseaux"</strong>, comme au lavoir des Cordeliers.</p><p>Ces lavoirs de ville font partie intégrante du décor de la cité et de ses activités : c'est dans ce cadre que les lavandières sont filmées généralement lorsque les cinéastes proposent un documentaire dressant le&nbsp;portrait d’une ville, comme à Châteauroux mais aussi à <strong>Chartres</strong>, où Gérard Frétigné filme les ponts et les rivières comme éléments d'architecture, et tombe, par chance, sur des lavandières (les lavoirs s'étendaient alors sur 1,5 km sur les deux bras de l'Eure). A <strong>Châtillon-Coligny</strong>, l'extrait fait également partie d'un film témoignant de l'identité de la ville et il est davantage axé sur <strong>la multitude des activités et des travailleurs</strong>, entre la tonte d'un cheval et la maçonnerie d'une maison.</p><p>Dans son magnifique portrait de&nbsp;<strong>Bourges</strong>, Henri Malvaux filme lui aussi le lavoir comme élément d'activité de la ville mais s'attarde ensuite plus précisémment sur le travail des lavandières en filmant plusieurs d'entre elles dans leurs gestes difficiles et répétitifs. On peut alors distinguer aisément le matériel et les techniques. Agenouillées dans un&nbsp;<strong>cabasson en bois couvert de paille</strong>, elles frottent le linge au cube de savon et avec une brosse dure, le rincent puis le battent avec le battoir en bois et l'essorent. C'est le savoir-faire et la difficulté de la tâche qui sont mis en valeur par la caméra.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong class="textSubSubTitle">A la campagne : de la besogne au pittoresque</strong></p><p>C'est sous ce même point de vue que Bernard Vattan filme les deux lavandières de <strong>Sens-Beaujeu</strong> : les gestes sont soulignés en plan serré, et la scène est insérrée dans une séquence sur le travail à la ferme. Tout comme Pierre Chaillou qui filme les activités de la ferme familiale à <strong>Marchéville</strong>, ou Jean Rousselot filmant le quotidien de plusieurs familles dans le hameau de <strong>Bois-Naudouin</strong>, on filme le milieu rural, où les femmes rincent le linge directement à la rivière quand les lavoirs sont à plusieurs kilomètres de là.</p><p>Ces images peuvent prendre alors une tournure bucolique lorsque le cinéaste recherche l'esthétique d'une lumière d'automne ou d'un cadre mettant en valeur le paysage de campagne comme André Rioton dans "Suite d'Automne" en <strong>Beauce</strong>, ou la parisien André Petit en vacances à <strong>Saint-Florent-sur-Cher</strong>, qui filme, au gré de ses promenades en plein air, des pêcheurs, un troupeau de vaches, un paysan sur sa charrette, et une lavandière. Enfin, c'est véritablement en <strong>carte postale</strong> que Gabriel-Louis Guiet filme une lavandière sur <strong>les bords du Cher à Mennetou</strong>, en faisant prendre la pose à sa femme et une amie à côté de la vieille laveuse imperturbable.</p><p>En opposition à tous ces points de vue, la caméra de Charles Marioton ne s'attarde pas sur les lavandières : sa fille qui joue <strong>au bord d’un étang </strong><strong>dans la Nièvre </strong>est le sujet de la séquence. Les vieilles lavandières coiffées de leur chapeau et en robe traditionnelle sont en arrière-plan, probablement parce qu'en 1927, le lavage du linge en rivière était très banal... Ou bien, est-ce pour éviter le fort contraste entre l'enfant accompagnant les lavandières, qui s'affaire à laver ses vêtements, et cette fillette de bonne famille, élégamment vêtue et toute à son insouciance.</p><p class="textFrame">A ce jour, nous n'avons pas retrouvé de film amateur sur toutes les étapes de la lessive, que ce soit lors des grandes buées ou en lessiveuse. C'est grâce au film de Jean-Claude Laporte, <strong>"Lessive à l'ancienne à Ardenais"</strong>, que tout ce savoir-faire est transmis et commenté par des femmes qui ont conservé le matériel et rejouent ces scènes devant la caméra ou lors de fêtes paysannes.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p> Tue, 19 May 2020 16:03:55 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/itineraires/les-lavandieres-en-region-centre-val-de-loire Découvrir Nouvelle équipe municipale à Vierzon <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/22175_1/thumbs/115/thum-028.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Après un report du au coronavirus, le processus républicain reprend son cours dans environ 30000 communes avec cette semaine l'élection par les conseils municipaux des maires et des adjoints des listes élues dès le premier tour du 15 mars.Mémoire vous propose de vivre en image ce processus lors des élections municipales de 1965 à Vierzon.</p><p>À l'issue des deux tours du scrutin, les 14 et 21 mars 1965, <strong>le nouveau conseil municipal</strong> se réunit dans la Salle des Actes de l'hôtel de ville pour élire le maire et ses adjoints. Selon l'article L.2121-7 du code général des collectivités territoriales, ce renouvellement des conseils municipaux doit se dérouler au plus tôt le vendredi et au plus tard le dimanche suivant le tour de scrutin à l'issue duquel le conseil a été élu.</p><p>Nous sommes donc <strong>entre le 26 et le 28 mars 1965</strong> lorsque le doyen des élus ouvre la séance.Après un rappel des procédures, un premier tour de scrutin est organisé pour élire le maire. Sans surprise, <strong>Léo Mérigot</strong> est élu et prend la place de président de séance. Il est déjà maire depuis 1959 et vient de mener à la victoire la "Liste d’union de la gauche et des démocrates pour une gestion sociale, démocratique et humaine de la ville".Ensuite un nouveau vote est organisé pour choisir les différents adjoints de la nouvelle municipalité.</p><p>Après le dépôt d'une gerbe de fleurs au pied de la plaque commémorative située dans le hall de la mairie, au bas de l'escalier menant à la Salle des Actes, tous les nouveaux élus se rendent dans le square Lucien Beaufrère pour la traditionnelle <strong>photographie de groupe devant l'Auditorium Albert-Collet</strong> (réalisé par l'architecte statuaire angevin Eugène-Henry Karcher).Durant cette séance, le réalisateur filme notamment un homme semblant vouloir quitter le groupe trop vite. Il s'agit de <strong>Fernand Micouraud</strong>, fraîchement élu premier adjoint. Il succédera en 1977 à Léo Mérigot au poste de maire de Vierzon, et le restera jusqu'à sa démission en 1990, un an après sa réélection lors du scrutin de 1989.</p><p>Puisque dans les conditions actuelles vous n'avez pas pu, ou ne pourrez pas, assister à ce vote des conseillers municipaux dans votre commune, Mémoire vous propose donc d'en profiter à Vierzon en 1965.</p><p>Le réalisateur de ce film, déposé par un vierzonnais auprès de CICLIC Centre-Val-de-Loire, est inconnu. Si vous avez la moindre information ou le moindre indice nous permettant de l'identifier, n'hésitez pas à nous contacter : memoire@ciclic.fr.</p> Thu, 14 May 2020 12:18:06 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/nouvelle-equipe-municipale-vierzon Découvrir La foire exposition du Blanc (15-18 août 1935) <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/19626_2/thumbs/115/thum-020.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p>Créée en 1932, la foire exposition du Blanc est un évènement fédérateur important et emblématique pour la promotion de cette ville du Bas-Berry. Multipliant les attractions, les festivités et les invités de marque dès sa création, la foire exposition de 1935 accueille une personnalité politique importante : William Bertrand, Ministre de la Marine Marchande et député radical-socialiste. </p><p class="textRightFrame"><strong>René Gault est né en 1892 à Loudun et mort en 1984 au Blanc</strong>. Ingénieur passionné d'aéronautique, il participe à la première guerre mondiale en tant que pilote. Il travaille chez Nieuport comme constructeur de moteur d'avions puis chez Farman. Après des problèmes de santé, <strong>il termine sa carrière comme directeur de travaux à la ville du Blanc. C’est à cette période qu’il tourne des films en 9,5 mm sur des évènements locaux au Blanc</strong>.</p><p><strong>La troisième foire exposition du Blanc s’est déroulée du 15 au 18 août 1935.</strong> Depuis sa création, la foire exposition est soutenue, promue et organisée par son comité d'organisation dont le président n'est autre qu'Albert Chichery, conseiller général de l'Indre, député radical-socialiste du Blanc, président de l’Union Sportive Blancoise et fondateur/dirigeant de l'entreprise de fabrcation des cycles Dilecta.</p><p><strong>Le film 9,5 mm tourné par René Gault ne relate qu'une partie de la foire exposition 1935. Il se concentre sur deux journées : celle de l'ouverture (jeudi 15 août) et celle de la clôture (dimanche 18 août).</strong></p><p><strong>Le 15 août est marquée par la visite "guidée" par Albert Chichery des stands de la foire auprès des personnalités</strong>. A cette occasion, le cortège officiel se rend place de la Couture (actuelle Place du Général De Gaulle, à proximité de la sous-préfecture aux abords de la Creuse), lieu où se déroule la foire. Parmi les officiels présents, nous pouvons citer : Maurice Georges, préfet de l'Indre, Pierre Babb, maire du Blanc, Georges Bénazet, sénateur de l'Indre et William Bertrand, ministre de la Marine Marchande.</p><p><strong>A cette visite succède le grand évènement de la journée, l’élection de la Reine du Bas-Berry</strong>. Cet évènement est d'ailleurs porté haut en musique par les Gâs du Berry. Madeleine de Charpin, actrice de cinéma, Reine de Paris et Reines des Reines de France est présente afin de remettre le titre de Reine du Bas-Berry. S'en suit "un brillant concert [donné] par des artistes de l'Opéra, de l'Opéra Comique et de la Scala de Milan" (Le Petit Journal, 10 août 1935).</p><p><strong>Le dimanche 18 août au matin, vers 10h30, William Bertrand, ministre de la Marine Marchande, entouré d'Albert Chichery, de Maurice Georges, préfet de l'Indre et des parlementaires du département, dépose une gerbe de fleurs au monument aux morts</strong> (situé sur l'actuelle place André Gasnier).</p><p><strong>La matinée se conclut en musique grâce à un concert par la Musique des Equipages de la Flotte</strong> (orchestre de la Marine Nationale), <strong>devant une foule très nombreuse.</strong> Le cortège officiel se déplace ensuite en direction de la Place de la Couture afin d’aller visiter les différents stands d’exposition de la foire.</p><p><strong>La foire exposition est cloturée par un banquet</strong> auquel assistent les personnalités et officiels et durant lequel William Bertrand, Georges Bénazet et Albert Chichery prononcent allocutions et discours.</p> Wed, 13 May 2020 09:12:59 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/la-foire-exposition-du-blanc-15-18-aout-1935 Découvrir Roger Morançay, 1000e réalisateur sur Mémoire <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/50 ans de Carrière. - Copie.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Le site Memoire souffle cette année sa dixième bougie. Après 10 années au service du cinéma amateur, Ciclic Centre-Val de Loire est heureux d'annoncer l'arrivée du 1000e réalisateur : monsieur Roger Morançay.</p><p>C'est Suzanne Guimiaux qui, en 2017, a confié à Ciclic Centre-Val de Loire l'ensemble des films de son père Roger, parti depuis 1990. Originaire de Rouziers-de-Touraine, né en 1911, Roger Morançay est fils d'agriculteurs du Petit Bois. Son père meurt pendant la Première Guerre mondiale, alors qu'il n'a que 4 ans. Accompagné par l'instituteur du village, il poursuit, avec succès, ses études par correspondance. À 21 ans, il prend son envol après l'obtention de son diplôme de pilote à l'école d'Ambérieux-en-Bugey. Une grandre partie de sa vie est consacrée à son métier et sa première passion qu'est l'aviation.</p><p>Roger Morançay devient pilote d'essai et pilote militaire. Il fera ses premières armes dans la résistance durant la Seconde Guerre mondiale où il participera au pont aérien entre la France et l'Angleterre. À la suite des confilts armés, il pilote pour le <strong>GLAM</strong> (Groupe de liaisons aérienne ministérielle) puis il rejoint les compagnies Air Azur, Air Vietnam, Air Afrique et Air Algérie. Plus tard, il intégre la <strong>Société générale d'affrètement aérien</strong> (SGAA), créée en 1955 par Roger Colin à son retour d'Indochine. Roger Morançay y sera chef pilote et participera aux innombrables missions de transports. Réputé en tant que manoeuvrier, il assure le ravitaillement du camp retranché de <strong>Dien-Bien-Phu</strong> en Curtiss commando et en DC 3. Certains voyages ne seront pas de tout repos, comme celui avec l'Aero 45 avec lequel Roger Morançay a eu une explosion de réservoir d'huile...</p><p>Chaque mois, il pouvait faire plus de 150 heures de vol, preuve de l'intense activité aérienne de l'époque. À la fin de sa vie, Roger Morançay comptabilisait plus de<strong> 27 000 heures</strong> de vol, ce qui en faisait l'un des hommes ayant passé le plus de temps dans les nuages.&nbsp;&nbsp;</p><p>Ces faits d'armes et son implication dans les services de la Croix-Rouge lui vaudront d'être nommé <strong>officier de la Légion d'honneur</strong>. Bien des années après, de retour dans son village natal, il décorera de cette même légion d'honneur l'ancien instituteur du village.</p><p>C'est en <strong>1954</strong> qu'il fait ses premiers pas en tant que cinéaste amateur. Il fait l'acquisition d'une caméra 9.5 mm et commence à filmer de façon compulsive. Passionné, il fait de la caméra un objet à part entière dans sa vie.<strong> Cet élément l'accompagnera dans sa vie civile</strong> : Roger Morançay filme comme tout cinéaste le quotidien, des réunions de famille -lors de la sortie hebdomadaire à l'église- , les ballades dominicales et autres loirsirs -courses d'ânes, visites de château qui jalonnent ses journées-.</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Mais c'est aussi l'occasion pour lui de garder une trace de ses innombrables voyages (Chine, Vietnam, Afrique etc...). <strong>La caméra est un compagnon de route dans sa vie professionnelle</strong>. Aviateur, il n'aura de cesse de voyager caméra à la main pour rapporter des images d'ailleurs. Loin d'être innoncents, ses films tournés à l'étranger en temps de guerre, souvent très documentés, nous apportent bon nombre d'éléments de compréhension historique, topographie et ethnograhique. Roger Morançay fait ici preuve d'une certaine habilité et nous offre plusieurs plans aériens évocateurs de cette période parfois troublée... Pilote de terrain, il n'en est pas moins témoin des évènements, ce qui fait de ces documents de précieux éléments à regarder avec attention. <strong>Souvent en 9.5 mm, il film aussi en 8 et 16 mm.</strong></p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Au regard de sa production cinématogaphique, Roger Morançay porte plusieurs casquettes pour le plus grand plaisir des yeux. Il apparaît souvent à l'image en se mettant en scène, preuve que la caméra n'était pas toujours dans ses mains. Suzanne Morançay, amie d'enfance devenue son épouse en 1932, compagnon de longue date, a porté la caméra sur de nombreux films, partageant avec plaisir la passion de son époux.&nbsp;</p><p>Loin d'être une passion cachée, il a à coeur de partager son travail lors de projections qu'il organise dans la ferme familale à l'aide d'un projecteur <strong>Tri Film Paillard (9,5 mm, 8 mm et 16 mm).&nbsp;</strong></p><p>La filmographie de Roger Morançay fait aujourd'hui partie des collections de Ciclic Centre-Val de Loire et participe de la mémoire collective de la région. Loin d'avoir révélé l'ensemble de ses secrets, le voile sur ce cinéaste se découvre peu à peu. Nous vous invitons à en décrouvrir un peu plus en parcourant les films proposés mais aussi en vous aventurant dans la lecture de l'ouvrage Le laboureur de nuages de Suzanne Morançay revenant sur la carrière de son époux.</p><p class="textFrame">Pour continuer de célébrer ce dixième anniversaire et les innombrables réalisateurs référencés sur le site memoire, Ciclic Centre-Val de Loire a le plaisir de vous inviter à suivre une toute nouvelle série intitulée <strong>Plein Cadre - Portraits de cinéastes amateurs</strong>. Ces films seront consacrés à la vie et l'oeuvre des cinéastes amateurs d'hier et d'aujourd'hui. Retrouvez, dès le 3 juin 2020, ces pastilles sur le Facebook Ciclic memoire ainsi que sur le site memoire.ciclic.fr.</p> Thu, 30 Apr 2020 10:26:11 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/figures-de-memoire/roger-morancay-1000e-realisateur-sur-memoire Découvrir La Société Case, emblème industriel de Vierzon <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/Tracteur_super_CF350_pub_bd.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">En mars 1994, le groupe américain Case annonce la fermeture de l'usine de Vierzon et la délocalisation de la production sur son site de Crépy-en-Valois. Malgré des mois de lutte, parfois tendue, pour sauver les emplois de "La Case" avec le soutien des habitants et des collectivités, l'usine ferme définitivement ses portes le 15 décembre 1995. Revenons en image sur cette histoire d'une entreprise, La Case, d'une ville, Vierzon, et d'un savoir-faire, bien public, aujourd'hui devenu souvenir d'une époque industrielle.&nbsp;</p><p>Cet article a été réalisé d'après les travaux menés par les équipes mobilisées sur les recherches Memoviv - Vivamemori. Il a pour objet la valorisation des fonds Case conservés par Ciclic Centre-Val de Loire et la création du documentaire éponyme par les chercheurs de l'université de Tours. Ciclic Centre-Val de Loire remercie&nbsp;<strong style="box-sizing: border-box;">Céline Assegond&nbsp;</strong>et&nbsp;<strong style="box-sizing: border-box;">Alexandre Palezis</strong>&nbsp;pour leur confiance et le travail de mémoire réalisé autour de cette histoire.</p><p>"Vierzon ville industrielle", voici ce que l'on pouvait encore entendre dans les années 1980 quand on évoquait ce territoire situé au centre de la France. Si l'industrie du machinisme s'y est développée, c'est bien grâce aux atouts géographiques, géopolitiques, à un réseau ferroviaire développé mais aussi à la présence d'un terreau solide basé sur le savoir-faire et les techniques datant de plus d'un siècle.</p><p>En effet, sans en refaire l'historique, nous pouvons retenir que c'est en 1848, avec l'ouverture d'un atelier de "machines à battre", que Célestin Gérard, fils d'agriculteurs, lance cette succès story. Elle n'aura de cesse d'évoluer, en 1861 avec la création de la première locomobile ou en 1866 avec la première batteuse mobile de France. Mais c'est en 1879, par le rachat de l'industriel Lucien Arbel, que l'entreprise se donne un nom et se structure: elle deviendra la Société Française de Matériel Agricole : "La Française" (SFMA). Les tumultes économiques de la fin du XIXe siècle feront apparaître un "i" à cette dénomination pour devenir la Société Française de Matériel Agricole et Industriel, qui s'engagera dans les combats de la Première et Seconde Guerre mondiale. Vaste programme d'Union nationale qui freinera quelque peu l'innovation et laissera la place aux constructeurs américains avec des modèles de tracteurs plus petits qui innonderont le territoire français.</p><p>En 1959, la SFMAI devient la Société Case et se destine progressivement à la production de matériel de travaux publics. L'emblème de cette industrie vierzonnaise devient le tractopelle, aussi appelé "backloaders" ou "bakous" pour les intimes.&nbsp;</p><p>Et la caméra dans tout cela ?&nbsp;</p><p>Que ce soit pour la pédiode de la Société Française ou bien pour la Case, <strong>les collections de Ciclic Centre-Val de Loire</strong>, que vous pourrez consulter, sont composées d'une série de films industriels tournés à des fins promotionnelles. La caméra est alors le fer de lance d'une ambition industrielle et un bon moyen de faire la lumière sur les compétences et l'efficacité des équipes. Il s'agit de rassurer les futurs acheteurs ou actionnaires.&nbsp;</p><p>Bien que l'on parle de productions différentes, il est intéressant d'en faire la comparaison. Quelques éléments sont bien distinctifs de chaque période. En effet, à chaque époque son style, sa technique et son contexte historique. Alors que le film de <strong>Germain Sachsé</strong> (réalisateur de films pour le Ministère de l'agriculture), tourné en <strong>16 mm en 1950</strong>, intitulé "Au service de l'agriculture" se veut didactique dans une visée politique à l'adresse des agriculteurs, <strong>les productions de la Case</strong>, réalisées en <strong>Umatic fin des années 1980&nbsp;</strong>par la Maison de l'Image de Bourges, se présentent comme des classiques du film promotionnel d'entreprise visant à faire gagner des parts du marché. D'un côté le tracteur, à l'image du travail agricole, doit être pratique, solide et simple de prise en main; de l'autre la machine de travaux publics est très technique et sophistiquée. Enfin, les évolutions sur la chaîne d'assemblage sont notables. Alors que les années 1950 répondent encore à "l'exécution rationelle des opérations de montage" tel le fordisme des années 1930, les années 1980, bien qu'encore rationalisées, tendent plus vers des tâches de techniciens spécialisés.&nbsp;</p><p>Le contexte mondial se transforme, le savoir-faire change, les outils évoluent et les méthodes se modernisent, mais les locaux restent éternels. Pour chaque archive, les bâtiments restent&nbsp; l'emblème de la ville, un marqueur du dynamisme de l'activité industrielle. Les réalisateurs utiliseront d'ailleurs la même méthode, un plan d'ensemble vu du ciel, rappelant que cette entreprise était une maison pour beaucoup de vierzonnais. Notons que ce type de plan reprend les codes de la photographie promotionnelle d'entreprise, largement exploitée dans les catalogues commerciaux. La vue aérienne d'usine permet de donner à voir avec force l'étendue des bâtiments en centre ville, près de 9 hectares, gage de la puissance de l'entreprise. Dans un entretien attribué à la recherche, Jean-Pierre Dubour soulignera que : "Case a fait vivre pendant 30 ans de nombreuses familles dans Vierzon". Cette société n'est plus, mais la ville conserve encore son passé industriel, entre tracteur et bakous.</p><p>Ces archives audiovisuelles nous rappellent aussi que pour chaque machine qui sort de l'usine, des centaines de salariés sont employés et conçoivent les pièces avec une rigueur exemplaire dans une recherche constante de qualité. Ces documents qui témoignent des savoir-faire à l'oeuvre dans cette entreprise constituent aujourd'hui une source précieuse pour les chercheurs (historiens, sociologues). Leur richesse réside dans la restitution de multitudes de détails, de l'ambiance sonore, ainsi que de l'intense activité qui régnaient dans les ateliers. Jean-Pierre Dubour, ancien décolleteur et cariste chez Case, s'est prêté à l'exercice du commentaire, d'images tournées par la Maison de l'Image de Bourges en 1989 conservées par Ciclic Centre-Val de Loire (consultable&nbsp;ici).&nbsp;Il nous invite à comprendre les coulisses de la conception des bakous, notamment la seconde chaîne de montage des tractopelles, la station automatique de soudure des chassis, les opérations de lessivage, le contrôle qualité du 580K et le bureau d'étude. Plus encore, il est avant tout un témoin d'une époque et d'une vie en entreprise. Les prises de vue ont été effectuées par la Maison de l'Image de Bourges en 1989.</p><p class="textSubSubTitle">De la Société Française à la CASE, du tracteur au Backhoe Loeder</p><p>Les collections filmiques détenues par Ciclic Centre-Val de Loire ayant trait à l'entreprise Société Française de Machinisme Agricole, ainsi qu'à celle qui lui a succédé, la société Case, a été mis à disposition de la recherche Vivamemori. Elles ont été mobilisées dans le cadre de la réalisation d'un document pluridisciplinaire et plurimédia intitulé,&nbsp;De la Société française à la Case, du tracteur au Bachoe Loeder.</p><p>Réalisé à partir d’extraits d’une dizaine d’entretiens et de documents d’archives photographiques et filmiques, le film nous plonge dans l’univers de l’entreprise Case de la fin des années 1950 à 1995. Les paroles des anciens ouvriers et employés témoignent d’une culture d’entreprise fortement imprégnée par celle de la Société Française de Matériel Agricole et Industriel, où l’esprit de camaraderie et l’amour du&nbsp;«&nbsp;travail bien fait&nbsp;» étaient de mise. Le film donne à voir l’organisation du travail, la pénibilité de certaines tâches et les rapports hiérarchiques. Il retrace le passage de la production de tracteurs à celle de tractopelles, les fameux «&nbsp;Bakous&nbsp;», et rend compte des luttes qui ont accompagné la fermeture de ce site industriel emblématique de Vierzon.&nbsp;</p><p class="textFrame">Menée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs de l’Université d’Orléans et de Tours, VIVAMEMORI vise à amplifier la dynamique engagée par la recherche MEMOVIV (http://www.memoirevierzon.msh-paris.fr/). A partir d’un travail de recueil de mémoires sur l’industrie de la Région Centre-Val de Loire, VIVAMEMORI souhaite contribuer à une réflexion sur les outils les plus pertinents de valorisation d'un matériau riche, articulant patrimoine immatériel et patrimoine matériel auprès d'un public diversifié. Avec le soutien du Service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire, des Archives départementales du Cher et de l’Indre et de Ciclic, l’agence du Centre-Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique.&nbsp;Financement: Région Centre-Val de Loire, avec le concours de la DRAC Centre-Val de Loire, de la communauté de Communes d’Éguzon-Argenton-Vallée de la Creuse, de la Ville de Vierzon, ainsi que du Syndicat mixte du Pays Loire Val d’Aubois.</p> Wed, 29 Apr 2020 09:00:00 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/la-societe-case-embleme-industriel-de-vierzon Découvrir