Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Mon, 14 Jun 2021 18:43:11 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/ Le Japon de 1930 d'Eugène Pépin <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/pepin-5.png" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">La particularité du parcours d'Eugène Pépin réside dans la variété de ses expériences. Homme polyvalent, il fit de multiples voyages à l'étranger et s'intéressa à de nombreux domaines&nbsp;: l'histoire, le droit, la politique, mais aussi l'aviation et la photographie. De 1930 à 1933, il fut le conseiller juridique du Ministère des Affaires Etrangères du Japon. A cette époque, il tourna plusieurs films en format 16 mm lors de ses excursions sur l'archipel nippon. Bien que sa carrière atteignit une dimension internationale, il resta attaché à sa région natale, la Touraine.</p> <p>Eugène Pépin naît le 27 juin 1887 à Chinon (Indre-et-Loire) et décède le 27 avril 1988, à l'âge de 101 ans. La diversité de ses études&nbsp;témoigne de sa grande curiosité : il se forme à l'École des hautes études commerciales de Paris, obtient une licence en droit et étudie les lettres. Il réalise également deux thèses, l'une en histoire du droit et l'autre en sciences juridiques. La Première Guerre mondiale débute alors qu'il a achevé ses études. Il combine ses talents de photographe et d'aviateur pour devenir <strong>un véritable pionnier en matière de réalisation et d'interprétation de photographies aériennes</strong>.</p> <p class="textFrame"><strong>Anecdote</strong>&nbsp;: Durant la Première Guerre mondiale, il totalise plus de 1000 heures de vol, parfois sous la menace des avions allemands.</p> <p>Une fois la Grande Guerre achevée, Eugène Pépin poursuit une carrière de diplomate au sein du Ministère des Affaires Etrangères en occupant différents postes&nbsp;: secrétaire du Comité de rédaction de la Conférence de la Paix, chef de la section juridique du service français de la Société des Nations, rapporteur du comité de rédaction de la Conférence de codification du droit international de La Haye, etc... Ses fonctions lui offrent l'opportunité de voyager à travers le monde. <strong>Entre 1930 et 1933, il séjourne notamment au Japon et y filme ses découvertes et ses rencontres</strong>. Au moyen de sa caméra, le diplomate nous entraîne à la découverte du pays du soleil levant et de sa beauté, entre démonstrations d'arts martiaux et de danses, défilés en costumes traditionnels, cortège(s) de guerriers samouraï ou encore moments de détente dans une ochaya – salon de thé où officient les geishas – et aux abords d'un lac.</p><p>Dans un florilège de films de voyage, nous accompagnons le cinéaste dans ses excursions à travers les paysages montagneux de l'archipel. Le lac Ashi à Hakone est le lieu de détente de prédilection pour les tokyoïtes qui souhaitent s'évader un temps de la capitale, située à 80 kilomètres de là. Par temps clair, le Mont Fuji – Fuji-san comme le nomment les japonais – est visible. Au détour d'une promenade, nous admirons l'art des jardins japonais, fascinés par la familiarité des carpes koï qui peuplent les bassins et par les ornements emblématiques, telle cette statue de tanuki. Pépin se munit également de sa caméra pour mettre en lumière des <strong>festivités et coutumes locales</strong>&nbsp;: course équestre avec des guerriers en tenue traditionnelle, défilé de samouraïs à cheval et démonstration de combats en plein air. A l'occasion d'un autre festival, nous découvrons un impressionnant défilé d'hommes en costumes. Certains d'entre eux portent le mikoshi, un sanctuaire shintoïste transportable, que l'on retrouve très fréquemment dans les festivals japonais, encore aujourd'hui. A chaque fois, le public est très nombreux à venir assister à ces grands évènements, signe de l'importance qu'y attribuent les japonais depuis plusieurs siècles.</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Un des arts qu'apprécia particulièrement Eugène Pépin durant son séjour est <strong>la danse</strong>. En effet, il filme à différentes occasions, en intérieur ou en extérieur, un ou plusieurs danseurs, hommes ou femmes. Il nous fait découvrir des représentations de bugaku, qui étaient autrefois réservées aux élites de la cour impériale. Cette danse se caractérise par des gestes lents et précis, la beauté de ses costumes et la musique particulière qui l'accompagne, le gagaku. Elle s'accomplit sur une scène carrée, le plus souvent de 5,5 mètres de côté. Dans une autre séquence, c'est la danse classique japonaise (Nihon buyô) qui est mise à l'honneur avec un spectacle donné par Midori Nishizaki, fille du danseur et chorégraphe Baku Ishii. Le visage impassible, les mouvements sont relativement lents et doux – restreints par le port du kimono – et généralement accompagnés de musique jouée au shamisen (luth muni de trois cordes). Des accessoires peuvent également être intégrés à la chorégraphie, tels qu'un éventail, une ombrelle ou un tenugui – une petite serviette en coton.</p><p>Cette danse figure d'ailleurs parmi les nombreux arts que doivent maîtriser les geishas, nom qui signifie littéralement «&nbsp;personne qui pratique les arts&nbsp;». Dans le cadre d'un banquet (zashiki) auquel Eugène Pépin est convié, ce dernier profite de l'occasion pour se munir de sa caméra et filmer les moments de divertissement en compagnie de geishas et d'amis, dont le compositeur et pianiste Henri Gil-Marchex. Le saké coule à flot, les danses se succèdent et les petits jeux se multiplient&nbsp;: l'amusement et l'allégresse résument parfaitement ces instants loin du pays natal. Pour terminer ce tour d'horizon du Japon, Eugène Pépin filme une démonstration de judo ou d'aikidô dans un dojo. Issus de techniques guerrières médiévales, <strong>les arts martiaux</strong> (budô) occupent une place importante dans la culture nippone. De même que le judo et l'aikidô, le karaté et le kendô ont vu leur pratique être introduite dans le reste du monde&nbsp;; ils sont aujourd'hui très répandus en Occident. Ne s'arrêtant pas à de simples techniques de combat, ils comprennent également une dimension morale et spirituelle.</p><p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; </p> <p class="textFrame"><strong>Vrai ou faux&nbsp;?</strong> "Les geishas peuvent se prostituer". C'est faux, elles ne l'ont jamais fait. C'est en 1779 que le gouvernement japonais reconnaît officiellement la profession de geisha, avec interdiction stricte de se prostituer. L'une des raisons de cette fausse croyance vient du fait que, avant que les deux professions ne soient clairement différenciées, geishas et prostituées (yûjo) travaillaient conjointement au quartier des plaisirs. La similitude de leur tenue et de leur maquillage – mais pas de leur rôle – a contribué à créer cette confusion.</p><p>En 1933, Eugène Pépin quitte son poste de conseiller juridique au Japon et retourne au Ministère des Affaires Etrangères français pour travailler sur les relations avec l'Amérique latine. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il occupe successivement différents postes au sein de l'Organisation de l'aviation civile internationale. En 1957, il investit le champ de la recherche et de l'enseignement dans le droit aérospatial en participant à la fondation de l'Institute of Air and Space Law à l'université McGill (Montréal, Canada). Alors qu'il est âgé de plus de 70 ans, <strong>Pépin est la première personne dans le monde à donner un cours sur le droit aérospatial</strong>. Au printemps 1964, il intègre la Société archéologique de Touraine, dont il devient le Président en 1970. Ainsi, cette longue carrière lui aura donné de multiples occasions de tourner des films, en Touraine et un peu partout dans le monde.</p> <p>D'autres voyages filmés par Eugène Pépin sont à découvrir sur Mémoire&nbsp;: Inde, Cambodge, Mexique, Chili, Bolivie, Pérou...</p> Wed, 26 May 2021 09:34:30 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/carnets/le-japon-de-1930-deugene-pepin Découvrir Le Cottage : détente et loisirs dans l'après-guerre à Issoudun <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/22675_6/thumbs/115/thum-004.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Établissement totalement atypique dans le paysage berrichon de l'immédiat après-guerre, Le Cottage à Issoudun fut pendant un peu plus d'une dizaine d'années un lieu emblématique pour les issoldunois, symbolisant un retour heureux aux plaisirs de la vie !</p><p class="textRightFrame"><strong>Bien rares sont les images animées à avoir été tournées au Cottage. Les seules conservées par Ciclic Centre-Val de Loire sont celles tournées en 1950 et 1951 par le cinéaste amateur Marcelin Ragot</strong>. Né en janvier 1910 à Genouilly dans le Cher, il fait l'école dentaire de Paris et s'installe comme chirurgien dentiste à Issoudun au 7 rue de l'Avenier. Marié à Geneviève Micaleff et père de trois enfants Christian (1937), Geneviève (1940) et Jean-Louis (1947). Il chasse dans sa propriété de Bauzy en Sologne. Vigneron et apiculteur amateur à Genouilly au lieu-dit "Theuraux". <strong>II commence à filmer en 1946 en 9,5 mm pour garder des souvenirs familiaux, un peu avant la naissance du 3ème enfant</strong>. Il achète ses pellicules chez Billaut au 15 rue de la République à Issoudun. Il arrête de filmer au milieu des années 1960.</p><p><strong>L'histoire de cet établissement débute en 1946.</strong> <strong>Félicien Perraguin, volailler d'Issoudun, est un homme qui réussit bien dans les affaires. Passionné par le monde des artistes et de la fête, il décide de faire construire Le Cottage</strong>, sur un lieu à proximité de la gare d'Issoudun situé boulevard Stalingrad, qui n'était jusqu'alors qu'un pré en bordure duquel quelques lavoirs avaient été installés.</p><p><strong>Le Cottage symbolise la liberté et ce retour à la vie pour une partie des issoldunois, après les dures années de guerre et de privation</strong> : <strong>des bars, intérieur et extérieur, une salle de danse et une piscine</strong>…qui la fut première du département de l'Indre, disposant d'un toboggan, d'un plongeoir et même d'un solarium ! Mais comme le souligne, la petite fille de Félicien Perraguin, Jacqueline Guillaume-Moroz, la clientèle qui fréquente l'établissement est plutôt à l'aise financièrement : "c’était la bourgeoisie qui venait au Cottage".</p><p>Avec l'implantation et le développement des bases américaines de Châteauroux-Déols et de la Martinerie, nombreux sont les soldats américains qui viennent y prendre du bon temps, boire et danser. <strong>De grandes fêtes y sont organisées. On y célèbre également la Sainte-Cécile et la Saint-Éloi</strong>.</p><p>Si Félicien Perraguin meurt en 1953, <strong>M. et Mme Venot vont continuer à assurer la gérance de l'établissement à partir de 1955</strong>. Malgré le succès et la fréquentation, les finances ne sont pas au beau fixe. Les dettes vont s'accumuler, notamment en raison des coûts importants de mise aux normes de sécurité. <strong>En 1965, une page de la petite histoire issoldunoise se tourne. Le Cottage ferme ses portes.</strong></p><p><strong>L'actuelle propriétaire des lieux, l'association Alter Mondo, envisage de faire du Cottage une guinguette associative</strong>, de créer des jardins comestibles solidaires et participatifs, une résidence internationale d'artistes (arts et musiques du monde), un cabaret, un local de répétition, de spectacle, des ateliers recycl'art et d'auto-réparation, une recyclerie-ressourcerie et une micro-brasserie !</p> Wed, 19 May 2021 08:40:07 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanescommentaire/le-cottage-detente-et-loisirs-dans-lapres-guerre-issoudun Découvrir Au Chant des Îles à Vierzon <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/22488/thumbs/115/thum-013.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Dans les années 1950, trois jeunes filles, bras-dessus bras-dessous, montent la rue de la République à Vierzon. Passe un jeune homme, elles l'interpellent.- Tu viens, samedi ?- Où ?- Mais au Chant des Îles !Tel est le nom du lieu privilégié pour assouvir ses besoins de danse et de détente dans le Vierzon d'après-guerre.</p><p>Fils d'exploitants de théâtre et de cinéma dans l'Essonne, Pierre Toyot naît en janvier 1911 à Ris Orangis et s'installe à Vierzon où sa mère, Louise Braun, a repris le cinéma-dancing Les Arts. Il y crée avec son épouse Yvonne (qui a commencé comme accessoiriste au théâtre) deux dancings dans la ville, <strong>Le Chant des Iles, 111bis avenue Edouard Vaillant, ouvert de mai à octobre</strong>, et Aux Arts, place de la République (actuelle place Gabriel Péri devenu la résidence des Arts), pour la saison d'hiver.En 1951, ils achètent également l'usine Merlin située rue de la République et la transforment en cinéma, Le Miramar (qui devient Le France en 1972). Les deux films que Mémoire vous proposent font justement la liaison entre Le Chant des Îles et Le Miramar, puisqu'ils ont été réalisées pour faire la promotion du dancing lors des projections au cinéma.</p><p>La construction du Chant des Îles n'est pas simple. Avant d'y planter des arbres et d'y tracer des allées, il faut niveler le terrain alors en friches et qui suit la déclivité de l'avenue Édouard Vaillant. Mais la guerre annihile ce travail quand une bombe éclate au bout du jardin. Mais, après de nombreuses difficultés, le grand jour arrive : <strong>le dancing est inauguré en juillet 1947</strong>.L'implication des propriétaires devient alors totale pour en faire un lieu incontournable des samedis soir de la région. Ils construisent les bâtiments et les dépendances (sauf la couverture), en imaginent eux-même les décors et en dessinent le parc. Ainsi, en 1949, une colonne lumineuse, dotée de 800 pastilles de verre, et un chemin sont créés pour conduire les clients à une piste dansante à ciel ouvert et entourée de plate-bandes formant des arabesques.</p><p>En tant que connaisseur du monde du spectacle, Pierre Toyot organise des bals en parvenant à faire venir des orchestres professionnels et donne rapidement une notoriété régionale à son établissement dont le nom se murmure de bouche en bouche et de ville en ville. Sa renommée franchit les portes de Vierzon et le public afflue de Bourges, de Montargis, d'Orléans ou même de Paris pour voir de nombreuses stars, ou futures stars, passer sur la scène du cabaret : <strong>Sidney Bechet</strong>, <strong>Bourvil</strong>, <strong>Richard Anthony</strong>, <strong>Dick Rivers</strong> et les Chats Sauvages, <strong>Sacha Distel</strong>, Marcel Amont ou encore, pour une garden-party le 23 juin 1963, <strong>Eddy Mitchell</strong> et les Chaussettes Noires.</p><p>À travers ces deux films des années 1950, Mémoire vous propose donc de visiter ce dancing de Vierzon très en vogue de l'après-guerre à 1965, année de sa fermeture.</p> Tue, 11 May 2021 15:48:37 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/carnets/au-chant-des-iles-vierzon Découvrir Plein Cadre Sur Fernande Potesta, dite Soeur Sainte-Anne <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/Soeur Ste Anne - 2.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo"><strong>Fernande Potesta</strong>&nbsp;est née le 6 mai 1899 à Oran en Algérie. Elle entre en religion le 10 mai 1919, fait ses premiers voeux en 1921 et ses voeux perpétuels le 17 février 1927. Elle arrive en France en 1936 pour entrer à la congrégation Soeur-Marie-Immaculée à Bourges,&nbsp;<strong>sous le nom de religieuse "Soeur Marie Sainte-Anne"</strong>. Dès lors, elle entre au service de la paroisse de Lignières où, en tant qu'infirmière, elle visite et reçoit les malades avec sa complice Soeur Marie Solange. Elle y restera pendant 40 ans.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>Soeur Sainte-Anne entre dans la&nbsp;<strong>collection "Plein Cadre Sur"</strong>, série de portraits de cinéastes amateurs créée par Ciclic Centre-Val de Loire en juin 2020, diffusée sur Mémoire et sur Facebook-Ciclic-Mémoire</p><p>&nbsp;</p><p>Avec ses deniers personnels, elle achète un projecteur et&nbsp;<strong>constitue pour les enfants du Patronage une petite cinémathèque de films&nbsp;</strong>en Pathé Baby 9,5 mm (documentaires, films burlesques), qu'elle leur projète le jeudi après-midi et le dimanche dans la salle du catéchisme. Certains enfants aimaient lui rendre visite chez elle, pour l'aider à recoller les films cassés. Elle commence à filmer dans les années 50 avec sa propre caméra, et<strong>&nbsp;devient reporter de la paroisse</strong>&nbsp;en filmant les activités du Patronage et les pèlerinages organisés au Mont Saint-Michel, à Lourdes ou à Fatima par l'Abbé Jacques Seveau. Le&nbsp;<strong>regard porté sur l'enfance</strong>&nbsp;est avant tout spontané, joyeux et tendre, quand elle filme l'énergie du&nbsp;groupe de gamins de Lignières&nbsp;qui enchaîne galipettes, pitreries et batailles de boules de neige. Ses films se structurent par un montage et des cartons quand elle veut raconter les étapes d'un voyage, comme dans le joli film "Voyage à Lisieux".</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p><p>Après 40 ans au service des enfants, Soeur Sainte-Anne part vivre à Bourges en 1975. Elle avait dit, en faisant ses voeux perpetuels, que son seul regret serait de ne pas avoir d'enfants. <strong>A la fin de sa vie, elle confia que finalement, elle était très heureuse d'en avoir eu 540</strong>. Elle décède le 8 décembre 1984.</p><p class="textFrame">Les films de Soeur Sainte-Anne ont d'abord été <strong>conservés par l'abbé Seveau, qui les a ensuite confiés à Michel Laporte</strong>, un des enfants du patronage de Lignières, très attaché à elle dont il parle comme "une personne exceptionnelle". Nous le remercions pour sa confiance et son témoignage. Monsieur Laporte conserve également le journal de Soeur Sainte-Anne, dont nous citons ici un extrait écrit le lendemain de son arrivée à Lignières : «&nbsp;Vendredi 31 juillet 1936.&nbsp;Nous avons ouvert les malles, les armoires, les tiroirs, nous nous organisons bien tranquillement à l'ombre du grand clocher nous rappelant sans cesse que nous devons tenir nos âmes en haut, comme sa flèche de dentelle.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p> Tue, 11 May 2021 09:50:46 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/figures-de-memoire/plein-cadre-sur-fernande-potesta-dite-soeur-sainte-anne Découvrir Jean Linard dans son univers <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/11429/thumbs/115/thum-008.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">En 1996, l'atelier vidéo du cinéma Atomic d'Aubigny-sur-Nère part à Neuvy-Deux-Clochers pour rencontrer l'artiste Jean Linard. Sur le site de sa cathédrale, la caméra Hi8 s'arrête sur différentes oeuvres et l'artiste, décédé en 2010, en présente certaines en se promenant sur le site qu'il a créé.</p><p>Peintre, sculpteur et potier, <strong>Jean Linard s'installe en 1959 à La Borne</strong>, village où sont installés de nombreux artistes et artisans et qu'il visite régulièrement depuis son adolescence. <strong>En 1961, il acquiert une ancienne carrière</strong> au hameau des Poteries, à Neuvy-Deux-Clochers. Avec son épouse, Anne Kjaersgaard, ils y utilisent des matériaux récupérés pour construire leur maison, un four à chambres selon un plan de Bernard Leach, et différents ateliers.Créateur travaillant le grès, le raku, le fer, la mosaïque ou le ciment, il imagine toute une galerie de personnages (animaux aux expressions humaines, anges, monstres...) et se fait architecte pour transformer à plusieurs reprises sa maison ou créer, en 1981, la Tour Rocard, avec les briques d'un ancien four de 90m3 données à Jean Linard par Yves Rocard.</p><p><strong>Une cathédrale oecuménique et à l'avenir incertain</strong><strong></strong><strong></strong></p><p>En 1983, Jean Linard commence la construction d'une chapelle, qu'il envisagera ensuite en église pour finalement devenir <strong>une cathédrale qui sera l'oeuvre majeure à laquelle il consacrera les dernières années de sa vie</strong>. Elle rend hommage aux principales religions monothéistes et aux personnages que Jean Linard admirait, allant de Bouddha à Mandela, en passant par Gaudi et le Facteur Cheval. Important témoignage d’architecture insolite en France, elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 16 juillet 2012.</p><p>Suite au décès de l'artiste, le 17 février 2010, sa famille décide en 2011 de vendre le lieu. En 2012, avec le soutien du Ministère de la Culture, du département du Cher et de la commune de Neuvy-Deux-Clochers, l'association Autour de la Cathédrale de Jean Linard naît pour permettre l'ouverture du site au public. Malgré le succès, plus de 8300 visiteurs en 2019, la majorité de la famille Linard ne renouvelle pas la convention avec l'association.En juin 2019, des membres d'Autour de la Cathédrale de Jean Linard et d'autres personnes fondent une société coopérative d'intérêt général, Une Mosaïque pour la Cathédrale, pour réunir, grâce à une collecte, l'argent nécessaire au rachat du site et le transformer en "bien commun, appartenant à tous ceux et celles qui souhaitent s'y investir".</p><p>À ce jour, toujours sans convention avec les héritiers, l'association ne peut plus entretenir<strong> le site qui risque donc de se dégrader rapidement effaçant peu à peu le travail de Jean Linard</strong>.</p><p>Grâce à Mémoire, partez à la découverte de cette fabuleuse cathédrale en suivant un guide unique : son créateur.</p> Wed, 05 May 2021 07:21:43 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/jean-linard-dans-son-univers Découvrir