Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Sat, 31 Jul 2021 02:54:54 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/ Le Blanc : Naissance d'une maternité. <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/thum-021.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Nous sommes en 1968, alors que le centralisme économique est encore le fer de lance étatique, la politique de santé s'oriente progressivement vers l'accessbilité au soin à tous. C'est dans cette perspective qu'un chaniter dans la ville du Blanc est lancé. L'hôpital et son service maternité voient le jour derrière la caméra d'Antoine Dujardin, chirurgien de son état et cinéaste amateur. Revenons en archive sur la naissance de cette maternité, aujourd'hui "avortée" depuis le 27 juin 2018...&nbsp;</p> <p>C’est en 1952 qu’Antoine Dujardin s’installe comme chirurgien à l’hôpital du Blanc. À l’époque la chirurgie et la maternité ne se trouvent pas dans les murs de l’hôpital. La chirurgie se trouve à l’emplacement de la maison de retraite, rue Saint-Lazare et la maternité se trouve rue Aristide Briand dans les locaux de l’ancienne clinique privée, celle du Dr Cauvy.</p> <p>Mais la recrudescence du nombre de patients ainsi que l'évolution progressive de la médecine "rurale" dans la décennie 1960 vont faire évoluer le territoire médical français. C’est la raison pour laquelle la construction d’un nouveau pavillon de chirurgie-maternité dans l’enceinte de l’hôpital a été décidée.</p> <p><strong>Les travaux ont débuté en mars/avril 1968 pour se terminer fin 1970.&nbsp;</strong>Antoine Dujardin a filmé ces travaux avec une grande attention chirurgicale ! En effet, il savait qu’il allait être l’un des principaux concernés par cette nouvelle construction.</p> <p>Vous pourrez le constater par vous-même mais sur ces images, nous retrouvons (entre autres)&nbsp;: M. Viguier, directeur de l’hôpital et l’architecte, Jean Ganne. L'entreprise en charge des travaux n'est autre que l’entreprise Dallay d’Yzeures-sur-Creuse.</p><p>On peut voir les étapes se succéder : Le sous-sol du pavillon a été creusé&nbsp;; La grue est en passe d’être érigée&nbsp;; On établit des passages de communication avec le bâtiment préexistant.</p> <p>D'ailleurs, alors que la grue est opérationnelle, on peut voir sur la droite un préfabriqué. Il s'agit sans doute de l’Unité de Dépannage (qui disposait de lits supplémentaires). Enfin les fondations sont coulées.</p> <p>Au sous-sol du nouveau pavillon, vont se retrouver&nbsp;: la chaufferie, la morgue et une salle de réunion. C’est au niveau du sous-sol que l’on fait le raccordement avec les bâtiments préexistant de l’hôpital.</p><p>Il est intéressant de constater avec quelle minutie et quel sens du détail, Antoine Dujardin filme cette construction. La pratique d'un cinéaste amateur peut être relative à la vie professionnelle du cinéaste. Ici Antoine Dujardin nous montre à quel point il met un point d'honneur à être fidèle et respecter toutes les étapes de construction.</p><p>Alors que les ouvriers continuent à oeuvrer sur le chantier, place à un évènement important : la pose de la première pierre du pavillon par les autorités locales. Il faut dire qu'il y aura un avant et un après. En effet, le service maternité rencontrera un franc succès et ce jusqu'à nos jours. Nous retrouvons à l'image le maire André Gasnier et plus tard le préfet de l'Indre et le sous-préfet du Blanc.&nbsp;</p><p>Pour information, notre cinéaste amateur, Antoine Dujardin, a fait partie du conseil municipal au Blanc de 1956 à 1980.</p> <p>Les hommes se dirigent vers la cour de l’hôpital. M. Viguier, directeur de l’hôpital, ouvre la marche&nbsp;; suivi le préfet, le sous-préfet et le maire du Blanc sous le regard des journalistes.&nbsp;</p> <p>Au rez-de-chaussée se trouve la maternité. Elle comprend à cette époque, la laverie, la stérilisation, une nurserie, des chambres (une vingtaine de lits) et deux salles d’accouchement.</p><p>Au 1er étage, se trouvent la chirurgie avec deux salles d’opérations, la stérilisation, des lits (environ 20), et les bureaux du chirurgien et des infirmières.</p><p>Au 2e&nbsp;étage, ce sont environ 30 lits pour les patients de la chirurgie. Il est important de préciser, qu’au même moment il y a eu d'autres aménagements : la radiothérapie, le radiodiagnostic et la construction des services généraux.&nbsp;</p> <p>La presse de l'époque évoque un coût de construction de ce pavillon à 3&nbsp;495&nbsp;975 francs.</p><p class="textSubSubTitle">La maternité du Blanc voit rouge...</p> <p>Comme évoqué plus haut, la maternité du Blanc a, et ce malgré de multiples mouvements de protestations, fermé ses portes le 27 juin 2018. Après plus de 40 ans de service, c'est un poumon du service public public français qui cesse de respirer. Cet article a pour vocation de célébrer le passé glorieux de cet établissement, de ces femmes et hommes qui ont permis de faire naître un grand nombre de Berrichons. Peut-être vous ?</p><p class="textSubSubTitle">Antoine Dujardin, un homme, une carrière, une mission ...&nbsp;</p><p>Né le 5 mai 1920, Antoine Dujardin fut un élève brillant dès ses études secondaires puisqu’il fut lauréat du concours général en philosophie. Sa culture générale, en particulier littéraire, était grande et il était capable, des décennies après ses humanités, de réciter des tirades entières d’auteurs classiques.</p><p>Il entreprit ses études de médecine. Là aussi il fut très brillant : externe puis interne des hôpitaux de Paris, chef de clinique des hôpitaux. Il se spécialisa en chirurgie. Il s’installa au Blanc en 1952, travaillant d’abord à la fois à l’hôpital et à la clinique chirurgicale de la rue Aristide Briand, puis seulement à l’hôpital après que l’établissement annexe ait été transformé en maternité. Quelques années plus tard, il devint le premier chirurgien plein temps de France.Grâce à son courage, à ses qualités chirurgicales et à son ingéniosité, il transforma en quelques années un service de chirurgie archaïque en un service de chirurgie "de pointe" pour notre région, où il pratiquait des interventions jusque-là réservées aux grands hôpitaux ; et cela dans des conditions souvent bien difficiles. L’activité de son service, toujours plein, etait telle, qu’il fût agrandi à deux reprises.</p><p>Antoine Dujardin était aussi aimé de son personnel, en particulier de son personnel de bloc. Tous avaient pour lui une respectueuse déférence. Ces hommes et ces femmes appréciaient sa gentillesse, admiraient ses compétences tout en le redoutant.</p><p>Les premières années de son exercice au Blanc furent particulièrement dures. Il n’y avait pas d’internes, il était de garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre et, pour une simple plaie, il lui fallait se lever en pleine nuit et se rendre à l’hôpital. N’oublions pas non plus ces années où il ne put partir en vacances, n’ayant pas trouvé un remplaçant "valable". Dans les dernières années de son activité, sa joie fut grande d’avoir à ses côtés, à partir de 1980, son fils Christian, orthopédiste, qui pratiquait aussi la chirurgie artérielle. Ils formaient tous les deux une remarquable équipe qui ne rechignait pas à la tâche.&nbsp;Excellent confrère dont la porte était toujours ouverte et l’oreille attentive à toute suggestion ou critique pour le bien du service, estimé de tous ses correspondants, il était bien normal qu'il ait été élu au conseil départemental de l’Ordre des médecins où ses avis pertinents étaient toujours écoutés.&nbsp;Pour ces mêmes raisons d’estime, il devait être élu conseiller municipal de notre ville durant plusieurs mandats. Antoine Dujardin fut aussi un homme aux multiples talents puisqu’il devait goûter successivement aux joies du sport automobile, à la voile sur l’étang de la Gabrière, à l’aviation (il avait appris à piloter), à la pêche à la ligne, au bridge, à la photographie et, en particulier après sa retraite, au jardinage et à sylviculture. Il se lançait à fond dans chaque activité, préparait des fiches sur le sujet avec la même rigueur employée naguère pour établir ses fiches de questions d’internat.</p><p>Il quitta l’hôpital du Blanc et fut remplacé par le docteur Narcisse Ledoux qui, de 1962 à 2000, a anesthésié des milliers d’opérés. Sa compétence, sa rigueur, sa gentillesse et sa disponibilité nuit et jour étaient bien connues et appréciées de tous les patients et de tous ses confrères. Antoine Dujardin était officier dans l’Ordre national du Mérite, officier du Mérite du sang, chevalier de la Croix rouge et titulaire de la médaille des Collectivités locales.</p><p>Il est décédé le 24 décembre 2012. Ses obsèques ont été célébrées en l’église Notre-Dame de Châteauroux.&nbsp;</p> Wed, 28 Jul 2021 10:27:05 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/le-blanc-naissance-dune-maternite Découvrir Course de lévriers à Aubigny-sur-Nère <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/21834.mov_snapshot_22.04_[2019.11.05_17.46.32].jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p>Le 18 juillet 1954 est une date importante pour la commune d'Aubigny-sur-Nère. Car après les communes de Culan, Saint-Satur et Menetou-Salon, c'est la quatrième ville du Cher à accueillir un évènement sportif de ce type sur son stade : une course de lévriers.</p><p>La personne qui a tourné ces images s’appelle <strong>Madeleine Mallet</strong>. Elle est née en 1920 à Bourges. Elle est la fille du fondateur des sirops Monin. Après avoir fait des études à HEC Paris, elle devient dirigeante des établissements Mallet-Rateau à Aubigny. <strong>Elle tourne des films en 8 mm des années 1950 aux années 1970.</strong></p><p><strong>Organisée conjointement par la Société des courses de lévriers de France et l'Association Fraternelle d'Aubigny</strong> (AFA), cette course de lévriers est une première pour la commune. Le stade municipal Saint-Paul, habitué aux courses hippiques, est d'ailleurs transformé en cynodrome pour l'occasion.</p><p><strong>Quarante-six Greyhound sont incrits pour participer aux différentes courses de la journée</strong>. Ils se disputent les prix de la Sologne, de Courbevoie, de l' Association Fraternelle d'Aubigny, de Saint-Martin, de Belle-Colombe, du Berry et des Stuarts.</p><p><strong>Une seule épreuve compte des sauts de haies. Toutes les autres sont des courses à plat</strong>. Il est intéressant de rappeler que parmi les chiens à participer à ces courses, figure le champion de vitesse du Grand Prix de Rome 1953, "Nature Boy", vainqueur de la 5e course de cette journée.</p><p>Mais avant que les chiens ne s'élancent pour chacune des courses, le public, venu en grand nombre pour l'évènement (l'édition du Berry Républicain du 19 juillet 1954 rapporte que <strong>plus de 2 000 personnes furent présentes</strong>), assiste à la présentation de tous les concurrents canidés par la section féminine des supporters de l’AFA. C'est alors que le public fait son choix pour le ou les lévriers à jouer.</p><p><strong>Les courses débutent à 14h et se prolongent tout l'après-midi</strong>. Des stands et comptoirs sont aussi installés avec buvette, restauration, vente de ballons, loterie et jeux d’adresse.</p><p><strong>Parmi la foule considérable de personnes présente à ces courses de lévriers,</strong> <strong>nous pouvons citer les personnalités suivantes</strong> : M. Lefebvre, maire d'Aubigny, Antoine de Vogüé, maire d'Oizon, M. Brun, sécrétaire de la Société des courses de lévriers de France (qui a d'ailleurs assuré le commentaire sportif lors des courses), accompagné de Jacques Mallet (époux de Madeleine Mallet) qui fit également des merveilles au micro.</p><p>&nbsp;</p> Tue, 13 Jul 2021 15:15:21 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanescommentaire/course-de-levriers-aubigny-sur-nere Découvrir Lambretta et Vespa soufflent un air d'Italie dans nos campagnes <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/vespa1.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Dans les années 1950/60 un air d'Italie arrive en France, sous la forme d'un moyen de locomotion aux lignes originales et féminines : le scooter. Deux grandes marques&nbsp; se disputent le marché, la Vespa sortie en 1946 de l'usine Piaggo près de Pise et la Lambretta un an plus tard qui tire son nom de Lambrate près de Milan. Leur rassemblement lors de démonstrations acrobatiques est toujours un évènement qui a fait le bonheur des cinéastes amateurs.&nbsp;</p><p>En 1955 environ <strong>Jacqueline Desbarres </strong>secrétaire de direction originaire de Menetou-Salon filme l'arrivée par la rue de République sur la place du 10 Juin à <strong>Issoudun</strong> d'une trentaine de Lambretta en étant elle-même à l'arrière de l'une d'elles. S'ensuit un gymkhana avec passage en équilibre sur des planches en bois et contournement de ballots de paille. Le marchand de cycles de Châteauroux, <strong>Jean-Baptiste Drevet</strong> filme le même évènement dans une longue séquence de 8 minutes en couleur et une plus courte en N&amp;B.</p><p>Toujours dans les mêmes années, un rassemblement de motos à <strong>Malesherbes</strong> filmé par <strong>Guy Hot</strong> photograveur et passionné de cinéma amateur, réunit de nombreux scooters qui défilent dans les rues avant d'effectuer un parcours&nbsp;d'habileté sur la place Mazagran.&nbsp;</p><p>"&nbsp;Promenade en scooter&nbsp;" de <strong>Jean Rémia&nbsp;</strong>agent pour la Mutuelle de l'Indre, démarre à Châteauroux pour une folle <strong>virée à travers le Berry </strong>sur des vespas conduites par de jeunes passionnés du Vespa Club. Ce même club organise le 15 avril 1955 un gymkhana place Voltaire à Châteauroux.</p><p>En 1965 à <strong>Jouy </strong>en Eure-et-Loir, <strong>Jean-Claude Calais</strong> technicien de cinéma, organise et pilote des rallyes de jeunes gens sans casque et portant le costard cravate au volant de vespas et petite cilindrées. Une scène du film "Jeunes gens à Jouy" nous les montrent cheveux au vent sur les routes de campagne.&nbsp;</p><p>Ces films nourrissent l'image populaire des scooters, symboles de la douceur de vivre, mais aussi d'une prise de liberté de la part de la jeunesse qui s’émancipe du carcan familial et social en filant à vive allure sans pouvoir être rattrapé. C'est ainsi que nos deux jeunes filles de "Promenade en scooter" semblent presque voler à un mètre du sol sans entraves ni contraintes sur un air de liberté, aujourd'hui oublié.&nbsp;</p><p>Retrouvez toutes ces ballades sur le site memoire.ciclic.fr et à vous de différenciez la Vespa de la Lambretta !&nbsp;</p> Tue, 13 Jul 2021 13:52:41 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/carnets/lambretta-et-vespa-soufflent-un-air-ditalie-dans-nos-campagnes Découvrir Baby-Plage <img src="https://memoire.ciclic.frhttps://medias.ciclic.fr/11362/thumbs/115/thum-025.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Les vacances, le soleil, la plage et... un héros ! Voici les aventures extraordinaires d'un petit garçon en vacances en Bretagne.</p><p>Membre du Photo-Ciné-Club Orléanais, Jean-François Lambert a filmé avec originalité ses vacances familiales à Audierne en juillet 1959. Il a effectivement fait de son fils le héros de cette réalisation, le transformant en narrateur racontant avec humour les différents instants de ce séjour estival durant lequel, par la magie du montage, aucun parent ne semble présent.</p><p class="textRightFrame">Si les aventures estivales de ce petit garçon vous ont plu, découvrez vite ses aventures hivernales dans Baby-Ski.</p><p>Toutes les étapes d'un voyage de <strong>vacances à la mer</strong> sont <strong>évoquées à travers le regard de l'enfant</strong> : l'arrivée au lieu de villégiature dans la 4CV familiale, les après-midi à la plage entre baignade, jeux et rencontre d'un nouvel ami, la découverte des traditions locales lors d'un spectacle folklorique breton puis le moment fatidique où il faut remonter en voiture pour rentrer à Orléans.</p><p><strong>Vivez donc un avant-goût de vacances à la mer grâce au récit de ce petit garçon.</strong></p> Wed, 07 Jul 2021 07:32:56 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/baby-plage Découvrir Son Crime - Coup de projecteur sur ce chef d'œuvre tourné au Château de Maintenon <img src="https://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/vlcsnap-2021-04-29-11h04m34s866.png" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Nous sommes en 2010, M.Emmanuel Porcher, alors directeur de l’agence Ciclic lance les discussions avec M. Alberic de Mongolfier, président du département d’Eure-et-Loir de l’époque et M. Jean Raindre, époux de Geneviève de Noailles alors détenteur d'une bobine 35 mm intitulée Son Crime. C’est ainsi qu’après de longues discussions et un travail acharné, l’agence Ciclic a fait la collecte de cette oeuvre aussi énigmatique qu'exceptionnelle. Une grande histoire implique quelques explications, alors revenons ensemble sur cette archive qui fête cette année ses 90 ans.&nbsp;</p><p>Son Crime, dernier film du baron Thiery, n’a jusqu’ici été montré qu’en privé dans les clubs amateurs. Il a bien fait l’objet d’une projection pour les oeuvres de bienfaisance de la Duchesse de Noailles mais jamais d’une projection publique ! Ce drame policier concentre tous les accessoires classiques du genre : détectives, bandits internationaux, erreur judiciaire etc. Mais la qualité de certains artistes et la beauté du cadre ont valu à cette production un grand retentissement dans les sphères de la comédie de salon.</p><p>Un film au casting 4 étoiles, du beau monde !</p><p>« Mario de Castille », interprété par Paul Coze-Dabija, Chevalier de la Légion d’Honneur. La Duchesse de Noailles tient le rôle de la Comtesse d’Epernon, un nom d’emprunt aux dires de certains. En y regardant de plus près, nous apprenons que le Marquisat de Noailles avait intégré le duché d’Epernon (recherche aux Archives départementalesd’Eure-et-Loir, ndlr). Ce nom d’emprunt pourrait être une forme de volonté de réappropriation de terre qui fut, au temps de la nièce de Madame de Maintenon et jusqu’au second empire, la propriété de la Maison de Noailles.</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Arrêtons-nous un instant sur les rôles de « Fanchette », « La Futaie » et« Christian », alias dans l’ordre : Madame la Vicomtesse de la Motte Rouge, Monsieur le Comte de Mareuil, Monsieur le Baron Thiery (le réalisateur). La même année que le tournage de Son Crime (1931), ils vont fonder une association « l’Ecran Mondain », dont la Duchesse de Noailles est la Présidente d’Honneur. Dans Son Crime, le spectateur appréciera les interprétations, à l’image de la capacité du Baron Thiery à changer de visage et « body language », du si gentil garçon lors de la partie de chasse, en un repris de justice à la mèche rebelle, quand on le voit rôder autour du château. De même avec « La Futaie », le garde-chasse, où les changements de physionomie selon les scènes ne sont pas sans nous rappeler les expressions des personnages du cinéma muet des années d’après-guerre (la Première Guerre Mondiale), américain ou français. Enfin, « Fanchette » joue un personnage ambigu. Est-ce là une manière de s’acquitter de la vie qu’elle aurait dû suivre si elle était demeurée à Benon, village rural en lisière de la forêt du même nom, en Charente-Maritime. Marie-Thérèse Godet, épouse du Vicomte de la Motte Rouge, connaît parfaitement la vie simple des menus, qu’elle interprète brillamment.</p><p class="textSubSubTitle">Le film s'entend</p><p>On voit là une emprise encore très forte de l’art dramatique sur le scénario et les dialogues. Si certaines de ces scènes semblent durer plus longtemps que la norme actuelle, elles marquent le besoin de faire entendre un texte et des dialogues encore inaudibles. Henry Thiery a-t-il souhaité filmer la prééminence de la parole dans nos rapports mondains ? Pensait-il laisser transparaître ainsi le style « Agatha Christie » ? Quoiqu’il en soit, le spectateur sera surpris de la précision de ces échanges vocaux, sans doute écrits par Madame laDuchesse de Noailles, autrice de nombreuses petites pièces « vaudevillesques » qu’elle donnait en représentation, pour ses amis. Bien que muet, le film paraît bavard et bruyant. La Comtesse d’Epernon appelant « Fanchette ! », les coups de fusils, les crissements du gravier de l’allée sous les pas des visiteurs (et/ou du voleur), les éternuements, la voix et les rires du « fort eng. » – du gros monsieur à la terrasse du café (seule scène hors du domaine du château de Maintenon) – le plongeon de Christian dans l’eau des douves, ainsi que les meuglements des vaches de la ferme et les hennissements des chevaux du haras, tout nous laisse imaginer les sons et les bruits, les paroles et les altercations.</p><p class="textSubSubTitle">Un film amateur ?</p><p>On objectera peut-être que la présence d’un metteur en scène et d’un opérateur de métier ainsi que l’utilisation, même un seul jour, du studio Gaumont, donnent un caractère semi-professionnel à ce film. À cela, répondons que la tendance très naturelle des amateurs à vouloir faire mieux les conduit fatalement à travailler avec des films d’une plus grande section, des appareils plus perfectionnés, munis de tous les objectifs et autres accessoires professionnels... N’oublions pas que ce projet est né d’un budget réduit (1 000 ou 2 000 francs) et qu’il a entièrement été tourné par la force de bénévoles consacrant plusieurs jours du Seigneur à aller et venir entre Paris et Maintenon pour mettre en boîte quelques scènes. Faire un long métrage amateur avec une intrigue n’est pas chose aisée, félicitons ce groupe d’avoir relevé le défi consistant à montrer que les cinéastes amateurs ne sont pas réduits aux films de famille ou bien à des "actualités filmées" locales.</p><p class="textSubSubTitle">Un support hors-normes</p><p>Un film 35 mm pour un film amateur, ce n’est pas très courant. Apportons quelques précisions quant à cette bobine intégralement conservée dans les locaux de Ciclic Centre-Val de Loire (Issoudun). Parlons notamment de cette couleur bleutée si identifiable. La technique appliquée ici est le teintage. Ce procédé, créé dès le milieu des années 1890, fut utilisé de façon récurrente jusque dans les années 1950. Les couleurs pouvaient être utilisées dans un sens très littéral comme ici le bleu pour les scènes nocturnes. La fin du teintage est souvent liée à l’apparition des films sonores car elle interférait avec la bande-son des films parlants. Ici le travail sur ce support est d'une excellente facture, justifiant que l’amateurisme ne rime pas toujours avec approximation. C’est pour toutes ces raisons que nous ne pouvons pas classer Son crime sous le label de l’amateur tel que défini par les plus aguerris. Vol de bijoux, trahison, meurtre, amour et jalousie, le clair-obscur, la nuit américaine, les ingrédients de Son crime plongent le spectateur dans les débuts du film policier qui naît dans les années trente, et captivera tant de générations de cinéphiles, jusqu’à l’apparition du thriller des années soixante dix. Tout est joué, et l’intrigue, certes nourrie d’événements inventés ou ayant eu cours à Maintenon, et les personnages portant des noms à particule, les lieux et les meubles, tout est fiction. Ainsi « les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne sauraient être que fortuites ».</p><p>Un anniversaire à célébrer</p><p>Une date à retenir : 1931… Voilà 90 ans que ce film n’attend qu’une chose, être projeté au plus grand nombre. C’est en 2018 qu’une idée va émerger et qu’un ciné-concert va être proposé. Depuis 2006, l’agence Ciclic est missionnée par la Région Centre-Val de Loire et l’Etat pour collecter, sauvegarder, numériser, documenter et valoriser le patrimoine cinématographique de la région Centre-Val de Loire, afin de participer à la construction d’une mémoire commune. En parallèle de sa mission régionale, Ciclic Centre-Val de Loire a bâti un partenariat solide avec le Conseil départemental d’Eure-et-Loir pour mettre en oeuvre une multitude d’opérations sur le département : collecte, création, diffusion. De cette collaboration un projet d’ampleur est né : le ciné-concert autour du film ainsi nommé Son Crime. Par ce projet, Ciclic Centre-Val de Loire et le Conseil départemental d’Eure-et-Loir ont souhaité vous plonger dans cette oeuvre des années 1930. Pour l'occasion, le film a été restauré par les équipes de Ciclic Centre-Val de Loire, une image d’une rare qualité grâce aux interventions techniques de la Cinémathèque de Nouvelle Aquitaine et de la société de post production Lalunela. Mais ce n’est pas tout, le film est accompagné d’un environnement musical proposé par l’association Commixtus. Sur scène, les musiciens interpréteront une musique composée par Jean-Louis Petit et seront accompagnés d’une cantatrice et d’un conteur. Le tout raconté dans un journal relatant en Une le vol de bijoux et le meutre au château de Maintenon. Vous trouverez un aperçu en lien de cet article.&nbsp;</p><p class="textFrame">Une première projection devait avoir lieu le samedi 19 juin au château de Maintenon mais cette dernière n'a pas pu se tenir à cause des conditions météorologiques. Ce n'est que partie remise, le projet devrait revoir le jour d'ici peu. Alors restez bien attentif aux actualités sur memoire.ciclic.fr.&nbsp;</p> Wed, 30 Jun 2021 07:02:10 +0000 GMT https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/son-crime-coup-de-projecteur-sur-ce-chef-doeuvre-tourne-au-chateau-de- Découvrir