Guy Arno, peintre chartrain à l'oeuvre

Né en 1927 à Chartres et mort le 27 janvier 2012, Guy Arno a vécu toute sa vie dans la capitale beauceronne, partagé entre son métier d'enseignant d'arts plastiques au collège Marceau et son activité créative et artistique de peintre. Robert Parlange, cinéaste amateur chartrain, armé de sa caméra Super 8, l'a filmé à plusieurs reprises à l'oeuvre dans son atelier de Lucé.

C'est à la fin des années 1970, début des années 1980, que Robert Parlange, professeur d'allemand au lycée Marceau fait la rencontre de Guy Arno, enseignant d'arts plastiques au collège Marceau à Chartres.

A l'époque, Guy Arno expose déjà ses oeuvres dans plusieurs lieux de la ville. Robert Parlange, porté par la passion pour les images en mouvement, découvre la passion pour la peinture de son confrère enseignant. "C'est le contraste saisissant entre l'image d'un homme discret et d'un peintre passionné" qui a poussé le cinéaste à vouloir le découvrir plus longuement et de conserver la trace en images de son intense et prolifique activité artistique.

De cette relation entre les deux hommes naît une grande amitié. Robert Parlange garde d'ailleurs le souvenir d'un homme accueillant, généreux, ouvert, affable, drôle, à la fois exigeant dans son approche créative mais modeste et non pontifiant dans le rapport à ses oeuvres.

D'un point de vue artistique, Guy Arno axe son travail sur la recherche et l'expérimentation que ce soit au travers de la couleur, des formes et de l'organisation picturale.

Cet artiste, qui passe l'essentiel de son temps dans son atelier de peinture de Lucé (lieu où le film de Robert Parlange a été tourné), est toujours prêt à collaborer avec d'autres artistes et d'autres champs artistiques comme le cinéma et la sculpture.

Comme se rappelle Robert Parlange, Guy Arno traçait son chemin avec conviction et enthousiasme. Et comme le peintre aimait le dire lui-même (en citant les propos de Pablo Picasso) : "On met longtemps à devenir jeune" ; autrement dit tenter de retrouver cet état d'expérimentations spontanées, innocentes et créatives affranchies et libérées du conditionnement et des automatismes propres à l'âge adulte.

Cet article a été rédigé grâce au concours de Robert Parlange et de Michèle Neveu, responsable du secteur patrimoine de la médiathèque Apostrophe de Chartres. Nous tenons à les remercier bien chaleureusement.

Robert Parlange est né le 26 septembre 1947 à l'Isle-sur-Sorgue (84) d'un père comptable et d'une mère horlogère à Apt (84). Enseignant d'allemand à Chartres, au lycée Marceau, puis directeur du CDDP à Alençon et Tours, il commence à filmer très jeune à 14 ans en 8 mm, puis ensuite en Super 8, 16 mm et en vidéo. Il réalise des fictions, des films d'animations, des documentaires, des expérimentations visuelles et sonores, parfois joyeusement iconoclastes. Son proche ami, Alain de Filippis - "l'électro-acousticien de génie", comme le cinéaste le rappelle, travaille régulièrement sur la création des bandes son de ses films. Robert Parlange fréquente aussi les caméra-clubs de Chartres et montre ses films lors de séances publiques et les fait concourir dans des festivals de cinéma.