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Publié le 19 Mai 2021

Le Cottage : détente et loisirs dans l'après-guerre à Issoudun

Établissement totalement atypique dans le paysage berrichon de l'immédiat après-guerre, Le Cottage à Issoudun fut pendant un peu plus d'une dizaine d'années un lieu emblématique pour les issoldunois, symbolisant un retour heureux aux plaisirs de la vie !

Bien rares sont les images animées à avoir été tournées au Cottage. Les seules conservées par Ciclic Centre-Val de Loire sont celles tournées en 1950 et 1951 par le cinéaste amateur Marcelin Ragot. Né en janvier 1910 à Genouilly dans le Cher, il fait l'école dentaire de Paris et s'installe comme chirurgien dentiste à Issoudun au 7 rue de l'Avenier. Marié à Geneviève Micaleff et père de trois enfants Christian (1937), Geneviève (1940) et Jean-Louis (1947). Il chasse dans sa propriété de Bauzy en Sologne. Vigneron et apiculteur amateur à Genouilly au lieu-dit "Theuraux". II commence à filmer en 1946 en 9,5 mm pour garder des souvenirs familiaux, un peu avant la naissance du 3ème enfant. Il achète ses pellicules chez Billaut au 15 rue de la République à Issoudun. Il arrête de filmer au milieu des années 1960.

L'histoire de cet établissement débute en 1946. Félicien Perraguin, volailler d'Issoudun, est un homme qui réussit bien dans les affaires. Passionné par le monde des artistes et de la fête, il décide de faire construire Le Cottage, sur un lieu à proximité de la gare d'Issoudun situé boulevard Stalingrad, qui n'était jusqu'alors qu'un pré en bordure duquel quelques lavoirs avaient été installés.

Le Cottage symbolise la liberté et ce retour à la vie pour une partie des issoldunois, après les dures années de guerre et de privation : des bars, intérieur et extérieur, une salle de danse et une piscine…qui la fut première du département de l'Indre, disposant d'un toboggan, d'un plongeoir et même d'un solarium ! Mais comme le souligne, la petite fille de Félicien Perraguin, Jacqueline Guillaume-Moroz, la clientèle qui fréquente l'établissement est plutôt à l'aise financièrement : "c’était la bourgeoisie qui venait au Cottage".

Avec l'implantation et le développement des bases américaines de Châteauroux-Déols et de la Martinerie, nombreux sont les soldats américains qui viennent y prendre du bon temps, boire et danser. De grandes fêtes y sont organisées. On y célèbre également la Sainte-Cécile et la Saint-Éloi.

Si Félicien Perraguin meurt en 1953, M. et Mme Venot vont continuer à assurer la gérance de l'établissement à partir de 1955. Malgré le succès et la fréquentation, les finances ne sont pas au beau fixe. Les dettes vont s'accumuler, notamment en raison des coûts importants de mise aux normes de sécurité. En 1965, une page de la petite histoire issoldunoise se tourne. Le Cottage ferme ses portes.

L'actuelle propriétaire des lieux, l'association Alter Mondo, envisage de faire du Cottage une guinguette associative, de créer des jardins comestibles solidaires et participatifs, une résidence internationale d'artistes (arts et musiques du monde), un cabaret, un local de répétition, de spectacle, des ateliers recycl'art et d'auto-réparation, une recyclerie-ressourcerie et une micro-brasserie !

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