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Publié le 16 Juillet 2020

Une fête de la jeunesse à Gien en 1952

Été 1952 à Gien, la fin de l'année scolaire approche. Les écoles publiques du canton sont rassemblées. La fête de la jeunesse, son impressionnant défilé à travers les rues de la ville, son grand rassemblement et ses exercices synchronisés sur le stade de la commune, va pouvoir battre son plein, sous l'oeil attentif de la caméra 9,5 mm de Maurice Brassier, directeur du Collège d’Enseignement Général de Gien.

Maurice Brassier est né en 1899 à Corquilleroy dans le Gâtinais, dans une famille paysanne et décédé en 1964 à Briare. Il fait l'école Normale à Orléans. Il est successivement instituteur à Courtenay, chargé d'école à Marsainvilliers, directeur à Nogent-sur-Vernissson, puis à Briare pour terminer à la direction du Collège d'Enseignement Général de Gien. Il tient une rubrique socio économique dans l'hebdomadaire "L'Éclaireur du Gâtinais", sous le pseudonyme de Jean de Cordiroy. D'un contact facile il s'investit dans la vie sociale en tant que président du syndicat d'initiative de Briare et élu syndical des instituteurs. Il filme des événements locaux à Gien et Briare, de même que ses voyages en Europe et en Afrique du Nord avec sa caméra Beaulieu en 9,5 mm de 1950 à 1964.

Les fêtes de la jeunesse sont des évènements propres à l'école publique. Organisées à la fin de l'année scolaire, elles rassemblent les élèves (du primaire ou du secondaire) d'un canton ou d'un département afin de célébrer les valeurs républicaines, de favoriser la socialisation des enfants et de mettre en valeur l'enseignement public.

Comme nous le montre le film de Maurice Brassier, ces fêtes suivent généralement le même déroulé. Tout d'abord, c’est le défilé des élèves dans les rues de la ville. Nous découvrons ici les différentes écoles participantes : Bonny-sur-Loire, Beaulieu-sur-Loire, Férolles, Coullons, Courtenay et Gien (entre autres).

Les élèves sont accompagnés/précédés par les fanfares ou les cliques musicales de leur commune et aborent à quelque chose près la même tenue.

Vient ensuite le temps du rassemblement des élèves avec des démonstrations gymniques et des spectacles déguisés (ici au stade de Gien).

Enfin, vient le moment où les élèves effectuent de grands mouvement d’ensemble synchronisés et en musique (généralement sous la direction d'un instructeur/trice sportif/ive ou d'un instituteur/trice). Il s'agit du "lendit[1] scolaire", le temps fort de la fête de la jeunesse.

Ces fêtes de la jeunesse étaient chapotées par l'USEP (Union Sportive de l'Enseignement du Premier Degré), notamment pour les enfants âgés de 9 à 14 ans. L'USEP était elle-même rattachée à la Ligue de l'Enseignement, tout comme les Fédérations Départementales des Œuvres Laïques.

Ce type d'évènement d'un point de vue symbolique est très intéressant : l'école républicaine et laïque affirme sa puissance, sa capacité et sa force à fédérer autant d'élèves au même endroit au même moment.

Mais au-delà de l'aspect symbolique, ces évènements étaient des moments populaires qui fédéraient énormément de monde : les autorités politiques locales, cantonales (voire départementales), les responsables des établissements scolaires et du sport scolaire, les parents d'élèves et leurs  familles.

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[1] Le  mot  "lendit"  était  utilisé  au  Moyen  Âge pour désigner la Foire du Lendit de Saint-Denis, au nord de Paris, où  les écoliers se rendaient  en  juin pour  faire provision de parchemin et se livrer à des jeux. Le  Dr  Tissié,  président  de  la  Ligue  girondine  de  l'éducation physique,  repris  ensuite  ce  mot  vers  1880  pour  l'appliquer  à des  joutes  scolaires    se  mesuraient  les  équipes  des  lycées et  collèges  de  l'académie  de  Bordeaux.

Voir le film original