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Publié le 22 Avril 2020

Grand écran à Saint-Aignan-sur-Cher

Venez assister à une séance de cinéma bien particulière, qui vous mènera des fauteuils rouges d'une petite salle obscure, à la cabine tapissée d'affiches du projectionniste jusque dans une salle d'hôpital, au chevet d'un projecteur 16mm en mal de couleurs ! 

Nous sommes le jeudi 28 décembre 1995 au cinéma le Petit Casino à Saint-Aignan-sur-Cher. Un groupe de spectateurs attend avec impatience la projection du film "la fin d'une époque" en version colorisée, quand en cabine, un étrange phénomène se produit qui interrompt la séance. Dépité, le projectionniste se résout à lancer la lecture d'une cassette vidéo, ce qui produit les protestations et les huées du public. Pendant ce temps le projecteur malade est emmené dare-dare à l'hôpital afin d'être expertisé par un spécialiste de la colorimétrie.

Le cinéaste amateur Philippe Gaultier réalise ce film pour fêter le centenaire du cinéma. Bien que les frères Lumière n'aient pas directement créé le Cinématographe (invention de Léon Bouly en 1892), c'est en déposant le brevet le 13 février 1895, puis en organisant la première projection payante et publique d'images animées le 28 décembre 1895 au salon indien du Grand Café à Paris, qu'ils inscrivent dans le marbre cette date, en tant que naissance du cinéma en France. Au programme de cette soirée mémorable, trois petits films : l'Arroseur arrosé, le Repas de bébé, la Sortie de l'usine Lumière à Lyon.

Un brun nostalgique, ce court métrage s'adresse à tous les amoureux du cinéma d'antan, qui regrettent ce son intraduisible par écrit de la pellicule passant dans le projecteur, les paillettes de lumière se diffusant en tube conique à travers la salle, les génériques et musiques des films comme Mon oncle de Jacques Tati, L'Argent de la vieille de Luigi Comencini, Satyricon de Federico Fellini, Cria Cuervos de Carlos Saura, et dont les affiches placardent la cabine de projection du Petit Casino. Un lent zoom sur celle du film L'Incompris de Luigi Comencini, résonne comme un écho à l’état d'âme du projectionniste.

Philippe Gauthier a 40 ans quand il réalise ce film en format 35mm. Féru de cinéma, il a suivi, dans sa jeunesse, les cours de l'école Louis Lumière, il crée "Les films 7 lumières", une société de production à Thésée dans le Loir-et-Cher qui existera de 1994 à 1996. C'est dans ce cadre qu'il produit et réalise Grand écran et le projette à Saint-Aignan-sur-Cher en tant qu'animateur du Ciné-club.


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