• 0
  • 2 votes
Publié le 29 Juin 2016

Drôle de batteuse

A l'heure des pénuries de l'Occupation, Nicolas Spitzer filme en 1944 une batteuse actionnée à l'aide d'une trépigneuse.

Nicolas Spitzer vivait avec sa famille à Paris. Propriétaire d’une résidence secondaire à Ermenonville-la-Grande, la famille fait régulièrement le trajet vers la Beauce pour ramener de la nourriture (notamment des pommes de terre cultivées dans leur jardin beauceron). Ils arrivent en Beauce à la gare de Bailleau-le-Pin (Eure-et-Loir), puis rejoignent Ermenonville en vélo.

En 1944, Nicolas Spitzer filme ses voisins, une famille d’agriculteurs, à l'époque du battage. L’exploitant utilise une trépigneuse pour actionner sa batteuse. Une trépigneuse, c’est un manège à plan incliné. Le cheval, en marchant sur un tablier (tapis roulant), transmet la force nécessaire pour faire fonctionner une machine fixe, comme ici la batteuse. Inventé par Emeric Lesix en 1859, la trépigneuse a connu un grand succès des années 1850 aux années 1910. A partir des années 1920, elle est remplacée dans les exploitations par des machines à vapeur (locomobile). Pour les gens de 1944, il s’agit donc déjà d’une machine ancienne, voire dépassée (ce qui explique le caractère ironique de l'intertitre "La batterie moderne").

Il est probable, au cœur de la guerre, au temps des pénuries, que l’exploitant ait remis en marche une machine qu’il n’utilisait plus afin d’économiser le bois et le charbon nécessaires à la mise en route d’une locomobile à vapeur ou bien l’essence nécessaire à l’entraînement de la machine par un tracteur. 

A l'heure où s'achève le ballet des immenses moissonneuses-batteuses à travers la région, découvrez ces images rares...