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Publié le 14 Janvier 2013

De l'Indre à l'Inde

Dans les années 1960, Pierre Comte, graphiste et photographe, vivant un pied dans le Berry, l'autre à Paris, s'envole sur la route des Indes pour y tourner deux films. Embarquement immédiat pour un voyage en images vers les terres mystiques de l'Inde !

Paris, 1960. Pierre Comte travaille comme photographe pour des agences de voyages afin de réaliser des prises de vues qui illustreront leurs catalogues. L'un de ses clients lui propose, à prix préférentiel, un voyage pour l'Inde. Entre juillet et août 1961, Pierre Comte s'envole pour ce pays et profite de l'occasion pour tourner des images en 16 mm.  

Le club des Caméras Associées est un club de cinéastes amateurs parisiens dont Pierre Comte a été membre à partir de 1957. Fondé par Jean Dasque en 1955, le club a été actif jusqu'en 1965. Il s'agissait d'un caméra club critique et exigeant, dont les locaux étaient installés sur un remorqueur, appelé "La Pellicule". Il fut acheté pour 500.000 francs en 1954, remis à neuf et aménagé en salle de projection, de conférence et studio cinématographique. Il était amarré aux quais de la Seine à Boulogne.

Carnets de voyage. Selon son expression, Pierre Comte voyage "à l'anglaise". A l'époque, il n'existe peu ou pas d'hôtels. Le cinéaste, accompagné de sa femme, voyage donc en wagon-lit, au plus près de la population, sillonnant et filmant l'Inde en pleine mousson où règne alors un climat chaud, lourd et très humide. De ces images glanées en Inde, Pierre Comte, tire deux films.   

  Le premier, Terre de Brahma est un film de voyage, traité sur un mode documentaire. Le film donne à voir ce qu'est l'Inde de l'après Gandhi au travers de ses paysages, sa population, ses marchés, ses lieux de cultes, son art des miniatures et de son approche mystique de la vie. C'est une invitation au voyage et à la découverte.

Le second, Saris est "un film d'impression". Il adopte une  approche plus personnelle. Pierre Comte a voulu consacrer son film au sari, la pièce principale du vêtement féminin en Inde. Le film subit deux remaniements suite à la première projection du film  au sein du club des Caméras  Associées en 1962. La critique est sans appel. Dans le bulletin du club, Claude Abadie écrit : "un film raté, toutes proportions gardées". Pierre Comte, dépité, s'associe avec un des membres du club, André Spinga, afin de remanier le film et en proposer une autre version. Le montage image ne change pas. Toutefois, à la musique de Maurice Ravel se superpose le commentaire en off d'André Spinga qui prend le contrepied de l'image mystique de l'Inde. Cette seconde version de Saris peut être considéré comme "un film à la fois complémentaire à Terre de Brahma mais aussi en complète réaction à celui-ci" (Pierre Comte).

De l'Inde à l'Indre, il n'y a qu'un pas

 De retour dans l'Indre, dans sa résidence secondaire, Pierre Comte filme le Berry des années 1960. En Berry témoigne du patrimoine architectural à La Celle avec des vues de l'église Saint Blaise, du château de Meillant, du château de Sarzay, ou encore de Nohant-Vic et de sa petite église. On voit dans ce film une belle séquence au cours de laquelle une fête berrichonne est donnée, avec une troupe de danseurs aux costumes traditionnels et des joueurs de vielle.

 

 Pierre Comte a également filmé la chasse à courre dans les environs de Rosnay. Il nous dévoile avec beauté et minutie, la nature environnante et sauvage avec ses étangs et ses forêts, les cavaliers, la meute de chiens et les préparatifs de la chasse.

 A vous maintenant de participer à cette expédition qui vous menera de l'Inde à l'Indre. L'invitation est lancée. Le voyage est à portée de vos clics.

 


Jean-Benoit Pechberty (à partir d'un entretien mené avec Pierre Comte en janvier 2013).

 

Les films de Pierre Comte ont été numérisés dans le cadre du Plan national de numérisation du Ministère de la Culture. Initié en 1996, le Plan national a d'abord permis d'aider à la numérisation des fonds iconographiques et sonores appartenant à l'Etat. Depuis 2000, il est également ouvert aux collections des collectivités territoriales, des fondations et des associations.