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Publié le 15 Avril 2020

Alexandre Delano, un artiste à l'heure de la pellicule

Et si les images amateurs étaient bien plus que des souvenirs du passé ? Peut être trouveraient-elles une place dans la chanson française ? Peut-être deviendraient-elles une source d'inspiration pour les artistes d'aujourd'hui ? Alexandre Delano nous raconte comment les archives audiovisuelles de la région Centre-Val de Loire sont, plus que des images, "des moments sensibles, des façons de prolonger les mémoires". 

A l'époque dans les années 2000, Alexandre Delano c'est un groupe alors nommé The Delano Orchestra dont il en est le chanteur et le chef de file. Après la publication de cinq albums et une collaboration avec Jean-Louis Murat dans l'aventure nommée Babel, Alexandre Rochon, ou devrait-on Delano, s'empare de son côté artistique et se livre à l'écriture, la composition et l'interprétation d'album solo. 

En 2015, le nouveau chapitre de sa vie s'appelle Eau, alors décrit comme un journal de bord d'une vie aquatique et amoureuse. Alexandre Delano semble soufflé par le vent d'une insolente liberté qui est à l'origine d'un disque de pop romantique et ensoleillée. Aujourd'hui, il travaille sur son nouvel album, sans pour autant tourner la page. Au contraire, ce chanteur, aux multiples casquettes, nous invite à plonger dans cette mélancolie heureuse souvent chantée à deux voix, le tout délicatement arrangé par les musiciens du Delano Orchestra

Cet opus, dénommé Ven Ven Ven, sera pour lui une façon de s'émanciper des codes contemporains et de proposer un nouveau décor à ses compositions souvent emprises d'un vent "vintage". Toujours sur le fil, entre passé rock et présent pop, Alexandre Delano, à l'image de son album précédent, s'est plongé dans le cinéma amateur de la région Centre-Val de Loire. De cette rencontre sont nés quatre clips évocateurs d'une richesse visuelle et musicale, façon de faire renaître des souvenirs du passé et de toucher nos présentes sensibilités. 

Pierre de Montvallon dit Piem, Pierre Robiteau, Jean-Paul Imbault, ont su par la force de leurs images générer une émotion, un raisonnement logique qui a permis la création de ces oeuvres musicales.

Rencontre avec Alexandre Delano qui nous évoque la découverte des images 16,8 mm et Super 8.

Comment s'est passée ta rencontre avec les films amateurs de Ciclic Centre-Val de Loire ? 

Après avoir réalisé beaucoup de clips avec des images que j'avais produites, j'ai ressenti un besoin de me tourner vers des images d'archives. Je visualise très bien les images que j'associe aux chansons que j'écris, et il me semblait que les archives répondraient de façon plus juste à cette vision. Mais la première étape a été de trouver des images d'archives de qualité. J'ai demandé conseil à l'équipe du festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand qui m'a naturellement dirigé vers Ciclic Centre-Val de Loire. J'ai découvert le site et me suis lancé avec voracité dans ses contenus amateurs qui cachent des trésors de regards et d'histoires à s'inventer.

Comment as-tu travaillé avec cette matière qu'est l'archive ?

J'ai passé des heures à visionner des films correspondant aux thématiques autour desquelles je voulais construire mes clips. Il peut arriver qu'un sujet n'apporte pas assez d'archives pour construire une histoire ou au contraire que le nombre de films proposés soit trop important. Il a parfois fallu changer d'orientation, laisser place au hasard. Il arrive aussi qu'on tombe sur une archive qui colle totalement à l'image que nous nous faisions. C'est très excitant.

Pour toi, que disent les films de famille et qu’ont-ils apporté à tes titres ?

Ces films sont très variés. Ce qui m'a le plus marqué, c'est le coeur à l'ouvrage, le soin qui est souvent porté à la réalisation, à la prise de vue, au montage. Mais également la spontanéité, la vérité documentaire que comportent ces archives. Elles sont totalement dans la continuité de mon travail artistique qui a toujours été, je crois, de capter et de raconter des moments sensibles, de façon à prolonger leur mémoire.

Pour Alexandre Delano, la spontanéité manque quelque peu dans nos sociétés contemporaines. En cela l'archive est une vraie bouffée de bonheur qui nous ramène à la vie, à la famille, à ces moments passés encore très présents.   

            

Fort de cette première expérience Alexandre Delano ne cache pas son envie de replonger dans l'archive, se laisser porter et consacrer le temps nécessaire à cette matière d'une intimité universelle. En attendant une projection live de ces réalisations peut être que d'autres créations, à partir des collections de Ciclic Centre-Val de Loire, verront le jour, qui sait ? 

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