• 0
  • 0 vote
Publié le 30 Avril 2020

Roger Morançay, 1000e réalisateur sur Mémoire

Le site Memoire souffle cette année sa dixième bougie. Après 10 années au service du cinéma amateur, Ciclic Centre-Val de Loire est heureux d'annoncer l'arrivée du 1000e réalisateur : monsieur Roger Morançay.

C'est Suzanne Guimiaux qui, en 2017, a confié à Ciclic Centre-Val de Loire l'ensemble des films de son père Roger, parti depuis 1990. Originaire de Rouziers-de-Touraine, né en 1911, Roger Morançay est fils d'agriculteurs du Petit Bois. Son père meurt pendant la Première Guerre mondiale, alors qu'il n'a que 4 ans. Accompagné par l'instituteur du village, il poursuit, avec succès, ses études par correspondance. À 21 ans, il prend son envol après l'obtention de son diplôme de pilote à l'école d'Ambérieux-en-Bugey. Une grandre partie de sa vie est consacrée à son métier et sa première passion qu'est l'aviation.

Roger Morançay devient pilote d'essai et pilote militaire. Il fera ses premières armes dans la résistance durant la Seconde Guerre mondiale où il participera au pont aérien entre la France et l'Angleterre. À la suite des confilts armés, il pilote pour le GLAM (Groupe de liaisons aérienne ministérielle) puis il rejoint les compagnies Air Azur, Air Vietnam, Air Afrique et Air Algérie. Plus tard, il intégre la Société générale d'affrètement aérien (SGAA), créée en 1955 par Roger Colin à son retour d'Indochine. Roger Morançay y sera chef pilote et participera aux innombrables missions de transports. Réputé en tant que manoeuvrier, il assure le ravitaillement du camp retranché de Dien-Bien-Phu en Curtiss commando et en DC 3. Certains voyages ne seront pas de tout repos, comme celui avec l'Aero 45 avec lequel Roger Morançay a eu une explosion de réservoir d'huile...

Chaque mois, il pouvait faire plus de 150 heures de vol, preuve de l'intense activité aérienne de l'époque. À la fin de sa vie, Roger Morançay comptabilisait plus de 27 000 heures de vol, ce qui en faisait l'un des hommes ayant passé le plus de temps dans les nuages.  

Ces faits d'armes et son implication dans les services de la Croix-Rouge lui vaudront d'être nommé officier de la Légion d'honneur. Bien des années après, de retour dans son village natal, il décorera de cette même légion d'honneur l'ancien instituteur du village.

C'est en 1954 qu'il fait ses premiers pas en tant que cinéaste amateur. Il fait l'acquisition d'une caméra 9.5 mm et commence à filmer de façon compulsive. Passionné, il fait de la caméra un objet à part entière dans sa vie. Cet élément l'accompagnera dans sa vie civile : Roger Morançay filme comme tout cinéaste le quotidien, des réunions de famille -lors de la sortie hebdomadaire à l'église- , les ballades dominicales et autres loirsirs -courses d'ânes, visites de château qui jalonnent ses journées-.

                        

Mais c'est aussi l'occasion pour lui de garder une trace de ses innombrables voyages (Chine, Vietnam, Afrique etc...). La caméra est un compagnon de route dans sa vie professionnelle. Aviateur, il n'aura de cesse de voyager caméra à la main pour rapporter des images d'ailleurs. Loin d'être innoncents, ses films tournés à l'étranger en temps de guerre, souvent très documentés, nous apportent bon nombre d'éléments de compréhension historique, topographie et ethnograhique. Roger Morançay fait ici preuve d'une certaine habilité et nous offre plusieurs plans aériens évocateurs de cette période parfois troublée... Pilote de terrain, il n'en est pas moins témoin des évènements, ce qui fait de ces documents de précieux éléments à regarder avec attention. Souvent en 9.5 mm, il film aussi en 8 et 16 mm.

                        

Au regard de sa production cinématogaphique, Roger Morançay porte plusieurs casquettes pour le plus grand plaisir des yeux. Il apparaît souvent à l'image en se mettant en scène, preuve que la caméra n'était pas toujours dans ses mains. Suzanne Morançay, amie d'enfance devenue son épouse en 1932, compagnon de longue date, a porté la caméra sur de nombreux films, partageant avec plaisir la passion de son époux. 

Loin d'être une passion cachée, il a à coeur de partager son travail lors de projections qu'il organise dans la ferme familale à l'aide d'un projecteur Tri Film Paillard (9,5 mm, 8 mm et 16 mm). 

La filmographie de Roger Morançay fait aujourd'hui partie des collections de Ciclic Centre-Val de Loire et participe de la mémoire collective de la région. Loin d'avoir révélé l'ensemble de ses secrets, le voile sur ce cinéaste se découvre peu à peu. Nous vous invitons à en décrouvrir un peu plus en parcourant les films proposés mais aussi en vous aventurant dans la lecture de l'ouvrage Le laboureur de nuages de Suzanne Morançay revenant sur la carrière de son époux.

Pour continuer de célébrer ce dixième anniversaire et les innombrables réalisateurs référencés sur le site memoire, Ciclic Centre-Val de Loire a le plaisir de vous inviter à suivre une toute nouvelle série intitulée Plein Cadre - Portraits de cinéastes amateurs. Ces films seront consacrés à la vie et l'oeuvre des cinéastes amateurs d'hier et d'aujourd'hui. Retrouvez, dès le 3 juin 2020, ces pastilles sur le Facebook Ciclic memoire ainsi que sur le site memoire.ciclic.fr.