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Publié le 11 Mai 2021

Plein Cadre Sur Fernande Potesta, dite Soeur Sainte-Anne

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Fernande Potesta est née le 6 mai 1899 à Oran en Algérie. Elle entre en religion le 10 mai 1919, fait ses premiers voeux en 1921 et ses voeux perpétuels le 17 février 1927. Elle arrive en France en 1936 pour entrer à la congrégation Soeur-Marie-Immaculée à Bourges, sous le nom de religieuse "Soeur Marie Sainte-Anne". Dès lors, elle entre au service de la paroisse de Lignières où, en tant qu'infirmière, elle visite et reçoit les malades avec sa complice Soeur Marie Solange. Elle y restera pendant 40 ans.

 

 

Soeur Sainte-Anne entre dans la collection "Plein Cadre Sur", série de portraits de cinéastes amateurs créée par Ciclic Centre-Val de Loire en juin 2020, diffusée sur Mémoire et sur Facebook-Ciclic-Mémoire

 

Avec ses deniers personnels, elle achète un projecteur et constitue pour les enfants du Patronage une petite cinémathèque de films en Pathé Baby 9,5 mm (documentaires, films burlesques), qu'elle leur projète le jeudi après-midi et le dimanche dans la salle du catéchisme. Certains enfants aimaient lui rendre visite chez elle, pour l'aider à recoller les films cassés. Elle commence à filmer dans les années 50 avec sa propre caméra, et devient reporter de la paroisse en filmant les activités du Patronage et les pèlerinages organisés au Mont Saint-Michel, à Lourdes ou à Fatima par l'Abbé Jacques Seveau. Le regard porté sur l'enfance est avant tout spontané, joyeux et tendre, quand elle filme l'énergie du groupe de gamins de Lignières qui enchaîne galipettes, pitreries et batailles de boules de neige. Ses films se structurent par un montage et des cartons quand elle veut raconter les étapes d'un voyage, comme dans le joli film "Voyage à Lisieux".

 

                                          

Après 40 ans au service des enfants, Soeur Sainte-Anne part vivre à Bourges en 1975. Elle avait dit, en faisant ses voeux perpetuels, que son seul regret serait de ne pas avoir d'enfants. A la fin de sa vie, elle confia que finalement, elle était très heureuse d'en avoir eu 540. Elle décède le 8 décembre 1984.

Les films de Soeur Sainte-Anne ont d'abord été conservés par l'abbé Seveau, qui les a ensuite confiés à Michel Laporte, un des enfants du patronage de Lignières, très attaché à elle dont il parle comme "une personne exceptionnelle". Nous le remercions pour sa confiance et son témoignage. Monsieur Laporte conserve également le journal de Soeur Sainte-Anne, dont nous citons ici un extrait écrit le lendemain de son arrivée à Lignières : « Vendredi 31 juillet 1936. Nous avons ouvert les malles, les armoires, les tiroirs, nous nous organisons bien tranquillement à l'ombre du grand clocher nous rappelant sans cesse que nous devons tenir nos âmes en haut, comme sa flèche de dentelle. »