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Publié le 2 Décembre 2020

Plein Cadre Sur Bernard Vattan, le meunier cinéaste

Né en 1913, Bernard Vattan commence à tourner en 9,5mm à la fin des années 1940. Jusque dans les années 1950, il filme essentiellement des évènements locaux, dans la région de Sancerre et le nord-est du Cher.

 Bernard Vattan entre dans la collection "Plein Cadre Sur", série de portraits de cinéastes amateurs créée par Ciclic Centre-Val de Loire en juin 2020, diffusée sur Mémoire et sur Facebook-Ciclic-Mémoire

 

Avant de prendre une caméra en main, Bernard Vattan est avant tout un passionné de photographie. Il développe lui-même ses clichés et devient même, durant la Seconde Guerre Mondiale, le photographe attitré des gens des alentours. 

Il commence à s'intéresser au cinéma vers 1948. Qu'il s'agisse d'événements privés, comme une communion à Veaugues ou un mariage à Sens-Beaujeu, d'activités sociales de sa région, de processions ou de fêtes, Bernard Vattan a filmé de nombreuses activités locales. Il s'attache aussi à enregistrer le quotidien sur pellicule, comme l'entretien des routes, le travail d'un apiculteur ou encore la population envahissant la surface gelée du canal latéral à la Loire.

Le film référence
 
En 1954, Bernard Vattan déploie tout son savoir-faire cinématographique pour réaliser "Notre pain quotidien", véritable reportage mêlant aspect documentaire mais aussi souvenirs familiaux puisque ce film est totalement lié à son activité.

Orphelin de mère à 11 ans, il part finir ses études auprès de son oncle, l'Abbé Lévêque, au séminaire d'Issoudun. Il retourne ensuite auprès de son père afin de l'aider au Moulin du Crotet, à Sens-Beaujeu près de Sancerre, puis prend sa suite. Son métier de meunier, et toutes les activités qui l'entoure, devient ainsi le thème de ce film.

Il s'agit d'un véritable documentaire décrivant toutes les étapes nécessaires pour qu'un boulanger puisse faire du pain. Cela commence donc par le suivi du travail agricole pendant une année, des labours à la moisson en passant par les semailles. Ensuite la marchandise récoltée est réunie à la coopérative avant de partir au moulin dont, évidemment, Bernard Vattan s'attache à montrer les différentes machines et les rouages. Puis un camion emmène la farine au boulanger, et, après que celui-ci ait été filmé en train de travailler la pâte, sa femme vend aux habitants du village leur "pain quotidien".

Le moulin du Crotet a été depuis renové et transformé en gîte, lieu de réunions et de séminaires. Malgré cette nouvelle fonction, le bâtiment est encore pourvu de ses machines et de tout son mécanisme originel. Les travaux ont été principalement confiés à des Compagnons. Cette restauration a valu le diplôme d'honneur du patrimoine restauré du Cher, délivré par le C.A.U.E. (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement).

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