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Publié le 16 Juin 2021

Les jours heureux de Joseph Bourreau

Au début des années 1940, Joseph Bourreau et sa femme Jeanne, instituteurs à Esvres-sur-Indre, filment le bonheur familial et amical. Mais derrière les sourires et les joies, Joseph mène d'autres activités qui mettront fin aux jours heureux...

Né en 1910 à Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire, Joseph Bourreau s'installe avec ses parents dans la ville de Tours quand ceux-ci y ouvrent une boutique de bottier rue des Halles. Après des études à l'École Normale de Loches, il devient instituteur et directeur d'école à Esvres-sur-Indre. Il y enseigne avec son épouse, Jeanne née Lasjaunias, avec qui il travaille en s'approchant des méthodes pédagogiques développées par Célestin Freinet dans les années 1920.

De leur union naissent trois enfants, deux filles, Maryvonne en novembre 1938 et Madeleine en juin 1942, puis un garçon, Pierre-Antoine en novembre 1943. À partir de 1940, ils commencent également à partager une passion commune  : faire des films en 8mm. Équipés de tout le matériel nécessaire (caméra, colleuse, projecteur et écran), ils capturent sur bobines leur vie familiale, qui se mêlent parfois à celle de la cour de leur école, et les petits évènenements locaux auxquels ils participent, des matchs de football aux parties de chasse en passant par des battages dans les Deux-Sèvres, berceau de la famille de Joseph Bourreau.

Derrière le quotidien filmé, la Résistance

Quand arrive la Seconde Guerre Mondiale, l'implication de Joseph Bourreau dans la vie locale prend une toute autre dimension. Dès le début du conflit, il fait partie de l'Organisation de Résistance de l'Armée en tant qu'agent de renseignements. En 1942, il est à l'initiative de la création d'un groupe de résistants avec les Forces Françaises de l'Intérieur  fédérant des personnes de toutes convictions religieuses ou politiques.

En juillet 1944 les Alliés sont aux portes de la Touraine, deux parachutages d'armes sont pris en charge par le groupe de Joseph Bourreau et les cargaisons sont réparties sur trois sites, dont la ferme du château de Vaux à Esvres. Suite à une dénonciation, les Allemands investissent les lieux le 31 juillet et appréhendent durant trois jours tous les résistants s'y présentant spontanément, croyant venir à une distribution d'armes. Joseph Bourreau y est ainsi arrêté avec un groupe de 40 personnes. Torturé dans les sous-sols des locaux de la
Gestapo à Tours, à l'angle des rues George Sand et Victor Hugo, il est ensuite emprisonné à la maison d'arrêt rue Henri-Martin puis déporté au camp de Ravensbruck en Allemagne où il meurt le 29 avril 1945.

Mémoire vous propose donc de découvrir la joie de vivre dans les films de Joseph et Jeanne Bourreau, ternie par le dernier d'entre eux montrant la commémoration en hommage aux résistants d'Esvres-sur-Indre arrêtés et déportés.