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Publié le 11 Décembre 2019

Les films de Jean Emy

Depuis 2011, Ciclic Centre-Val de Loire conserve des bobines trouvées sur une brocante au Poinçonnet dans l'Indre et réalisées par un certain Jean Emy, sur qui nous savons peu de choses. En les publiant sur notre site nous espérons obtenir des informations sur monsieur Emy ou ses ayants droit. Aidez-nous à éclaircir le mystère de ces très beaux films, pour certains tournés en région Centre-Val de loire.

Grâce aux indications manuscrites sur les boîtes kodak jaunes dans lesquelles se trouvaient les 23 films, on obtient une information sur l'adresse du réalisateur à l'époque du tournage. Sur les films des années 1930, il est noté, Jean Emy 8, rue des Vergers à Suresnes, ou Mr. Dardelle 75 rue du Président Wilson à Levallois-Perret, plus tard dans les années 1950, Emy 10, rue Sainte-Lucie Paris 15e et Madame Emy 32 rue de l'Abbé Groult Paris 15e. Six films ont été expédiés d'une adresse dans le Loir-et-Cher, Le Gué à Meusnes, où se déroule Pêche au canal , en 1953. Tous, sont en format 16 mm sur des carters de trente mètres chacun. Le 16mm est dans les années 1930, employé par des cinéastes confirmés ou ayant les moyens financiers de s'offrir le haut de gamme en matière de cinéma amateur. 

Plusieurs films sont des balades touristiques dans des villages, châteaux, paysages avec, apparaissant très souvent à l'image, la même femme se promenant ou comme dans Au Lac d'Eguzon , installée sur une petite embarcation, se laissant conduire jusqu'aux ruines de Crozant dans l'Indre. Un plan serré d'elle souriant à la caméra, peut nous laisser envisager qu'il s'agit de madame Emy. On la retrouve déambulant dans les ruines du château de Villentrois dans l'Indre et le château de Montrésor en Indre-et-Loire, où elle tient une bicyclette à laquelle est attelée une carriole. 

Certaines images sont tournées à Cour-sur-Loire, petit village du Loir-et-Cher, au dessus de Blois, une balade sur le quai de la Loire dans En vacances, et une pêche avec une séquence rare, d'hommes sur une toue cabanée s'approchant d'un filet barrage sur la Loire dans Pêcheurs de la Loire.

Coupe de Noël de cross-country, se déroule en 1930. Quelques indices, nous permettent d'identifier le lieu ou du moins de le supposer. Tout d'abord le nombre de participants à cette course en plein air, plusieurs centaines, ensuite des vues sur de longues palissades en bois, comme il était fréquent d'en trouver en banlieue parisienne pour délimiter les quartiers d'habitation de la campagne et pour finir un plan final sur l'avant d'une belle berline qui rappelle le modèle d'une Talbot. Il existait à l'époque une usine Talbot à Suresnes et à Levallois-Perret. Ces deux lieux figurent sur les boîtes Kodak. On peut s'imaginer que Jean Emy a offert ses services de cinéaste amateur pour immortaliser le cross-country de décembre 1930 organisé par une de ces deux communes.

Le film, Le port,  débute par un carton : " Les films JEM. présentent  .. Le Port ". S'en suit un documentaire qui dévoile par énigme des activités portuaires avec les grues de débardage, les péniches, les ouvriers sur des échafaudages métalliques mais n'annonce, qu'en toute fin, le nom du lieu où se trouve ce port... à Paris tout simplement. 

Pour terminer notre petite enquête, arrêtons-nous sur La séance photo, en 1930 qui pourrait se dérouler dans le parc du château à Suresnes et où notre femme mystérieuse du début essaie en vain de faire poser trois dames âgées devant son objectif photographique. La photographe semble un peu maladroite dans le maniement de l'appareil à soufflet qu’elle pose sur un pied avant de se couvrir la tête avec un tissu noir. Le tout filmé par monsieur Emy en plan large, ce qui démontre la passion de cette famille pour les techniques photographiques et cinématographiques de l'époque. La scène se termine par la dispersion des comédiennes qui sur jouent l’agacement devant la moue déçue de la photographe. 

Les films de Jean Emy, trouvés sur une brocante de l'Indre, resteront-ils orphelins de réalisateur ou parviendront-ils, grâce à ces quelques données biographiques à retrouver leur auteur d'origine ?

Jean Emy, une autre passion : Des recherches sur internet nous ont permis de découvrir que monsieur Emy était né le 9 janvier 1895 dans le Puy de Dôme et décédé le 12 octobre 1986, à Luçay-le-Mâle. Mais surtout qu'il possédait une collection très importante d’objets et de documents autour de la pierre à fusil, qui a permis dès 1962 de créer un petit musée à Meusnes où nous savons qu'il séjournait. Le collectionneur a ensuite transféré une partie de ce musée à Lucay-le-Mâle, ce qui a contribué à dynamiser cette petite commune de l'Indre. Il signe également l'ouvrage Histoire de la pierre à fusil, édité en 1964.