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Publié le 21 Décembre 2020

Total en flamme ! L'Incendie du dépôt d'hydrocarbures de Châteauroux

S'il y a bien un incendie dont tous les castelroussins se souviennent, c'est celui du dépôt Total du Poinçonnet, le 14 mars 1981. Ciclic Centre-Val de Loire conserve des images inédites filmées par deux cinéastes amateurs, témoins de cet événement mémorable.

Dans la nuit du vendredi au samedi 4 mars 1981, un très violent incendie, d’origine non déterminée, se déclare dans le dépôt d’hydrocarbures TOTAL situé sur la zone industrielle de Châteauroux, mais implanté sur la commune du Poinçonnet.

Vers 3h00 du matin, le chef du dépôt, domicilié sur le site, constate qu’un début d’incendie vient de se déclarer au pied du bac d’une citerne contenant une importante quantité de fuel domestique. Le système d’extinction automatique ne s’étant pas déclenché, il commence à attaquer le feu avec des gros extincteurs. Réaction tout à fait justifiée mais malheureusement inutile car le feu se propage à vive allure et s'approche des citernes de super.

Aussitôt alertés, les sapeurs-pompiers, qui connaissent la dangerosité du site, arrivent rapidement sur les lieux. Ils ne peuvent que constater que le bac de rétention et la partie supérieure de la citerne d’une contenance de 9000 m3 de fuel domestique est en feu et qu’un épais nuage de fumée noire surplombe la ville. Les flammes lèchent les parois de deux citernes de super situées à proximité. Le feu menace de se propager à l’ensemble du dépôt. De plus, compte tenu de l’inflammabilité des hydrocarbures entreposés, le risque d’explosion est imminent. D’importants moyens en émulseur et canons pour produire de la mousse (seul agent extincteur efficace sur les hydrocarbures liquides) sont demandés à tous les départements limitrophes et les aéroports. La chaleur est insupportable, des moyens hydrauliques seront nécessaires pour arroser les citernes pleines de carburant situées à proximité des foyers principaux. Après 24 heures d'un travail acharné par plus de 350 sapeurs-pompiers, le feu est maîtrisé mais plusieurs hommes resteront encore sur place afin d'asperger le dépôt pour un refroidissement complet qui n'aboutira qu'après 50 heures en tout. Malgré les moyens engagés l’ensemble du dépôt constitué de réservoirs de fuel, gasoil et super sera détruit. Seules deux citernes totalisant 3000 m3 seront épargnées.

Au total 17 000 m3 d’hydrocarbures sont partis en fumée, pour une perte de 50 millions de francs de l'époque, l’ensemble du personnel sera mis en chômage technique et le dépôt démonté et supprimé.

Jean-Eugène Planque est médecin à Argenton-sur-Creuse. Lors d'un déplacement en voiture sur la rocade de Châteauroux, il aperçoit au loin l'énorme nuage de fumée. Il se gare et par un réflexe journalistique, sort sa caméra super 8, afin de garder une trace de cet évènement. Au premier plan on aperçoit des automobilistes fascinés par le spectacle des flammes rougeoyantes, qui en une danse folle, se consument et s'envolent très haut dans le ciel. Jean-Eugène Planque suit les langues de feu jusqu'à se faire complètement absorber par les volutes d'un gris profond.

Fait exprès ou non notre cinéaste réalise un zoom avant et cadre en premier plan l'affiche électorale de Jacques Chirac indiquant : "Jacques Chirac un espoir pour les français" 

Dans un deuxième film, Pierre Blot, agriculteur installé à Châteauroux, commence lui à filmer de beaucoup plus loin, puis au contraire se rapproche tout près des citernes en feu. On distingue à gauche de l'image les lances à incendie qui déversent en continu leur jet d'eau, immédiatement absorbé par la masse flamboyante des flammes, tel un combat perdu d'avance entre David et Goliath. Comme sur le premier film, on sent que le cinéaste amateur hypnotisé, braque en permanence son objectif sur le feu, pour capter sur pellicule ce phénomène hors du commun et plus tard en restituer toute l'émotion, lors d'une projection. Le cinéaste reviendra le lendemain sur les lieux, constater que l'incendie est maîtrisé.

Grâce à ces images conservées par Ciclic, revivez, au plus près des flammes cet épisode incendiaire...En toute sécurité ! 

Les informations précisant le déroulée de cet incendie ont été collectées sur le site du SDIS 36 (Service Départemental d'Incendie et de Secours de l'Indre).