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Publié le 10 Février 2021

Chroniques de Châteauroux : Marcel Tritter veille au grain

Dans les décennies 1970-1980, la ville de Châteauroux fait peau neuve. Durant cette période un homme et sa caméra sillonnent les rues, capturant les évolutions de Châteauroux : c'est Marcel Tritter.

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Ce projectionniste de métier et cinéaste amateur de passion est particulièrement prolifique de 1976 à 1985. Il lègue aujourd'hui aux habitants de Châteauroux, les Castelroussins, une œuvre dédiée à la ville et ses points d'intérêt.

Marcel Tritter

Né en 1920, la vie de Marcel Tritter est rythmée par sa relation au cinéma, dont il intègre très tôt la paroisse en devenant aide-opérateur à l'âge de 15 ans, et en obtenant la même année son brevet de projectionniste à Paris. Jusqu'à son arrestation par l'armée allemande en 1942 pour faits de résistance, il travaille à différents postes dans le monde du cinéma parisien. Il rencontre plusieurs stars, qu'il côtoie, comme Jean Gabin ou Joséphine Baker. C'est en 1970 qu'il atterit finalement dans l'Indre, fort d'une longue expérience de projectionniste. Il travaille alors pour plusieurs cinémas de la ville de Châteauroux, comme l'"Apollo" ou le "Racine", et participe à la modernisation des équipements de la ville d'Issoudun. Ce parcours nomade, de sa naissance à Belfort à son installation dans plusieurs grandes villes, fait de Châteauroux un véritable choix d'adoption, ville à laquelle il trouve un charme et un bien-être sous-estimés. Fier de sa ville et de ses évolutions, son film « Histoire d'une ville » est dédié au maire Daniel Bernardet, principal instigateur des projets de construction et d'aménagement qui voient le jour. Ces mandats se succèdent de 1971 à 1989.

En 2020, les archives départementales de l'Indre dédient une exposition virtuelle aux photographies de Marcel Tritter. Ils furent les premiers à prendre en charge ce fonds, et c'est grâce à leur travail de conservation que nous pouvons à notre tour valoriser les oeuvres de Marcel Tritter, dont nous gérons aujourd'hui la conservation. Les archives départementales de l'Indre collectent, classent et conservent les archives locales afin de les mettre à disposition du public.

Entre 1979 et 1983, deux projets d'îlots urbains sont amorcés : ils ont pour objectifs de ventiler et de moderniser le centre ville. C'est dans un premier temps l'îlot des Halles en 1979, avec l'édification d'un bâtiment rassemblant magasins et loisirs, implanté au cœur de la ville. Avec l'îlot Molière en 1983, c'est un projet de plus grande envergure qui commence. Attention toutefois aux accidents ! Ils peuvent vite faire les titres : « un pan de mur échappe aux démolisseurs...».

  

                                

 

 

 

 

 

 

Les travaux de la rue Nationale, c'est le projet d'un nouvel axe routier important faisant la liaison avec les villes proches. En 1983, des travaux débutent afin d'agrandir la voie et de rénover la route. C'est un chantier généreusement  documenté par Marcel Tritter qui en suit de près l'évolution, et pour cause : c'est sa rue de résidence ! Marcel Tritter enrichit ses images de photos historiques et des plans de construction qui permettent de remettre le projet dans son contexte. Avec le même travail d'orfèvre, notre réalisateur prend soin de documenter chaque étape filmée, l'accompagnant d'extraits de journaux titrant sur l'avancée des travaux.

 

 

À l'instar des projets du centre ville, Marcel Tritter s'intéresse de près aux parcs et jardins de la ville. Avec le lac artificiel de Belle-Isle, c'est l'occasion d'exprimer son intérêt pour les fleurs et de tourner dans le parc du site, aussi nommé parc de loisirs Daniel Bernardet, une courte fiction : « Rêverie ». Marcel et sa caméra y suivent le vagabondage onirique d'une jeune femme, entre réalité et songerie.

Une ville, c'est aussi un évènementiel, que Marcel ne laissera pas passer sans être immortaliser par sa caméra.

Alors quand Luna Park ou la fête foraine  s'installent, Marcel Tritter en suit les passages, de l'installation à la fermeture. 

Sur Mémoire, d'autres films de ce fonds vous sont proposés et sont mis en ligne gratuitement. Ciclic Centre-Val de Loire en gère la conservation et la valorisation aujourd'hui, grâce au partenariat avec les archives départementales de l'Indre.