Carnaval de Nice

1956 Réalisé par : Maurice Brassier En ligne le 13 May 2020
Nice (06)
A Nice, sur la Promenade des Anglais, près du Palais de la Méditerranée, deux cavaliers en tenue de chasse à courre mènent un défilé où l'on peut apercevoir une fanfare vêtue de bleu et de blanc suivie d'un premier char fleuri. Mené par un cocher vêtu d'une blouse blanche et coiffé d'un canotier, ce char est couvert d'oeillets rouges et blancs. Occupé par deux jeunes femmes dont l'une porte une tiare, il est surmonté d'un grand emblème fleuri de rouge et blanc représentant les armoiries de la ville de Nice (« d’argent à l’aigle couronnée de gueules, le vol abaissé, posée sur une montagne de trois coupeaux de sinople, mouvant d’une mer d’azur, ondée du premier »). Les deux jeunes femmes sur le char sont revêtues du costume traditionnel de bouquetière niçoise composé d'un jupon à fines rayures rouges et blanches couvert d'un tablier de satin noir brodé, d'un chemisier blanc à manches bouffantes bordé de dentelles et maintenu dans un corset de satin noir. Le deuxième char, couvert d'oeillets roses pâles et orné d'un grand trophée argenté, accueille deux jeunes femmes vêtues l'une d'une robe rose fuchsia et l'autre d'une robe blanche. Les jeunes femmes reçoivent et lancent des fleurs en direction du public. Couvert d'oeillets blancs et orné à ses quatre angles de grands trophées en fleurs roses, le char suivant est décoré d'une banderole blanche sur laquelle on peut lire en lettres roses "CITTA DI FIRENZE" ("VILLE DE FLORENCE"). En son centre son installées deux jeunes femmes en robes traditionnelles blanches et de couleur vert émeraude. Le chapeau de paille de l'une d'elles est orné d'une jugulaire faite d'une guirlande de fleurs multicolores. Paré d'oeillets roses, le char suivant transporte deux jeunes femmes vêtues de tenues claires librement inspirées du sari indien. Décoré d'oeillets, de fleurs de lilas et de delphiniums blancs et violets et surmonté d'un éléphant blanc, le char suivant porte deux jeunes femmes en tenue d'inspiration orientale, l'une couverte d'un voile blanc, l'autre d'un voile vert. Couvert d'oeillets rouges et jaunes et orné de colonnes en carton-pâte nacrées entourées de guirlandes de mimosas, le char suivant accueille trois jeunes femmes vêtues en vestales. Suit un char paré d'oeillets roses et couvert d'un dais mauve protégeant deux femmes vêtues de robes mauves. Dans leur char couvert d'oeillets blancs bordés de rouge, deux femmes en tenue orientale mauve bordée d'argent ramassent des fleurs pour les jeter aux badauds. Le char suivant, couvert pour moitié d'oeillets blancs et pour moitié d'oeillets rouges, est orné d'une grande amphore en osier couverte de peinture argentée. Tiré par des chevaux ornés de bouquets de mimosa, le char suivant est surmonté des armoiries de la ville de Munich représentant un moine aux bras ouverts, le tout couronné d'une banderole sur laquelle on peut lire le nom de la ville. Vient ensuite une série de chars dont les fleurs semblent comme épinglées au bout de longues tiges. Suit un char orné d'oeillets rouges et de fleurs de calendula oranges accueillant deux femmes en burnous scintillants. Dans un char couvert de fleurs blanches, deux femmes en robes Second Empire aux couleurs pastel jettent des fleurs aux spectateurs. Passent ensuite un char couvert d'oeillets blancs et roses et un char orange orné d'un papillon géant en fleurs blanches et oranges. Un char couvert d'oeillets rouges porte le blason de la ville de Namur. Sur le suivant, une femme salue la foule, vêtue d'un sari mauve sur un boléro argenté à paillettes et coiffée d'un turban argenté orné d'une aigrette et dont pend un double rang de perles en jugulaire. Suit un char couvert d'oeillets rouges ou blancs où trônent deux femmes en tenue orientale blanche, l'une rapportant un voile sur ses cheveux. Toutes deux portent un bindi (troisième oeil). Suit un char dominé par le blason de la ville de Liège . Puis vient un char surmonté d'un baldaquin mauve sous lequel une femme couverte d'une étole mauve et coiffée d'une couronne de perles à la manière d'une princesse orientale salue la foule. Elle est entourée de deux autre femmes également vêtues à l'orientale. Trois autres chars passent, puis les chars du début du défilé repassent, toujours précédés par deux cavaliers en tenue de chasse à courre. On peut noter cette fois que le char représentant la ville de Namur est surmonté d'un panneau rendant hommage à l'hymne des habitant de Namur: "Viv Nameur Po Tot". Une fois les chars fleuris passés, c'est au tour des géants de carton-pâte du carnaval de Nice de faire leur apparition. A l'angle de l'avenue Jean Médecin et du boulevard Dubouchage, le premier char représente un équipage de pêcheurs et de poissonnières sur un pointu baptisé "LA CARNAVALINA". Le plus grands des pêcheurs est assis au centre de la barque et coiffé d'une couronne: c'est le roi du carnaval. Suit un char représentant une femme en bikini sur un pédalo de carton-pâte et des pêcheurs à la ligne sur une charrette hippomobile blanche et rouge. Des cavaliers en costume de satin bleu roi ou rose indien suivent le char de M.Carnaval tandis qu'en arrière-plan, des carnavaliers déguisés en sorcières et sorciers défilent en tournant sur eux-mêmes. Des carnavaliers déguisés en chiens défilent en tenant une pancarte sur laquelle on peut lire "HUMOUR et FANTAISIE". Sur un char, des participants déguisés en lutins se tiennent entre des têtes géantes émergeant de pots de fleurs. Sur l'un de ces pots, d'où émerge une tête de matrone est écrit "EX-ROSIERE", sur un autre d'où émerge la tête d'un postier noir entourée de lettres affranchies on peut lire "LEVEE ANNUELLE". Au plan suivant, un char antique de carton-pâte doré comparable à celui d'Apollon et dont les roues sont parées d'effigies du soleil porte une personne déguisée en divinité antique revêtue d'une cape pourpre, tenant d'une main une lyre et de l'autre une grande enseigne militaire. Des cavaliers en tenue de satin rose ou bleu tiennent de très grands crayons auxquels sont suspendues des palettes de peintre ornées chacune du nom d'un dessinateur français de renom comme Poulbot, Daumier, Peynet, Abel Faivre, Willette, ou Gavarni. Au plan suivant, des carnavaliers portent de grosses têtes en papier mâché. Certains représentent des joueurs de tennis, d'autres sont coiffés d'entonnoirs. Ils sont menés par une jeune femme brandissant un panneau sur lequel on peut lire "CLUB Humouristique". Suit un char décoré d'une pancarte où l'on peut lire "CHARME, DANSE, NUS, etc..." et d'une reproduction du Moulin Rouge avec une chanteuse de music-hall et des danseuses de French Cancan géantes entre lesquelles des carnavaliers déguisés dansent. Arrive ensuite un groupe de carnavaliers portant des costumes de papier mâché représentant des fous du roi géants. Ils sont guidés par un porte enseigne sur le panneau duquel on peut lire "HUMOUR en FOLIE". Les fous géants croisent un très grand char représentant une route de campagne avec deux voitures dont l'une semble s'élancer dans les airs. Au bord de cette route de carton-pâte, un homme est empalé sur un arbre hors de sa voiture mais avec un volant entre les mains, comme s'il avait eu un accident. On peut aussi voir sur le pourtour du char une borne kilométrique, des parapets ainsi que des animaux dont un oiseau au long cou avec un pansement sur la tête. Au plan suivant, trois festivaliers portent des déguisements de papier mâché géants représentant des musiciens noirs aux traits exagérés portant des queues de pie roses à col doré, col cassé blanc, noeud papillon vert et grandes boucles d'oreilles créoles dorées. Ils jouent tous du banjo et ont l'air de rire [blackface]. Un char hippomobile guidé par un homme et deux femmes représente un personnage naïf aux nez et pommettes rouges avec les dents du bonheur dont le buste semble sortir d'un énorme croissant de lune. Autour de cette scène, des enfants vêtus en pierrots saluent les badauds. Arrivent ensuite de jeunes cavalières en robes longues montées en amazone et portant des couvre-chefs représentant des astres en papier mâché doré. Elles tiennent dans la main droite des enseignes dorées surmontées d'étoiles en papier mâché doré et sont suivies par des cavaliers vêtus en magiciens (tuniques et chapeaux pointus bleu roi parsemés de grandes étoiles argentées) qui saluent la foule. Derrière ceux-ci, un groupe de cavaliers déguisés en extraterrestres portent des couvre-chefs cylindriques en carton argenté entourés de deux tubes argentés verticaux figurant des antennes et surmontés d'une tige terminée par une boule de couleur. Chacun d'entre eux tient dans la main droite une enseigne argentée représentant une fusée spatiale. De l'autre côté de la rue, un enfant déguisé en cow-boy tient une pancarte sur laquelle on peut lire "AMOURS en Contrebande". Il est suivi d'un homme travesti en femme andalouse portant la mantille, une robe andalouse à volants et monté sur un petit âne. Cet homme travesti en andalouse et monté sur un âne est accompagné d'un jeune garçon grimé en torero également monté sur un petit âne. Un char passe, entouré de biches à lait et de carnavaliers et carnavalières revêtus de tenues de satin orange et des tabliers gansés d'argent. Au plan suivant, passe un grand char nommé "la Famille Rikiki" représentant une famille de géants débordant d'une petite voiture, au point qu'un des enfants est assis sur le capot et un autre est tenu en suspension par le père, les bagages et la grand mère étant quant à eux installés dans une charrette. Sur la voiture, on peut lire "VOITURE DE PLAISANCE" ou encore "DEFENSE DE FUMER". Sur la charrette "VIVE LES VACANCES", mais aussi "NE PAS SE PENCHER AU DEHORS". Autour du char, les festivaliers portent des costumes en satin rouge et des couvre-chefs verts sensés leur donner l'apparence de grandes fraises. Des carnavaliers défilent déguisés en tampons géants parsemés de timbres-poste surmontés de grosses têtes grimaçantes tirant la langue et de petites mains tenant des timbres-poste. Deux femmes en amazones vêtues de robes à crinoline jaunes à volants et manches bouffantes oranges et coiffées de grands chapeau pointus de carton pâte verts à larges bords conduisent un convoi de cavaliers déguisés coiffés de sombreros et entourés de grandes enseignées colorées surmontées de panaches en feuilles de bananier. Vient ensuite un char représentant Don Quichotte en armure sur son cheval "Rossinante" tendant sa lance vers un moulin à vent suivi de son fidèle valet Sancho Pansa monté sur son âne. A l'avant du char, Dulcinée du Toboso fait de la balançoire. Un grand char promène des carnavalières vêtues en tenue traditionnelle niçoise au milieu de géants qui semblent danser à l'intérieur d'un grand panier. Sur un autre char, entouré de bouteilles de vin et de jambons géants en carton-pâte, le géant Gargantua est porté par des serviteurs sur un trône au dos duquel se trouve un médecin en tenue de la Renaissance brandissant une seringue argentée. A la suite de ce char, des personnages coiffés de casquettes tiennent chacun dans ses bras un goéland dont seule la tête, bec ouvert, émerge d'un grand cornet. Passe ensuite un char représentant un coeur géant percé d'une flèche dont sortent plusieurs personnages masculins dont une représentation du Dieu Pan avec sa célèbre flûte. A l'arrière du char, une femme géante tient un tout petit homme suspendu dans ses bras. Sur la base du même char qui représente un nuage parsemé de fleurs en forme de coeurs, on peut lire "humour, quand tu nous tient". A l'avant du char, l'ange Cupidon vise le coeur géant avec son arc tandis qu'un homme chauve en chapeau haut de forme offre un bouquet à une jeune femme portant une robe fendue. Passent des cavalières en robes longues grises coiffées de bonnets à grandes antennes argentées et dotées d'ailes de papillons multicolores. Suit un groupe d'épis de maïs géants à barbes grises sur la pancarte duquel on peut lire "La Revanche du Maïs". Le groupe est guidé par un homme en blouse et chapeau melon noirs portant un foulard rouge et un faux nez long et pointu. Des cavaliers en tenue de chasse à courre mènent un groupe de cavaliers déguisés en valets de jeu de carte et portant des étendards de couleur jaune d'or. Des carnavalières en tenue traditionnelle niçoise saluent la foule depuis un char en forme de chaise à porteurs géante décorée des armes de la ville de Nice. Des laquais géants sonnent la trompette et le tambour. Le char du roi du carnaval fait un nouveau passage. Un géant en col cassé et haut de forme sur le quel on peut lire "LES BELLES BACCANTES" et un chien géant vêtu d'un faux col, d'un noeud papillon, de gants blancs et d'un pantalon vert se croisent. Un autre chien habillé de la même manière et portant un bouquet de marguerites géantes danse en sautillant et en tournant sur lui-même, entouré par trois marins. Le char du Moulin Rouge repasse à son tour. A son bord, des carnavalières et des carnavaliers en costumes inspirés de la fin du XIXème siècle. Un jeune homme en tenue traditionnelle bretonne fait mine de jouer sur une énorme guitare en carton-pâte, tandis que deux hommes travestis en femmes et portant des robes très courtes et des chapeaux à plumes imitent des danseuses. Un nouveau char apparaît en forme de bateau sur la poupe duquel on peut lire: "une croisière mouvementée". A son bord, les carnavaliers sont en marinière tandis que des bustes de matelots de carton-pâte également vêtus de marinières sortent par les hublots de la coque. Sur le char représentant le Moulin Rouge, un des hommes travestis en femme soulève sa jupe pour montrer à la foule son derrière sur lequel un coeur est cousu. Au pied d'un grand char semblant représenter un marché à la volaille, des citrons géants défilent en tournant sur eux-mêmes. Devant un magasin qui vend des confettis, un géant à moustache coiffé d'un chapeau mou et fumant le cigare, tient sa canne sur l'épaule comme un fusil et brandit un objet ressemblant à un porte-monnaie avec des pièces dorées. Vient ensuite un char représentant un pointu conduit par un personnage grimaçant coiffé d'un chapeau de paille mou. Des personnages semblent tomber par-dessus bord, tandis que certains tentent d'en aider d'autres à monter. La base du char représente les fonds marins dont émerge un énorme poisson aux grandes dents qui semble attaquer le bateau. Suit un cortège de cavaliers déguisés en ours polaires et coiffés de shakos, de panaches de hauts-de-formes ou de canotiers colorés. Suivent des carnavaliers déguisés en haricots géants sur l'un desquels on peut lire "LA LIGNE HARICOT". Les cavalières déguisées en papillon font un second passage, suivies de cavaliers en blouses blanches coiffés de mappemondes à fond blanc. Nouveau passage du char de Cupidon avec son coeur géant. Nouveau passage également du char de Gargantua. Des carnavaliers aux énormes têtes de carton-pâte grimaçantes et portant des costumes bicolores bleus et roses défilent derrière une pancarte sur laquelle on peut lire "CA C'EST DE L'HUMOUR". Passage d'un char représentant un vieil homme barbu coiffé d'un chapeau et poussant une brouette dans laquelle est assise une jeune femme blonde tenant dans une main un lanterne et dans l'autre une bouteille de champagne. Suit un cortège de cavalières et de cavaliers vêtus de grandes blouses à manches bouffantes, de capes et d'énormes turbans empanachés blancs ou roses. Les premiers sont protégés par une immense ombrelle blanche et rose à franges tandis que les suivants portent des flabella ou des lances. Suivent des grosses têtes coiffées de casquettes et tenant des poêles à crêpes, menées par un petit carnavalier sur la pancarte duquel on peut lire "La NOELEUR". Suivent en arrière-plan des personnages coiffés de bobines de fil géantes menés par une pancarte où l'on peut lire "Les Vieilles BOBINES Embobinées". Arrive un char hippomobile attelé à l'évêque et représentant des géants sur une nef médiévale entourés de moutons qui semblent tomber à l'eau par-dessus bord. Il s'agit d'une évocation de l'épisode des "moutons de Panurge" évoqué dans le "Quart Livre" de François Rabelais. Des carnavaliers défilent revêtus d'énormes têtes de rois en carton-pâte suivant une enseigne sur laquelle on peut lire "LES SIRES CUITS". Le char représentant "Une croisière mouvementée" repasse en sens inverse. On peut voir que la proue du navire est dotée d'un lamparo et qu'au sommet du mât, le nid de pie ressemble à un cornet de glace. Au sol, des carnavaliers déguisés en chevaux défilent, chacun entouré de ce qui ressemble à un petit traîneau. Des carnavaliers passent revêtus de grosses têtes derrière l'oreille desquelles se trouve coincée une carotte comme on aurait pu mettre un crayon. En arrière-plan, des cavalières en crinolines roses portent des chapeaux capotes noirs à très grande visière d'où pendent des plumes d'autruche roses et défilent sous de grandes ombrelles en franges de papier crépon jaunes et rose semblables à de grandes fleurs de dahlia. Suit un groupe de carnavaliers dont les costumes semblent évoquer une noce populaire où la mariée et les invités ont tous de très grosses têtes, sauf le marié qui a, en comparaison, une toute petite tête. Ils sont précédés par une enseigne sur laquelle on peut lire "MA PETITE FOLIE".

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