Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Sat, 18 Nov 2017 17:45:41 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/ En souvenir des Poilus <img src="http://memoire.ciclic.frhttp://medias.ciclic.fr/3012_1/thumbs/115/thum-008.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">A la onzième heure du onzième jour du onzième mois, le 11 novembre 1918 à 11 heures, des milliers de clairons sonnèrent le cessez-le-feu.</p><p>A 5 heures du matin le même jour, dans un wagon en forêt de Compiègne, l'Allemagne a signé l'armistice mettant fin à la première Guerre Mondiale après quatre années d'hostilités ayant fait près de 10 millions de victimes.</p><p>Cette journée de souvenir n'est devenue fête nationale qu'en 1922. En effet, tout au long de cette année, les anciens combattants ont milité pour que le Parlement déclare le 11 novembre comme une fête nationale, ce qui sera établi par la loi du 24 octobre 1922.</p><p>Depuis, dans chaque commune et près de tous les monuments aux morts de France, comme à Malesherbes en 1963 dans le film que nous vous présentons, le cérémonial est le même : le défilé en cortège jusqu'au monument aux morts, le dépôt de gerbe et les discours puis le recueillement au son de la fanfare.</p><p>Mais si les survivants de la Grande Guerre ont longtemps porté le souvenir des combattants lors de ces commémorations du 11 novembre, il en va aujourd'hui différement puisque le dernier d'entre eux, Lazare Ponticelli, s'est éteint le 12 mars 2008. Sans eux, cette journée de souvenir a une tonalité bien différente : elle est désormais l'occasion de rendre hommage à ces soldats pour que ne sombrent pas dans l'oubli les sacrifices et les souffrances de toute une génération.</p><p class="textChapo">Alors, pour que ce souvenir demeure, Mémoire vous propose de revivre une de ces commémorations en l'honneur des soldats "morts pour la France".</p> Wed, 08 Nov 2017 07:17:10 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/en-souvenir-des-poilus Découvrir Culture du chanvre, les Rouissons d'Bréhémont <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/Les.Rouissons.dBréhémont.recadré.JPG" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Si l’Indre ne s’est pas décidée à rejoindre la Loire sur le <strong>territoire de Bréhémont</strong>, mais plutôt à quelques kilomètres plus bas, elle en a bien laissé quelques hésitations en<strong> baignant le village</strong> de ses maigres bras. En se mêlant à ceux du Cher (qui lui se jette dans le fleuve quelques kilomètres plus haut), ils créent les<strong>&nbsp;</strong><strong>"rouissons"</strong>, petits cours d’eau parfaits pour "rouir" le chanvre.</p><p>C’est ainsi que les anciens causaient, à Bréhémont, depuis que le chanvre faisait vivre ses habitants, peut-être depuis toujours. C’est ainsi que se nomme l’association de <strong>Serge Brosseau</strong>, conservateur bénévole du patrimoine ligérien.</p><p>(sur la photo : S. Brosseau à gauche, avec l'équipe des Rouissons d'Bréhémont, en 1997)</p><p>&nbsp;</p><p><strong class="textSubTitle">1. La découverte d'un patrimoine local</strong></p> <p>«&nbsp;Les Rouissons d’Bréhémont&nbsp;» est née de l'envie de transmettre un héritage, découvert dans les murs du village, dans la typique « Maison à Marie&nbsp;», avec son <strong>four à chanvre et son "balet"</strong>&nbsp;(petit hangar où l’on broyait le chanvre), comme la petite centaine de fourneaux subsistant sur le territoire. Chaque cultivateur possédait son four à chanvre.&nbsp;La plupart des Bréhémontais (ou «&nbsp;Brémoniers&nbsp;») vivait de cette culture <strong>difficile mais fructueuse</strong>, qui rythmait intégralement la vie des familles. Un recensement de 1853 montre que Bréhémont comptait un chanvrier pour 3 habitants et que la moitié des terres y étaient consacrée.</p><p>Serge Brosseau en 2014. Crédit : François Côme pour Maisons Paysannes de Touraine</p><p>De découvertes architecturales en rencontres déterminantes, notamment avec l’architecte Michel Mouy (1) et l’historien Bernard Toulier (2), Serge Brosseau se passionne pour la culture du chanvre en allant tout simplement <strong>à la rencontre des derniers chanvriers du village</strong>, alors qu’il n’a que 24 ans. Il est à ce moment-là tisseur en soie de profession. Il fréquente les vieux cultivateurs de chanvre textile, ceux qui connaissent le travail manuel de la transformation de la plante en filasse, selon un savoir-faire en pleine disparition, comme Léandre qui réalise un émouchet entre ses dents&nbsp;ou comme Georges Gourré qui réalise un lien (ce n'est pas tout à fait encore un travail de cordage), en s'exclamant «&nbsp;Oh vous savez&nbsp;! Quand j'serai parti bah les enfants f'ront c'qu'y voudront&nbsp;». Qu'à celà ne tienne, Serge Brosseau et les Rouissons d'Bréhémont arrivent.</p><p>Serge Brosseau acquiert sa première <strong>braie à chanvre</strong> (broyeur) en 1969, et ensemence sa première parcelle quelques années plus tard, tout en suivant une formation à Ethno-Centre. C’est aussi dans ces années-là qu’il achète une caméra pour immortaliser les premières années de ses enfants.&nbsp;Après les films de famille, il tourne en 1988 ses premières images de culture du chanvre&nbsp;avec des anciens cultivateurs désireux de <strong>revivre les gestes du passé et de les immortaliser sur pellicule</strong>. Cette année voit aussi l'édition de son ouvrage co-écrit par Jocelyne Pécault « Le chanvre en l'Isle de Bréhémont » (éditions des Amoureux du Vieux Langeais).</p> <p>C’est là que naît l’association&nbsp;: «&nbsp;À partir de là, les archives, les albums photo, les greniers se sont ouverts. Les anciens chanvriers se sont investis totalement. Pour eux, c’était <strong>la reconnaissance de leur travail</strong>, d’une grande partie de leur vie.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><p class="textLeftFrame">La fin des <strong>Rouissons d'Bréhémont</strong>. L'association vient de cesser son activité. Les démonstrations devenaient de moins en moins réalistes car le savoir-faire des anciens s'est perdu. De plus, elles étaient très lourdes en terme de montage du matériel (le manège, les machines, les moteurs…) et en terme de dangerosité.&nbsp;Toute la documentation collectée par l’association a été confiée au COMPA à Chartres, ainsi que du petit matériel. Le gros matériel a été confié à plusieurs musées.&nbsp;Serge Brosseau a gardé à Bréhémont quelques objets et documents essentiels. Il travaille maintenant avec l'association <strong>Maisons paysannes de Touraine</strong>, qui œuvre pour la protection du patrimoine et environnemental de la région.</p><p>&nbsp;</p><p><strong class="textSubTitle">2. La sauvegarde des savoir-faire par la vidéo</strong></p> <p>&nbsp;La collecte d'outils et de machines, de documents et de photos liés à la culture du chanvre est bien engagée. Moteurs, érussoirs, braies, peignes à carder...&nbsp;Mais la conservation du patrimoine matériel de Bréhémont ne permet pas la sauvegarde des savoir-faire, qui s'amenuisent à mesure que les vieux chanvriers s'éteignent.</p> <p>Dans les années 90, Serge Brosseau troque sa caméra Super 8 contre un caméscope HI8 et entreprend l'<strong>enregistrement des gestes</strong> effectués à chaque étape par les cultivateurs eux-même. Chaque année pour le public, étaient mis en scène le broyage ou le battage, pendant des fêtes locales. Mais la récolte du chanvre à la main, le rouissage à la rivière, le séchage sur pré, le broyage avec manège à cheval, toutes les étapes de la culture du chanvre selon les méthodes du XXème siècle sont <strong>reconstituées une à une et uniquement pour la caméra</strong>, avec des explications des chanvriers qui nous livrent leurs secrets et échangent leurs différents souvenirs.</p> <p>«&nbsp;Mais, dit Serge Brosseau, rien n’aurait été possible sans les rapports humains. (…) Voir ces anciens et anciennes heureux à bêcher, labourer, semer, arracher, lier, rouir, sécher le chanvre dans les prés puis au fourneau, broyer, discuter, comme si c’était encore <strong>l’essentiel de leur vie</strong>, c’est une chance importante&nbsp;».&nbsp;A la manière d'un anthropologue visuel, Serge Brosseau constitue ainsi des <strong>archives inédites</strong> pour qui veut comprendre les gestes et les inventions, l'histoire de l'architecture locale, l'évolution du métier, la dureté du travail, l'attachement à la terre.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p></p><p class="textSubTitle">&nbsp;</p><p class="textSubTitle"><strong>3. Le manuel du parfait petit chanvrier</strong></p><p>Ou la culture du chanvre filmée étape par étape... &nbsp;</p><p><strong>Les semailles</strong></p><p>Avant que le tracteur n'arrive dans toutes les fermes, le travail se fait à pied et à cheval. La charrue creuse les <strong>lignes de semences</strong>, et le semeur, marcheur, jette les graines avec régularité, puis le cheval passe la planche et la herse, comme on peut le voir dans les deux premiers extraits.&nbsp;Puis Serge Brosseau filme la préparation de la terre au tracteur, avec un cultivateur à plusieurs dents, permettant de tracer plusieurs lignes de semence.</p><p><strong>La récolte</strong></p><p>Dans le film&nbsp;« Apparition du chènevis&nbsp;», le paysan examine ses feuilles et surtout le <strong>chènevis</strong>&nbsp;(les graines) qui commence à apparaître, afin de constater son état de maturité. Les tiges de chanvre sont arrachées à la main et on confectionne des "<strong>poignées</strong>" en les liant avec une tige. L'un des chanvriers se souvient: «&nbsp;Quand on avait lié 100 poignées... à l'heure&nbsp;! Eh ben fallait pas s'amuser&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;Plus tard, la récolte s'effectue à l'aide d'une <strong>faucheuse</strong> à deux sièges tractée par un cheval&nbsp;: les tiges coupées sont en même temps rabattues à l'aide d'une grand <strong>bâton à javeler</strong> pour former des poignées (ou "javelles").</p><p><strong>L'érussage et le battage</strong></p><p>On pouvait battre le chanvre une première fois dans le champ, sur une bâche ou un drap, en tapant sur les feuilles avec un simple bâton, afin de faire sortir le chènevis, comme on le voit dans l'extrait&nbsp;« Battage à la main&nbsp;».&nbsp;A la ferme, la méthode manuelle consiste à passer les gerbes dans un <strong>érussoir</strong>, pour enlever les graines et les feuilles.&nbsp;Récoltés sur un drap, les feuilles et graines sont frappées avec un fléau (appelé "flo", une branche d'ormeau bricolée avec des brins d'osier en forme de raquette) pour bien séparer le chènevis, qui est ensuite passé au <strong>tarare</strong>&nbsp;à manivelle pour ôter les résidus&nbsp;et poussières.&nbsp;La méthode mécanique&nbsp;: le battage s'effectue à l'aide d'une machine&nbsp;qui sépare les graines des feuilles,&nbsp;le&nbsp;<strong>lisseur</strong>&nbsp;(qui sert aussi, en dernière étape, à lisser les fibres de chanvre extraites de la tige). Dans le film, le lisseur est&nbsp;actionné par moteur électrique. Le chènevis ainsi obtenu est passé au tarare.</p><p><strong>Le rouissage</strong></p><p><strong></strong></p><p>Dans l'eau courante (en rivière ou dans la Loire), ou dans l'eau stagnante comme dans les "<strong>routoirs</strong>", (bassins alimentés par la rivière et les «&nbsp;rouissons&nbsp;»), on faisait "<strong>rouir</strong>"&nbsp;le chanvre afin de le faire pratiquement pourrir. Les poignées de chanvre étaient mises à l'eau sous forme de radeau ou de roue, et <strong>immergées plusieurs jours</strong> en les couvrant de pierres, pour forcer le détachement de la fibre.&nbsp;Dans le Maine ou en Anjou, la technique la plus courante est la confection d'une "barge", en attachant les poignées de chanvre les unes à côté des autres, en ligne, comme un radeau, comme dans le film&nbsp;« Fête du chanvre à Montjean-sur-Loire&nbsp;». A Bréhémont, à partir de 1850, les chanvriers rouissaient le chanvre dans les routoirs alimentés par le Vieux Cher, où l'on pouvait maitriser le débit d'eau et obtenir une meilleure qualité de filasse.&nbsp;Dans l'extrait «&nbsp;Culture du chanvre : le rouissage », les chanvriers s'attachent à nous montrer une technique rare et ingénieuse, tout à fait propre à leur territoire, qui consiste en la confection d'un <strong>baillage en forme de roue</strong>.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Le séchage sur pré et au four</strong></p><p>Lorsque le chanvre a roui plusieurs jours, on l'étale à l'air libre sur un pré, pour le faire <strong style="line-height: 16px;">sécher et blanchir</strong> (grâce au soleil et à la rosée).&nbsp;Puis de nouveau, on le conditionne en poignées ou «&nbsp;bourdeaux&nbsp;». Le chanvre est séché une ultime fois dans <strong style="line-height: 16px;">un four</strong> spécialement conçu, pendant une nuit. Il est enfin prêt à être broyer.Poupées de filasse.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Le broyage ou "brayage"</strong></p><p>Accolés aux fours à chanvre se trouvaient des "balets", petits hangars qui abritaient le broyeur (ou "<strong>braie</strong>" comme on le dit en Touraine) et le <strong>lisseur</strong>, et où l'on effectuait le broyage (ou "brayage"), et le lissage, les deux machines actionnées conjointement par un moteur. Avant les moteurs, on brayait par la force animale avec le manège à cheval. Ainsi, la tige rigide était cassée et la fibre qui l'entoure pouvait être extraite après plusieurs passages au lisseur. On conditionnait alors la filasse en "balles", "torchons" ou "poupées".&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong class="textSubTitle" style="color: #65a126; font-size: 18px; line-height: 1.2;">4. Le chanvre d'antan à demain</strong></p> <p>Tout comme le chanvre de Maine-et-Loire et d'Anjou où ses cultures abondaient, le chanvre de Bréhémont était surtout cultivé pour sa fibre et a connu un plein essor aux XVIIIè et début du XIXè siècle, grâce aux <strong>besoins de la marine</strong> en voiles et cordage. Il partait sur la Loire vers Nantes, Angers, Rochefort, Beaufort-en-Vallée.&nbsp;La <strong>chènevotte</strong>, c'est-à-dire la tige de chanvre rigide dénuée de sa fibre, était utilisée pour l'isolement des constructions et le chauffage des habitations.&nbsp;La graine appelée <strong>le chènevis</strong>, servait bien sûr pour la semence du prochain printemps, mais aussi pour faire de l'huile et nourrir les volailles.</p> <p>Vers la fin du XIXè, avec l'apparition des bateaux à vapeur, la production du chanvre se tourne principalement <strong>vers le textile</strong>. Mais la <strong>concurrence internationale</strong> des autres textiles puis des fibres artificielles est rude et la production de chanvre commence à décliner dans tout le Val de Loire pendant le XXème siècle. De plus, la <strong>mécanisation</strong> de l'entre-deux-guerre puis l'arrivée de l'électricité dans les fermes dans les années 50 continue d'augmenter le rendement mais accentue la diminution du nombre de petits paysans.</p><p>Aujourd'hui, la culture du chanvre connaît un <strong>regain d'intérêt</strong>. La production de semences s'exporte à 50%, et la fibre est demandée pour fabriquer du <strong>papier de qualité</strong>, la chènevotte pour <strong>le bâtiment et l'alimentation animale</strong>.&nbsp;Même si la «&nbsp;grande culture&nbsp;» ultra-mécanisée d'aujourd'hui ne ressemble en rien à la production des petits chanvriers du Val de Loire, nous pouvons retrouver les méthodes et la mémoire de ce patrimoine ligérien dans les différents <strong>musées et festivals</strong> qui se sont multipliés sur l'ensemble du territoire ligérien, et bien sûr, grâce aux films de Serge Brosseau sur notre site mémoire.ciclic.fr.</p> <p>Nous le remercions chaleureusement pour avoir confié ses films à Ciclic et pour sa participation à l'écriture de cet article.</p><p>&nbsp;</p><p>(1) Michel Mouy est architecte, formateur à "Maisons paysannes de Touraine".</p> <p>(2) Bernard Toulier est conservateur général du patrimoine pour le ministère de la culture. A partir de 1972, il a été chercheur au service de l'Inventaire général de la Région Centre.</p><p class="textFrame">Bien que les bénévoles des associations soient les premiers à se préoccuper de la sauvegarde de leur culture, les <strong>pouvoirs publics</strong> se sont peu à peu engagés dans cet effort. Bernard Toulier est chargé par le ministère de la culture en 1972, de l'inventaire architectural en Région Centre et rédige en 1976 ses&nbsp;«&nbsp;Notes sur la culture du chanvre en l'île de Bréhémont&nbsp;» (in. Bulletin de la Société archéologique de Touraine). Il avait notamment réalisé l'inventaire du patrimoine du canton d'Azay-le-Rideau. Citons également la création en 1992 du <strong>Conservatoire régional des rives de la Loire et ses affluents</strong> (CORELA) et en 1994, le "Plan Loire Grandeur Nature". Le<strong>&nbsp;Val de Loire est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO</strong> le 30 novembre 2000. Bréhémont faisant partie du patrimoine retenu, il possède <strong>le girouet</strong> de cette inscription, en référence aux girouets des bateaux de la Loire. La partie centrale représente une feuille de chanvre.</p> Mon, 16 Oct 2017 12:29:19 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/culture-du-chanvre-les-rouissons-dbrehemont Découvrir Dali, portrait <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/Dali18239_14353_0.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Expulsé des surréalistes en 1934 mais connu du grand public pour sa prononciation hilarante du mot ‘’désoyribonucléique’’ et du fameux ‘’je suis fou&nbsp;!!! Du chocolat Lanvin&nbsp;!!!’’, l’artiste catalan a, par ses outrances et son talent, marqué de son empreinte le XXe siècle.</p> <p>Méprisé par une partie de la critique, déconsidéré par ses prises de positions politiques, renié par les surréalistes, il fut un artiste pourtant populaire. De la vie fantastique de cet artiste né en 1904 et mort en 1989 à Figueiras, nous ne retiendrons que quelques dates afin de ne pas se perdre. 1916, première rencontre avec l’impressionnisme et le dessin&nbsp;; 1920 études aux Beaux-Arts de Madrid, rencontre avec l’ami Federico García Lorca ; 1929, premières rencontres avec le groupe surréaliste de Paris et avec Luis Buñuel ; 1934, Dali ravit Gala à Paul Eluard et Max Ernst, l’épouse civilement et se fait rejeter du groupe d’André Breton&nbsp;; 1940, échappée aux Etats-Unis et début d’une carrière américaine fructueuse&nbsp;; 1948, retour en Espagne franquiste et publication de «&nbsp;50 secrets magiques&nbsp;»&nbsp;; entre 1956 et 1972, il est prolifique et omniprésent sur la scène artistique et médiatique, mariage religieux avec Gala à Sant Marti Vell, premier film de l’art video avec Philippe Halsman «&nbsp;Chaos et création&nbsp;», première exposition d’hologrammes, création du Théâtre-Musée Dali de Figueres ; 1979, grande rétrospective Dali au Centre Pompidou&nbsp;; 1980, rétrospective à la Tate Gallery de Londres&nbsp;; 1983, grande exposition anthologique à Madrid, Barcelone et Figueres.</p> <p>&nbsp;</p><p class="textRightFrame">Joseph Forêt est un aventurier du XXe siècle, né en 1901 dans le Puy de Dôme, orphelin dès l’âge de 5 ans, élevé par sa grand-mère dans une pauvreté certaine, il est néanmoins scolarisé à Saint-Paul dans sa ville natale, qu’il va quitter très vite pour faire de petits boulots : guide de montagne, aide-glacier, aide-machiniste, télégraphiste, ajusteur chez Michelin, groom, manutentionnaire. En 1919, il part à Paris, exerce d’autres métiers : ouvrier, débardeur à la gare d’Austerlitz, figurant de théâtre, décorateur, monteur sur bronze, livreur de journaux, astrologue.Passionné de la petite reine (il fut coureur sur piste à Clermont-Ferrand en 1918), il s’inscrit au prestigieux club de Levallois de la grande époque de 1925 à 1930, se fait des relations. Il vit du négoce de timbres en 1941 et se lance dans l’édition d’art : plusieurs ouvrages de qualité pour les enfants, une revue philatélique. Après la guerre, il se lance dans l’édition de cartes postales, notamment avec une série consacrée au Tour de France cycliste, activité qu’il continuera jusqu’en 1961. En 1950, il devient impresario, organisateur de tournées théâtrales, parallèlement il mène son activité d’éditeur de livres d’art. Il publie des textes d’André Maurois, illustrés par Utrillo (Paris capitale), de Cécil Saint-Laurent par Dali, des poèmes illustrés par Picasso, des textes classiques illustrés par Buffet, Dali, etc...</p> <p>Cinéma : Passionné dès la fin des années 20 par le cinéma, Dali collabore sur deux films avec Luis Buñuel (le chien andalou et l’Age d’or), avec Alfred Hitchcock, Philippe Halsman, Jack Bond, Andy Warhol, Jean-Christophe Averty, José Montes-Baquer, Manuel Cusso-Ferrer (sur la base d’un scénario écrit par Dali en 1932).</p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>"L'Apocalypse de Saint-Jean"</strong></p> <p>En 1956, Joseph Foret, éditeur d’art, fréquente Dali pour l’illustration du roman de Cervantes, Don Quichotte, il fait des milliers de kilomètres entre Paris et Portlligat pour satisfaire aux demandes de l’artiste puis réussit à l’entraîner dans l’aventure de «&nbsp;l’Apocalypse de St Jean&nbsp;»&nbsp;en 1959.</p> <p>C’est à la fin des années 50 que Joseph Forêt avait eu la vision d’une œuvre collective exceptionnelle rassemblant les grands talents de la pensée et des arts de l’époque pour une édition exceptionnelle de "L'Apocalypse de Saint-Jean". Vont y figurer des œuvres originales de Salvador Dali, Bernard Buffet, Tsugouharu Foujita, Léonor Fini, Georges Mathieu, Pierre-Yves Trémois, Ossip Zadkine ainsi que des textes de Jean Cocteau, Jean Rostand, Daniel-Rops, Jean Guitton, Emil Cioran, Jean Giono et Ernst Jünger. Ce livre unique édité en 1959 par l'éditeur d'art Joseph Forêt sera le livre le plus cher et le plus lourd du monde (210 kilos). Le livre-monument a été réalisé en trois ans, en un seul exemplaire, sur parchemins (peau d’agneau, 150 feuilles de 65 × 75 cm) sous une couverture réalisée par Salvador Dali, en bronze (150 kilos) sertie d’or et de pierres précieuses.</p> <p>Dali et Forêt, ce sera l'expérimentation dans la création, l'imagination sans limites, les expériences folles... La machine à coudre écrasée par un rouleau compresseur à Chaillot, Forêt se rend plusieurs fois à Portlligat pour permettre au maître d’expérimenter des projections sur pierres lithographiques, des tracés dans l’encre grasse avec escargot et grenouille. Chez Lumiplex, Dali écrase 666 tubes de peinture entre deux plaques de plexiglas. Tous deux savent que le monde a changé, ils adorent la médiatisation et convoquent la presse... &nbsp;La société du spectacle est, et tout est événement. Il faut exciter la presse, les photographes et les caméras. La présentation de l'ovocipède qui contiendra le livre est mise en scène au Palais des Glaces et comme cela ne suffit pas, ils partent cueillir Joséphine Baker et Martine Carol à la sortie du Lido. Des rendez-vous VIP sont donnés à l'hôtel Meurisse où le joaillier Pierre Sterlé vient essayer le sertissage des pierres précieuses sur la non moins précieuse couverture de L’Apocalypse.</p> <p>La fabrication du livre-monument donnera lieu à un film 16mm « L’Apocalypse », présélectionné au Festival du film amateur de Cannes et projeté hors-compétition au cours d’une soirée de gala le 8 septembre 1961. L’ouvrage parcourt l’Europe pendant dix ans pour être présenté au cours d’expositions où il remporte un important succès. Cette grande aventure demeure un fiasco financier, Joseph Forêt en ressort criblé de dettes qu’il mettra quinze ans à rembourser.</p> <p>&nbsp;</p> <p class="textFrame"><strong>Quizz :&nbsp;</strong>Le saviez-vous&nbsp;? En juin 1965, Dali présente une collection de maillots de bain, en 1969, il créé le logo en fleur jaune de la célèbre Chupa Chups, sucette adorée des jeunes. En 1970, sa célébrité est décuplée par le petit écran avec la publicité pour le chocolat Lanvin. Salvador Dali était captivé par l'Acide désoxyribonucléique (ADN). Au point d’y consacrer neuf tableaux entre 1956 et 1976, comme "Galacidalacidesoxyribonucleicacid" ou "La structure de l’ADN".</p> <p class="textFrame"><strong>Le fonds Joseph Forêt</strong>&nbsp;: Mémoires écrits à la fin de sa vie. Dossiers et documents manuscrits ou tapuscrits composant les mémoires de Joseph Foret, illustrés de nombreuses photographies, coupures de presse, documents divers, correspondance, films.&nbsp;Archives conservées par Mme Broutta, collaboratrice de J. Foret de 1957 à 1965 et données à la&nbsp;Ville d’Issoudun&nbsp;en 2013.</p> Thu, 05 Oct 2017 10:29:20 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/carnets/dali-portrait Découvrir Paris-Tours et le cyclisme en Eure-et-Loir <img src="http://memoire.ciclic.frhttp://medias.ciclic.fr/9090/thumbs/115/thum-055.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Dimanche 8 octobre 2017, l’Eure-et-Loir accueille une nouvelle fois le départ de la célèbre course Paris-Tours. Mémoire vous présente donc un film à base de témoignages et d'archives pour mieux vous expliquer le monde du cyclisme dans ce département.</p><p>Les 22 équipes et les 220 coureurs participant à la 111e édition de cette épreuve cycliste, prendront cette année le départ de Brou. Leur arrivée sera ensuite jugée, comme veut la tradition, sur la mythique avenue de Grammont, à Tours.</p><p>Une artère qui évoque&nbsp;à certains&nbsp;de nombreuses anecdotes… C'est de ces souvenirs et de leur expérience en tant que responsables locaux de clubs et d'associations cyclistes départementales, que nous parlent nos trois témoins, <strong>Michel Guillemette</strong>, <strong>François Quiniou</strong> et <strong>Jacques Perraud</strong>, dans le montage que nous vous proposons.&nbsp;</p><p>Paris-Tours, l'incontournable classique de fin de saison, est un événement exceptionnel pour l'Eure-et-Loir. Mais il ne faut pas oublier le Tour cycliste d'Eure-et-Loir, le Tour de l'avenir, les différents critériums et… les passages du Tour de France&nbsp;dans le département ! Et pour ne pas citer que le cyclisme sur route, en Eure-et-Loir, les habitants font aussi depuis bien longtemps du VTT, du BMX ou du cyclo-cross.</p><p><strong>Pour tout savoir sur le cyclisme en Eure-et-Loir, &nbsp;traverser Voves, Amboise, Châteaudun, Toury, Dreux et Janville, entre 1945 et 1975 grâce aux cinéastes amateurs de notre région, découvrez vite La pratique du cyclisme en Eure-et-Loir.&nbsp;</strong></p> Wed, 04 Oct 2017 06:58:47 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/studio-memoire/paris-tours-et-le-cyclisme-en-eure-et-loir Découvrir L'huilerie Vigean, plus d'un siècle d'histoire <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/Huile.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">En 1972, le cinéaste amateur Jean Dieu, réalise un film documentaire sur une petite huilerie artisanale qui au fil des années deviendra l'une des meilleures de France.</p><p>L'histoire de l'huilerie Vigean remonte au début du siècle dernier, lorsqu'<strong>André Vigean</strong> trouve son premier emploi dans une huilerie artisanale de Clion-sur-Indre, dans le Berry.&nbsp;En 1930, il entreprend de racheter l'entreprise qui portera désormais son nom. Très exigeant sur la qualité de sa matière première, les noix et noisettes, il se fournit uniquement chez des cultivateurs locaux. Dans les années 1970, le fils,&nbsp;<strong>Philippe Vigean</strong>,&nbsp;modernise l'entreprise familiale afin de faire face à la concurrence des sociétés industrielles.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>La fabrication de l'huile de noix se déroule en 5 grandes étapes :</p><strong>La récolte</strong> des noix a lieu de septembre à octobre, le séchage jusqu'en décembre puis c'est le cassage des coques.<strong>L'écrasement</strong> ou le broyage des cerneaux par la meule en pierre de granit permet de récupérer une pâte bien compacte.&nbsp;<strong>La cuisson </strong>de la pâte dans un four ou à la poêle, c'est cette étape qui donne à l'huile un doux parfum de grillé.<strong>Le pressage</strong> qui permet d'extraire l'huile vierge.<strong>La décantation </strong>dans de grandes cuves, l'huile étant plus légère que l'eau, un dépôt va se former au fond et l'huile pure est récupérée à la surface.<p><strong>Jean Dieu</strong> teinturier à Nogent-le-Rotrou puis à Loches depuis 1962, fait partie du prolifique Caméra club de Loches. Il participe à d'autres tournages en tant qu'acteur notamment dans les films de Jacques Nouhaud et réalise à partir des années 1970 des petits films comiques et des reportages sur des évènements locaux.Dans ce documentaire tourné en 1972, <strong>Jean Dieu </strong>filme la toute nouvelle machinerie mise en place par Philippe Vigean. On découvre ainsi, la meule autrefois tractée par des mulets, à présent entraînée par des courroies et des moteurs électriques, les presses qui fonctionnent à l'air comprimé et d'où sort l'huile vierge en donnant, comme nous dit le narrateur dans un accent berrichon, "du jus directement extrait de la graine pas cuite". Toujours à l'avant-garde et avec un souci d'économie ou plutôt d'autonomie d'énergie, la chaudière est alimentée avec les déchets qui n'ont pas été transformés en tourteau pour l'alimentation animal. En fin de chaîne, la mise en bouteille en verre et le mot du propriétaire : "&nbsp;J'te va faire voir comment qu'elle est l'huile Vigean, un rayon de soleil, de l'or fondu, c'est t'y pas bieau ? ".</p><p>Les années 1970/80 voient apparaître les premiers magasins diétetiques. L'huile vierge y trouve sa place car elle est pourvue de qualités nutritionnelles bénéfiques pour l’équilibre de l'organisme. L'huilerie Vigean en profite pour se diversifier et proposer des huiles issues de multiples origines ainsi que des vinaigres et huiles de bien-être.&nbsp;</p><p>Découvrez dans ce film quelques secrets de la fabrication de ce trésor ancestral qu'est l'huile vierge !</p><p class="textFrame">Actuellement, c'est le petit-fils d'André,&nbsp;<strong>Eric Vigean</strong>,&nbsp;qui poursuit l'ambition familiale, lui permettant d'obtenir en 2015, par le collège culinaire de France, l'appellation de producteur artisan de qualité.</p> Mon, 02 Oct 2017 08:05:10 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/lhuilerie-vigean-plus-dun-siecle-dhistoire Découvrir