Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Fri, 28 Apr 2017 08:29:37 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/ Un 1er mai particulier <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/12950-00-02-52.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Le 1er mai 1947 est un jour particulier par sa nature et par son contexte politique. Derrière les images du défilé syndical à Orléans se cache en effet l'institutionnalisation d'une journée des travailleurs en France et une rupture dans le paysage politique national.Pour filmer cette journée particulière, René Duneau, ouvrier métallurgiste syndiqué à la CGT, prend sa caméra...</p><p>Ce 1er mai est particulier car il est le premier en France à être <strong>officiellement un jour payé et chômé dans le code du travail</strong>. Issu d'une longue bataille de la classe ouvrière commencée au XIXème siècle, il est devenu au XXème siècle le jour de la fête internationale des travailleurs, commémorant notamment les luttes pour la journée de 8 heures. Transformé en fête du Travail et de la Concorde Sociale par le régime de Vichy en 1941, il est ré-institué jour férié, chômé et payé en avril 1947 sur proposition du député Daniel Mayer, avec le soutien du ministre communiste du Travail, Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale.</p><p><strong></strong></p><p><strong>Et René Duneau pris sa caméra...</strong></p><p><strong></strong></p><p class="textRightFrame">Pour mieux connaître le réalisateur de ce film, nous vous invitons à consulter l'article que lui a consacré Mémoire<strong> :René Duneau, cinéaste ouvrier</strong></p><p>Car ce 1er mai fut véritablement particulier. <strong>L</strong><strong>es communistes</strong>, majoritaires à la CGT depuis le 26ème congrès du syndicat en avril 1946, seront <strong>exclus du gouvernement</strong> <strong>quatre jours plus tard</strong>. L'unité nationale issue de la Résistance, et de son Conseil National dont faisait partie le syndicat, se brise ainsi sur le mur de la guerre froide naissante et de l'apparition des conflits coloniaux. Alors, malgré des scores électoraux très élevés et une forte implantation sur le territoire, les communistes retournent dans l'opposition et seront, pendant plus de dix ans, le seul parti à rester à l'écart du pouvoir.</p><p><strong></strong></p><p><strong></strong></p><p><strong>Et René Duneau filme les revendications de la rue...</strong></p><p>Après une séquence appuyée sur les affiches de ce 1er mai annonçant à 15h00, à la salle des fêtes d'Orléans, les prises de paroles de Eugène Brisset, secrétaire de l'U.D. des syndicats et d'André Jean, délégué de la CGT, il souligne les deux thèmes de cette journée : "Pour que le problème des salaires trouve sa solution", "Pour une baisse effective du coût de la vie et le châtiment des spéculateurs". Il filme ensuite les cortèges où se signalent plus particulièrement les banderoles de la Section syndicale de Panhard - Orléans, les veuves de guerre, la section CGT - UGF de la Police réclamant une "Police réorganisée, moderne et démocratique", l'Union générale des &nbsp;travailleurs espagnols, le Bâtiment... René Duneau se sert des panneaux revendicatifs pour écrire, au fil du défilé, l'ensemble des revendications essentielles de l'Après-Guerre : convention collective, revalorisation et reclassement, minimum vital, baisse effective des prix, baisse du coût de la vie, etc. Le reflet de la dureté des conditions de vie dans la société française à la sortie du second conflit mondial, déjà un pied dans la guerre froide.</p><p>Et Mémoire vous propose de bien observer cette journée particulière...&nbsp;</p> Wed, 19 Apr 2017 10:05:42 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/un-1er-mai-particulier Découvrir La Foire aux vins de Reuilly <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/3439-00-20-32.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Chaque année depuis le début des années 1950, la commune de Reuilly célèbre ce qui fait une grande partie de la renommée de son territoire : son vignoble et son vin. C'est grâce au cinéaste amateur Marc Chaunier, infatigable "reporter" de ces festivités pendant presque 30 ans, que nous pouvons en rédécouvrir l'histoire.</p><p><strong>Marc Chaunier</strong> débute le cinéma en amateur en 1958 en 8 mm. Il est alors <strong>pharmacien dans la commune de Reuilly</strong> et filme avec une caméra Bauer. Il s'attache à filmer de 1958 à 1981, quasiment toutes les éditions de cette foire aux vins !Vin emblématique du Berry, <strong>la création du vignoble Reuilly remonterait au VIIe siècle</strong>. "En 1365, le Duc de Berry, fils du Roi de France, édite une charte relative à la vente des vins de Reuilly. Elle sert également à fixer les dates des vendanges et le droit de percevoir des taxes sur la vente des vins"[1].</p><p>Malgré le phyloxera qui ravage la quasi-intégralité du vignoble au XIXe siècle, le vin de Reuilly, reconstitué par quelques vignerons, décroche ses lettres de noblesse avec l'<strong>obtention de l'A.O.C. en 1937 pour le blanc et en 1961 pour le rouge et le rosé</strong>.</p><p><strong>C'est en 1953</strong> que les viticulteurs de Reuilly, le comité des fêtes et les autorités locales décident de créer <strong>la première foire aux vins de Reuilly</strong>. Les festivités, comme à l'heure actuelle en 2017, se partagent entre dégustation de vins et des produits gastronomiques locaux, mais aussi une grande cavalcade de chars décorés parcourant les rues de la commune pour le plus grand bonheur des visiteurs toujours nombreux.</p><p>Ces festivités sont aussi l'occasion de voir défiler lors de cette grande cavalcade la "célèbre" confrérie vineuse de Reuilly (fondée en 1962 pour soutenir la promotion du vignoble et de son A.O.C.) : <strong>la Maîtrise des Échansons de Reuilly-en-Berry</strong>.</p><p class="textFrame"><strong>Le vignoble de Reuilly en chiffres</strong> : 253 hectares de vignoble, 6 communes productrices situées entre le Cher et l'Indre (Reuilly, Diou, Lury-sur-Arnon, Chéry, Lazenay, Preuilly), 48 producteurs, 33 domaines, 2 caves coopératives et 3 maisons de négociants.</p><p>[1] http://www.vins-centre-loire.com/fr/appellations/reuilly</p> Wed, 19 Apr 2017 08:30:18 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/carnets/la-foire-aux-vins-de-reuilly Découvrir Avec toi, sans toi <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/ragusa4.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">En 2011, lors du Mois du film documentaire à Issoudun, était présenté &nbsp;"Avec toi, sans toi" de Francesca Ragusa, film sur la vie tumultueuse de Josette Géraud, la jeune femme du peintre Henri Hayden.&nbsp;</p><p class="textRightFrame">Henri Hayden est un peintre français d'origine polonaise, né le 24 décembre 1883 à Varsovie et mort à Paris le 12 mai 1970. Après des études d'ingénieur à Varsovie, Hayden y étudie les beaux-arts. En 1907, il s'installe à Paris dans un atelier situé boulevard Saint-Michel. En 1908, il fréquente l'académie de peinture La Palette et passe l'été en Bretagne, notamment à Pont-Aven. Il participe pour la première fois en 1909 au Salon d'automne. Sa première exposition personnelle se tient en 1911 à la galerie Druet à Paris. À partir de 1912 son admiration pour Cézanne est telle que l'on qualifiera sa production jusqu'en 1914 de période « cézannienne ». À partir des années 1914-1915, Hayden fréquente les cubistes et, recommandé par Juan Gris, signe en 1915 un contrat d'exclusivité avec la galerie de L'Effort Moderne que dirige Léonce Rosenberg, ardent défenseur des cubistes. Dès 1922, pensant avoir “épuisé les ressources offertes par le Cubisme″, Hayden s'adonne à l'étude de la nature, à la recherche de nouvelles formes. Hayden a longtemps peint dans la vallée de l'Ourcq (Mareuil-sur-Ourcq, Oise).</p><p>Le vendredi <strong>8 avril 2011</strong>&nbsp;s'était tenue, dans la salle du cinéma L'Apollo de Châteauroux, une<strong> table ronde professionnelle</strong> dédiée aux différentes démarches cinématographiques impliquant des archives visuelles ou sonores. Cinq projets de films y ont été présentés par leurs réalisateurs, face à un public d'experts et de passionnés. Les échanges étaient animés par Didier Husson, délégué général du festival Les Écrans documentaires à Arcueil.&nbsp;</p><p>Francesca Ragusa, documentariste, présentait son projet&nbsp;<strong>Avec toi, sans toi </strong>alors en cours de montage. Le film relate la vie tumultueuse de Josette Géraud Hayden, épouse du peintre Henri Hayden et proche de Samuel Beckett. Le témoignage de Francesca Ragusa est illustré par plusieurs extraits de son film, où l'on découvre des conversations avec Josette Hayden et des moments où la vieille dame se replonge dans ses archives personnelles, parcourant de ses mains peintures, dessins, carnets intimes ou notes éparpillés... Le documentaire est émaillée d'images d'archives amateurs de nos confrères italiens de Home Movies.</p><p>Henri Hayden&nbsp;rencontre Josette Géraud, alors très jeune, avec qui il vivra jusqu’à sa mort. Sous l'occupation allemande, Henri Hayden et Josette se réfugient dans un premier temps en Auvergne où ils rencontrent Robert Delaunay et sa femme Sonia. Ils rejoignent Mougins sur la côte d'Azur, mais l'avancée allemande de 1943 amène Hayden à se réfugier à Roussillon d'Apt (Vaucluse) où il se lie d'amitié avec Samuel Beckett et sa femme. Avec Josette, sur les conseils de leur ami Samuel Beckett, ils s’installent d'abord à l'hôtel d'Ussy-sur-Marne puis dans une location à Fay-le-Bac (Seine-et-Marne). Ils achèteront leur maison à Reuil-en-Brie en 1964.</p><p><strong>Memoire vous propose de revoir cette présentation pour découvrir la génèse de ce projet qui fut ensuite présenté le samedi 26 novembre 2011 au Musée de l'Hospice Saint Roch à Issoudun.</strong></p><p>&nbsp;</p> Wed, 12 Apr 2017 07:37:22 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/studio-memoire/avec-toi-sans-toi Découvrir La manufacture de cierges Denis Cornu à Orléans <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/18102_538.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Notre parcours dans la vie économique de la région Centre-Val de Loire vous invite dans un domaine d'activité aujourd'hui totalement disparu dans les 6 départements : la ciergerie. Jean-Michel Jamin réalise un reportage dans l'entreprise Cornu à Orléans, qui se consacre à la fabrication de cierges et de bougies.</p><p><strong>Petit historique </strong>: La bougie est avec la lampe à huile la plus ancienne méthode d’éclairage. Dès 3000 ans avant Jésus Christ le principe était connu en Egypte et en Grèce. C'est au Moyen-âge qu'apparaît la bougie en cire d'abeille, plus spécialement utilisée par les seigneurs et le clergé. La bougie tire son nom de la ville de Bugaya en Algérie - connue sous les noms français <strong>"Bougie</strong>" et algérien "<strong>Béjaïa</strong>" - qui était réputée pour la qualité de ses chandelles faites de cire d'abeille qu'elle exportait en grande quantité en France. Au 19ème siècle, le chimiste angevin Eugène Chevreul révolutionne la fabrication de la bougie par la découverte d'un principe chimique qui permet de dédoubler un corps gras en glycérine et acide gras (la stéarine). Ces 2 éléments seront à la base d'une industrialisation massive de la bougie et du savon.</p><p>En 1958,&nbsp;<strong>Jean-Michel Jamin</strong>, alors âgé de 19 ans et&nbsp;déjà&nbsp;habile réalisateur, s'empare de sa caméra 8mm et décide de tourner dans les locaux de l'entreprise Cornu, place de la Croix Morin à Orléans. Denis Cornu est un ami de son père et laisse toute la liberté à ce jeune reporter en herbe. Chaque étape de fabrication est soigneusement filmée sous différents angles. Les commentaires de "Lueurs profanes et sacrées", dont il nous reste une trace écrite, sont lus dans un souci très pédagogique.</p><p><strong> Extrait</strong>&nbsp; : "Coupées à la longueur du futur cierge, les mèches sont graissées à la cire. De composition variable suivant les diocèses les pains de cire sont mis à fondre dans une cuve chauffée à la vapeur "... " De cette cire fondue, l'ouvrier enduit chaque mèche, où elle se fige en se refroidissant. Pratiquée depuis plusieurs siècles, cette opération se nomme le jetage ". On peut imaginer que dans les années 1950, la ferveur religieuse était telle, que les églises et surtout la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans devaient être les premiers clients de l'entreprise, avec des moments de grandes activités durant la période des communions, mariages et notamment des fêtes Johanniques du mois de mai.&nbsp;</p><p>Actuellement le marché de la bougie se porte bien avec l'engouement pour ce mode d'éclairage lors de fêtes familiales mais aussi pour obtenir chez soi une ambiance zen et naturelle. Cet objet ancestral est encore fabriqué, sous différentes formes, dans une quinzaine de départements français, de la ciergerie de Prémontrés à Tarascon jusqu'à la ciergerie Leroy de Boulogne-sur-Mer en passant par le Monastère Sainte Françoise Romaine à Le Bec-Hellouin dans l'Eure. Il subsiste une entreprise de ce type dans le Loiret, à Boynes, Eurobougie se consacre essentiellement à la bougie d'anniversaire et de fête. La ville de&nbsp;<strong style="background-color: #ffffff;">Nantes</strong>&nbsp;et sa région restent le centre de la production avec le groupe Devineau depuis 1803 et sa filiale "Bougies la Française" depuis 1902, installée à Cugand.</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p class="textImageDroite">Retrouvez un portrait complet du cinéaste amateur :&nbsp;Jean-Michel Jamin&nbsp;</p><p>Les cierges utilisés par ces jeunes communiants, filmés en 1943 par Emile Lauquin à Orléans, doivent bien certainement provenir de l'entreprise Denis Cornu. La dernière partie du film quitte les lueurs sacrées pour s'attacher aux lueurs profanes des bougies d'agrément et de décoration. On remarque, qu'autant le cierge répond à des critères invariables de longueur, de couleur et de forme, autant la bougie elle, peut revêtir les formes et les couleurs les plus variées. Jean-Michel Jamin termine son film avec des gros plans sur le travail de façonnage et de modelage des mains d'un ouvrier, qui semble se réjouir de pouvoir enfin donner libre cours à sa créativité.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p> Mon, 20 Mar 2017 11:00:52 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/la-manufacture-de-cierges-denis-cornu-orleans Découvrir La beauté cachée du lait <img src="http://memoire.ciclic.frhttp://medias.ciclic.fr/7010/thumbs/115/thum-089.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">À la fin des années 1950, André Godard, directeur de la laiterie de Brou, et Roland Prabonnaud, cadre dans le même établissement, utilisent un moyen moderne de communication : le cinéma. Ils veulent montrer la modernisation du traitement du lait, nécessaire pour répondre à une production et une demande toujours plus importantes.</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p>En 1899, <strong>Achille Hauser</strong>, médecin en région parisienne, crée les Laiteries Hauser pour encadrer la collecte de lait en province, au départ afin de nourrir les pensionnaires de son hospice. Devenues Laiterie Hauser en 1922 sous l'égide de son nouveau président, Armand Hauser, frère du précédent, l'établissement commence à développer des magasins à l'enseigne Laiterie parisienne - du Producteur au Consommateur. Ce n'est qu'en 1940, suite à une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, que la société anonyme prend définitivement le nom de <strong>La Laiterie Parisienne</strong>.</p><p>L'implantation des laiteries Hauser en région Centre-Val de Loire commence dès 1900. Située sur une propriété appartenant à Émile Baudin, ancien maire du village, <strong>celle de Brou est officiellement ouverte le 29 janvier 1911</strong>, mais sa mise en service est en fait effective dès 1905. Plus tard, entre 1933 et 1937, une nouvelle usine plus moderne sera construite.</p><p><strong>Le lait, un produit de plus en plus courant</strong></p><p>Au cours des années 1950, la production de lait augmente fortement sur le territoire français.</p><p>En 1954, le président du Conseil, Pierre Mendès-France, est inquiet des effets des carences nutritionnelles de l'après-guerre et de la consommation d'alcool précoce des français. Le 18 septembre à la radio, il annonce aux enfants des écoles<strong> la distribution quotidienne d'un verre de lait sucré</strong> pour être "studieux, solides, forts et vigoureux" (cette décision s'applique également aux jeunes soldats).</p><p>Si "il n'y a pas de meilleur placement pour un pays que de mettre du lait dans ses enfants", selon Winston Chruchill, cette décision cache une autre réalité : il faut écouler les excédents de lait dont la production a fortement augmenté en raison d'<strong>évolutions marquant l'agriculture française</strong>.Ainsi l<strong>a motorisation de l'agriculture</strong> porte un coup sérieux à l'élevage du cheval de trait et, dans beaucoup d'exploitations, il est remplacé, en tant qu'utilisateur des ressources fourragères, par la vache laitière. Elle est aussi de plus en plus préférée à la brebis et à la chèvre car sa période de lactation est plus longue, la vente de son lait permettant ainsi tout au long de l'année d'assurer la trésorerie courante d'une exploitation. Enfin,<strong> les petites vignes à faible rendement sont abandonnées</strong> devant la concurrence des vignes à haut rendement des plaines méridionales de la France et laissent le plus souvent place à de l'herbage destiné à l'alimentation de troupeaux laitiers.</p><p><strong>Des évolutions de société nécessitant une évolution technique</strong></p><p class="textLeftFrame">La laiterie de Brou en 1953</p><p>Pour répondre à cette hausse de la production de lait sur le territoire français, il faut <strong>passer d'un modèle artisanal à une production de masse</strong>. Sous l'égide de monsieur André Godard, et avec l'aide du plan Marshall, la laiterie de Brou se modernise donc durant les années 1950.</p><p class="textRightFrame">De gauche à droite, Aloys Wolf, directeur de la laiterie de Fontaine -Simon, Louis Descours, PDG de La Laiterie Parisienne, et André Godard, directeur de la laiterie de Brou et réalisateur du film sur celle-ci.</p><p>La combinaison des camions et des trains permet de faire tourner à plein le réseau de collecte et d'acheminement du lait, même si la modernité entraîne aussi des problèmes comme le montre le camion renversé dans un fossé.</p><p>Mais les plus fortes modernisations ont lieu au sein même de la laiterie.Le premier élément à être optimisé est l'<strong>arrivée même du lait dans l'établissement</strong>. Le "quai d'hier", où l'ensemble du travail se fait à la main, du vidage au lavage des bidons pesant jusqu'à 50 kgs, disparaît au profit d'un circuit sur rail. Les ouvriers installent les bidons sur cette chaîne, ôtent les couvercles au-dessus du bac de récupération puis le bidon, une fois vide, continue d'avancer vers la laveuse.L'autre activité impactée par la modernisation est l'embouteillage. La laiterie de Brou est l'une des premières, en France, à <strong>mettre le lait en bouteille et en tétrapack</strong> (emballage de forme tétraédrique crée en 1943). Dès 1950, deux chaînes d'embouteillage sont installées dans l'établissement et une chaîne de tétrapacks est mise en service. Si la mise en casier et le chargement des bouteilles restent manuels, l'automatisation de la chaîne d'embouteillage permet tout de même de sortir jusqu'à 110 000 bouteilles par jour.</p><p>La laiterie de Brou a définitivement fermé ses portes le 31 janvier 1986 mais, grâce au regard d'André Godard, son activité perdure dans notre mémoire...</p> Tue, 14 Mar 2017 11:03:45 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/la-beaute-cachee-du-lait Découvrir