Mémoire, la petite et la grande histoire de votre région sur ciclic.fr Toutes les nouveautés de la chaine Mémoire Sat, 25 Mar 2017 17:30:45 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/ La beauté cachée du lait <img src="http://memoire.ciclic.frhttp://medias.ciclic.fr/7010/thumbs/115/thum-089.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">À la fin des années 1950, André Godard, directeur de la laiterie de Brou, et Roland Prabonnaud, cadre dans le même établissement, utilisent un moyen moderne de communication : le cinéma. Ils veulent montrer la modernisation du traitement du lait, nécessaire pour répondre à une production et une demande toujours plus importantes.</p><p class="textImageDroite">&nbsp;</p><p>En 1899, <strong>Achille Hauser</strong>, médecin en région parisienne, crée les Laiteries Hauser pour encadrer la collecte de lait en province, au départ afin de nourrir les pensionnaires de son hospice. Devenues Laiterie Hauser en 1922 sous l'égide de son nouveau président, Armand Hauser, frère du précédent, l'établissement commence à développer des magasins à l'enseigne Laiterie parisienne - du Producteur au Consommateur. Ce n'est qu'en 1940, suite à une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, que la société anonyme prend définitivement le nom de <strong>La Laiterie Parisienne</strong>.</p><p>L'implantation des laiteries Hauser en région Centre-Val de Loire commence dès 1900. Située sur une propriété appartenant à Émile Baudin, ancien maire du village, <strong>celle de Brou est officiellement ouverte le 29 janvier 1911</strong>, mais sa mise en service est en fait effective dès 1905. Plus tard, entre 1933 et 1937, une nouvelle usine plus moderne sera construite.</p><p><strong>Le lait, un produit de plus en plus courant</strong></p><p>Au cours des années 1950, la production de lait augmente fortement sur le territoire français.</p><p>En 1954, le président du Conseil, Pierre Mendès-France, est inquiet des effets des carences nutritionnelles de l'après-guerre et de la consommation d'alcool précoce des français. Le 18 septembre à la radio, il annonce aux enfants des écoles<strong> la distribution quotidienne d'un verre de lait sucré</strong> pour être "studieux, solides, forts et vigoureux" (cette décision s'applique également aux jeunes soldats).</p><p>Si "il n'y a pas de meilleur placement pour un pays que de mettre du lait dans ses enfants", selon Winston Chruchill, cette décision cache une autre réalité : il faut écouler les excédents de lait dont la production a fortement augmenté en raison d'<strong>évolutions marquant l'agriculture française</strong>.Ainsi l<strong>a motorisation de l'agriculture</strong> porte un coup sérieux à l'élevage du cheval de trait et, dans beaucoup d'exploitations, il est remplacé, en tant qu'utilisateur des ressources fourragères, par la vache laitière. Elle est aussi de plus en plus préférée à la brebis et à la chèvre car sa période de lactation est plus longue, la vente de son lait permettant ainsi tout au long de l'année d'assurer la trésorerie courante d'une exploitation. Enfin,<strong> les petites vignes à faible rendement sont abandonnées</strong> devant la concurrence des vignes à haut rendement des plaines méridionales de la France et laissent le plus souvent place à de l'herbage destiné à l'alimentation de troupeaux laitiers.</p><p><strong>Des évolutions de société nécessitant une évolution technique</strong></p><p class="textLeftFrame">La laiterie de Brou en 1953</p><p>Pour répondre à cette hausse de la production de lait sur le territoire français, il faut <strong>passer d'un modèle artisanal à une production de masse</strong>. Sous l'égide de monsieur André Godard, et avec l'aide du plan Marshall, la laiterie de Brou se modernise donc durant les années 1950.</p><p class="textRightFrame">De gauche à droite, Aloys Wolf, directeur de la laiterie de Fontaine -Simon, Louis Descours, PDG de La Laiterie Parisienne, et André Godard, directeur de la laiterie de Brou et réalisateur du film sur celle-ci.</p><p>La combinaison des camions et des trains permet de faire tourner à plein le réseau de collecte et d'acheminement du lait, même si la modernité entraîne aussi des problèmes comme le montre le camion renversé dans un fossé.</p><p>Mais les plus fortes modernisations ont lieu au sein même de la laiterie.Le premier élément à être optimisé est l'<strong>arrivée même du lait dans l'établissement</strong>. Le "quai d'hier", où l'ensemble du travail se fait à la main, du vidage au lavage des bidons pesant jusqu'à 50 kgs, disparaît au profit d'un circuit sur rail. Les ouvriers installent les bidons sur cette chaîne, ôtent les couvercles au-dessus du bac de récupération puis le bidon, une fois vide, continue d'avancer vers la laveuse.L'autre activité impactée par la modernisation est l'embouteillage. La laiterie de Brou est l'une des premières, en France, à <strong>mettre le lait en bouteille et en tétrapack</strong> (emballage de forme tétraédrique crée en 1943). Dès 1950, deux chaînes d'embouteillage sont installées dans l'établissement et une chaîne de tétrapacks est mise en service. Si la mise en casier et le chargement des bouteilles restent manuels, l'automatisation de la chaîne d'embouteillage permet tout de même de sortir jusqu'à 110 000 bouteilles par jour.</p><p>La laiterie de Brou a définitivement fermé ses portes le 31 janvier 1986 mais, grâce au regard d'André Godard, son activité perdure dans notre mémoire...</p> Tue, 14 Mar 2017 11:03:45 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/la-beaute-cachee-du-lait Découvrir Pierre Panis et les bourrées du Haut-Berry <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/18526_panis2.JPG" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Né en 1911 à Pellevoisin, de parents instituteurs, Pierre Panis est dès son enfance bercé dans l’univers des traditions et de la culture berrichonne sous toutes ses formes. Si dès les années 1930, il s'attache à collecter coutumes, danses, chants, musiques et costumes berrichons du Bas-Berry, ce n’est qu’à partir de la fin des années 1940 qu’il s’immerge dans les danses traditionnelles du Haut-Berry qui seront mises en images sous sa direction aux Grandes Poteries à Neuvy Deux Clochers dans le Cher.</p> <p>Baigné dans l’univers de la danse et de la musique berrichonne dès l’âge de 7 ou 8 ans, <strong>Pierre Panis a gardé le goût et l’intérêt pour cette culture du Bas-Berry</strong>. Après des études au lycée Jean Giraudoux à Châteauroux et au lycée professionnel d’Argenton-sur-Creuse, il «&nbsp;monte&nbsp;» à la capitale pour étudier à l’école des Arts Décoratifs.</p> <p>C’est sensiblement à la même période qu’<strong>en 1936 qu’il créé le groupe folklorique «&nbsp;Le Berry&nbsp;»</strong> qui s'est donné pour tâche de recueillir, conserver, faire connaître tout ce que recouvre le patrimoine culturel du Berry.</p> <p><strong>Nommé en 1945</strong> instructeur national puis conseiller technique et pédagogique auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports,<strong> il décide d’orienter ses collectes, recherches et enquêtes sur le Haut-Berry</strong>, notamment sur un tout petit hameau du Cher qui ne compte alors que 29 habitants&nbsp;: les Grandes Poteries (commune de Neuvy Deux Clochers).</p> <p>Accompagné de Madeleine Surnom, Roger Pearron (fondateur des Thiaulins de Lignières), Paul Chauvin et d’autres, Pierre Panis organise des stages de danses qui rassemblent des danseurs (jeunes et moins jeunes) de l’endroit et des environs&nbsp;; «&nbsp;personnes qui tiennent leur savoir-faire de l’entre-deux-guerres et des bals clandestins&nbsp;»[1]. Il y découvre ce qui fait toute la caractéristique de ces bourrées&nbsp;du Haut Berry : une danse à trois temps qu’elle soit droite, croisée ou tournante, à deux, à trois ou à quatre, «&nbsp;cutée&nbsp;» ou encore celle où l'on danse pour s'amuser, « la bourrée des crapauds».</p> <p><strong>C’est accompagné d’opérateurs de prises de vues détachés du Ministère de la Jeunesse et des Sports, sous sa coordination artistique, que sont tournées en 1949 ces séquences inédites (supprimées au montage) du film&nbsp; «&nbsp;Danses Berrichonnes&nbsp;».</strong></p><p>&nbsp;</p> <p>[1] «&nbsp;Le Berry et ses bourrées&nbsp;» / Yves Guilcher, Solanges Panis et Naïk Raviart (Geste éditions, 2016), p 22.</p> Mon, 13 Mar 2017 16:34:40 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/pierre-panis-et-les-bourrees-du-haut-berry Découvrir Georges Mathieu, dans l'intimité de sa maison <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/portrait.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Cicilc poursuit la mise en valeur des images d'art de ses collections et vous invite à rencontrer Georges Mathieu. Gloire médiathique, Paris Match lui consacre de multiples reportages. En 1963, il illustre une superbe campagne publicitaire pour Air France. En 1973, il crée le revers d'une pièce de 10 francs et en 1975, illustre le nouveau logo d'Antenne 2.</p><p>Celui qu'André Malraux nomme en 1951 <strong>"le calligraphe occidental"</strong>, se lance dans la peinture en 1942, âgé d'une vingtaine d'années, et devient vite le chantre de "l'abstraction lyrique" en réaction aux formes classiques et régulières de l'art abstrait géométrique (travaillé entre autres par Piet Mondrian, Francis Picabia ou Fernand Léger). Georges Mathieu se libère de ses contraintes et promeut une création uniquement dictée par l'émotion, dans un geste rapide et instinctif.</p><p class="textRightFrame">Né en 1901 dans le Puy de Dôme, Joseph Forêt est un aventurier du XXe siècle. Orphelin dès l’âge de 5 ans, élevé par sa grand-mère dans une pauvreté certaine, il quitte très vite sa ville natale pour vivre de petits boulots aussi divers que précaires. En 1941, il vit du négoce de timbres et se lance dans l’édition d’art avec plusieurs ouvrages de qualité pour les enfants, une revue philatélique, et l’édition de cartes postales. C'est à partir des années 50 qu'il se lance dans l'édition de livres d’art à tirage limité&nbsp;: ses débuts remarquables le font collaborer avec Picasso pour&nbsp;Les Cavaliers d'ombre&nbsp;de Geneviève Laporte. Puis il collabore avec des grands noms comme André Maurois, Maurice Utrillo, Cécil Saint-Laurent, Salvador Dali, Jean Cocteau...</p><p><strong>Remarqué en 1947 dans plusieurs salons et galeries</strong>, où certains critiques d'art le défendent en même temps qu'il en déconcerte d'autres, l'artiste surprend par son approche calligraphique qui s'inspire notamment de la calligraphie orientale. Tout en continuant d'alimenter de <strong>violentes confrontations</strong> avec la peinture figurative lors d'expositions collectives et conférences (avec le soutien d'autres peintres comme Jackson Pollock ou Otto Wols), ou par l'écriture de textes manifestes (voir la querelle avec André Breton, grand théoricien du surréalisme), Georges Mathieu enchaîne rapidement les expositions particulières, en France puis à travers le monde. Il offre alors sa peinture en spectacle à travers <strong>«&nbsp;l'action painting&nbsp;»</strong> où la spontanéité du geste est mise en valeur. Il triomphe à Tokyo en 1957 en réalisant des peintures de 15 mètres devant le public, et des rétrospectives de ses œuvres sont organisées à partir de 1959, en Suisse, en Allemagne, à New-York et à Paris.</p><p><strong>C'est donc un artiste controversé mais en pleine gloire que Joseph Forêt sollicite pour son plus grand projet d'édition, l'Apocalypse de Saint-Jean,</strong> une livre-monument qui fera le tour du monde pendant la décennie 1960, avec un casting génial et hétéroclite qui réunit entre autres Salvador Dali, Jean Cocteau, Foujita, Jean Giono, Daniel-Rops ou encore Bernard Buffet. Dans le film de long-métrage consacré à cette aventure, l'éditeur d'art décrit Mathieu comme "le décrié, le suspect, le fou, le grand, le démentiel, le spectaculaire, l'abstrait lyrique, l'acteur de ses oeuvres, le peintre français le plus exposé dans le monde, exposé dans les musées en même temps qu'au quolibet".</p><p>&nbsp;</p> <p><strong class="textSubSubTitle">Peintre lyrique, acteur et graveur</strong></p><p>&nbsp;&nbsp;<strong>Parmi les images qui n'ont pas été choisies pour le montage final, on découvre Georges Mathieu mis en scène par Joseph Forêt, dans son hôtel particulier de Neuilly</strong>. Pour l'occasion, l'artiste a revêtu un kimono clinquant et accueille l'éditeur dans une décoration faite de rideaux ocres et rouges, de bustes tournés face aux murs, de boiseries sculptées, et de photographies et œuvres du peintre. Si le geste spontané est revendiqué dans la peinture abstraite lyrique dont Georges Mathieu est devenu le maître, il n'en demeure pas moins qu'un besoin de <strong>mise en scène théâtrale</strong> existe avant, pendant et après la création. L'artiste se montre rapide mais précis dans l'installation de sa table de travail, dans le choix de ses plumes et l'alignement de ses encres, garde son costume d'apparat malgré la gêne provoquée par ses larges manches, se plonge dans un état de concentration presque cérémonial, puis apparaît sur son lit, absorbé et grave dans ses méditations. Même si Joseph Forêt met tout en scène, la caméra permet de capter <strong>le processus de création au plus près</strong>, bien plus près que ce qui peut se dégager des happenings où Mathieu aime peindre devant le public.</p><p>&nbsp;&nbsp;Après la création instinctive, place à la réflexion et la reproduction&nbsp;: pour l'édition des sept exemplaires de l'Apocalypse, <strong>Mathieu a gravé sur cuivre pour la première fois</strong>.&nbsp; On le voit ici se rendant chez l'un des plus talentueux graveur de l'époque, Jacques Frélaut, à l'atelier Lacourière-Frélaut en plein cœur de Montmartre. D'après une trentaine d'épreuves, Forêt et lui en ont choisi trois. Tout comme les <strong>trois œuvres réalisées sur parchemin</strong> à la peinture et à l'encre pour lesquelles Mathieu a réalisé de nombreuses peintures avant d'aboutir à trois œuvres pour illustrer le texte biblique La chute de Babylone. Loin de l'image caricaturale de l'abstraction lyrique qui serait uniquement fondée sur une création rapide, instinctive et unique, <strong>Mathieu dévoile ici que des essais, des reproductions, le temps nécessaire à la réflexion, la mise à distance et le travail collectif avec un éditeur ou un graveur peuvent aussi faire partie de son art.</strong></p><p>&nbsp;</p><p>D'autres images seront bientôt à découvrir dans la version complète du film sur l'Apocalypse : le geste de la plume de Mathieu qui glisse sur le parchemin, le choix des couleurs et l'encrage des cuivres à l'atelier Lacourière-Frélaut...</p> Mon, 06 Mar 2017 09:44:16 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/georges-mathieu-dans-lintimite-de-sa-maison Découvrir Les Maroquineries de l'Indre <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/1900-maroquinerie-indre-issoudun-1972.jpg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">Les Établissements Nicolas qui deviendront « Les Maroquineries de l’Indre» au milieu des années 1960, font partie intégrante de l’histoire et de la tradition des métiers du cuir à Issoudun. Focus sur cette entreprise familiale qui a débuté en 1916 son activité de maroquinerie dans la ville.</p><p class="textRightFrame"><strong>Daniel Nicolas</strong> est né le 8 mars 1923 à Issoudun.<strong> Il tourne des films en 8mm à partir de 1946 témoignant de son engagement dans le mouvement scout, des petits et grands évènements de la vie issoldunoise mais aussi de son activité professionnelle de maroquinier</strong>. Il est membre du Caméra Club d'Issoudun et de compagnies de théâtre (Les Compagnons de la Tour Blanche et le Grenier à Sel). Conseiller puis président de la Caisse d'Épargne jusqu'en 1983 et conseiller de la Banque de France, fondateur du Lion's Club d'Issoudun en 1964, Croix de la Légion d’Honneur en 1988, <strong>Daniel Nicolas a également joué un rôle important dans le développement de la section cuir du Lycée d’Éducation Professionnelle de la Ville d’Issoudun.</strong></p><p><strong>Dès le Moyen-Âge, Issoudun est connu pour ses travailleurs du cuir que ce soit les parcheminiers, les mégissiers, les tanneurs.</strong> C’est une activité prospère.</p><p>Au 18e siècle, la rivière la Théols est forcée pour que les artisans puissent s’installer sur ses rives. De nombreux élevages de moutons dans la Champagne berrichonne autour d’Issoudun ont favorisé l’implantation et la mise en place de tanneries et de mégisseries à Issoudun. Les créations de mégisseries ont elles-mêmes entrainé la création de maroquinerie.</p><p><strong>C’est ainsi qu’en 1916, Emilien Nicolas fonde l’entreprise familiale « Les Établissements Nicolas »</strong>. Son fils, Daniel Nicolas, né en 1923, commence le métier en 1942. Alors qu’il se destinait à la marine marchande, c’est plutôt du côté de la maroquinerie familiale qu’il s’oriente après des années d’enfance où il s’amusait dans les ateliers à monter des boutons-pression ou fabriquer des porte-monnaie.</p><p><strong>En 1966</strong>, Daniel Nicolas reprend <strong>l’entreprise familiale qui devient alors « Les Maroquineries de l’Indre »</strong>. En 1972, les ateliers de la place de la Croix de Pierre devenus trop petits pour la modernisation et la rationalisation de l’activité, sont déplacés vers les nouveaux locaux de l’entreprise, route de Migny.</p><p>Cette nouvelle usine marque un tournant dans les activités de l’entreprise familiale. <strong>Le nombre d’employés passe de 125 à 170 ouvriers (75% de femmes et 25% d’hommes)</strong>.<strong> La productivité augmente de 25%</strong> et jusqu’en 1980 l’établissement tourne à plein régime.</p><p>La décennie 1980 marque cependant un ralentissement pour la maroquinerie française en général, que ce soit pour la fabrication ou le commerce. Beaucoup de maisons disparaissent et ne s’en sortent que les usines travaillant à l’exportation et dans le luxe.</p><p>C’est dans ce contexte qu’à la fin 1988, « Les Maroquineries de l’Indre », déjà sous-traitantes pour Vuitton, sont vendues à la marque de haut luxe. <strong>Des 450 employés que compte « Les Maroquineries de l’Indre » tous seront embauchés chez Vuitton.</strong></p><p class="textFrame"><strong>Profitez jusqu'au 9 avril 2017 pour découvrir au Musée Saint-Roch à Issoudun l'exposition "Louis Vuitton, 100 ans de maroquinerie</strong>" : https://www.museeissoudun.tv/actualite.49.louis-vuitton-issoudun-100-ans-de-maroquinerie-du-11-fevrier-au-9-avril-2017.html</p><p>&nbsp;</p> Wed, 22 Feb 2017 09:27:34 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/instantanes/les-maroquineries-de-lindre Découvrir Les Missionnaires du ciel <img src="http://memoire.ciclic.fr/sites/default/files/14910_12011_Taphanel_portrait_0.jpeg" align="left" vspace="5" hspace="10" width="120"/><p class="textChapo">&nbsp;Saviez-vous que la région Centre-Val de Loire partageait avec le Massachusetts (USA), le privilège d’avoir eu la seule école de pilotage pour religieuses et prêtres missionnaires?</p><p>Cette formation spécifique, l’aérodrome d’Issoudun-Le Fay la doit à l’initiative du père <strong>Paul Taphanel</strong>. Les Missionnaires du Sacré-Cœur, femmes et hommes, oeuvrent sur quatre continents, dans des contrées parfois très difficilement accessibles comme en Papouasie-Nouvelle Guinée et les îles Gilbert (République de Kiribati). <strong>En 1968, Issoudun est, avec Newton, la 2e ville dans le monde à former des pilotes missionnaires.</strong></p> <p class="textRightFrame"><strong>Paul Taphanel</strong>, curé de Plou (Cher) entre 1955 et 1992, fut avant les années 1950 l’un de ces missionnaires-explorateurs partis diffuser la parole sainte en Papouasie. Il en écrira un livre « Avec les Papous » (1966), et tournera un film « Avec les derniers mangeurs d’hommes » (1960). Toute sa vie il fera l’éloge de ce peuple avec lequel il avait créé une véritable relation. De cette douzaine d’année passée en Papouasie-Nouvelle Guinée, il avait gardé la certitude que les missionnaires devaient non seulement se débrouiller seuls mais également s’adapter aux nouvelles inventions et les appliquer à la mission qu’on leur avait assignée. De retour dans le Berry, il s’intéresse à l’aviation et se lance dès 1965 dans la construction d’un autogire, qui vola et fut abrité à l’aérodrome d’Issoudun-Le Fay. Pour se déplacer il utilisait souvent ce gyrocoptère qu’il s’était fabriqué lui-même et s’agrémentait aux beaux jours de balades dans le ciel du Berry.</p> <p>Cet engouement des missionnaires du Sacré-Cœur pour l’aviation trouve peut-être son origine auprès du <strong>Frère Léon Bourjade</strong> (1889-1924), breveté pilote à Avord en juin 1917 après avoir passé 3 années sur le front dans le 23e RA de Toulouse. Celui qui fut l’un des as de l’aviation française (86 combats, 28 victoires) en 14-18 n’avait qu’une idée en tête, savoir piloter pour être utile en Océanie et accéder rapidement à des contrées perdues. La guerre finie, il accomplit son projet en 1921 et rejoint Yule Island, île du golfe des Papous, où il meurt de maladie en octobre 1924.</p> <p>&nbsp;</p><p>&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p><strong>En août 1968, Bernard Petiot, reporter aux Actualités Gaumont, réalise un reportage de 2 minutes sur cette école singulière.</strong> Il commente : «&nbsp;Tous les Dimanches, après avoir célébré la Messe, cet ancien missionnaire anime l'Aéro Club des Frères du SACRE COEUR, pour donner des ailes aux passagers de l'Evangile. Secondé par un moniteur, il forme des pilotes, non pour qu'ils soient dans le vent, mais pour qu'ils gagnent du temps et qu'ils puissent en moins d'une heure visiter les ouailles, alors qu'il leur faudrait normalement un mois et demi de marche épuisante pour parvenir jusqu'à eux. Lorsqu'il évoque ses douze années chez les Papous, le Père TAPHANEL avoue qu'après avoir appris à monter à cheval et à conduire une jeep, il était tout naturellement passé à l'avion».</p><p>A bord de l'appareil d'entraînement baptisé "Frère EUGENE" en souvenir du premier Missionnaire du Ciel, mort aux commandes d'un avion, le Père TAPHANEL repère les terrains les plus difficiles, pour habituer ses élèves aux atterrissages en brousse. <strong>La section de pilotage était ouverte du 1er avril au 25 août</strong>, l’heure de vol coûtait 51 francs (soit aujourd’hui l’équivalent de 61€ - ref. Insee) dont 20% était remboursé par l’œuvre, il fallait 40 heures de vol dont 10 heures seul à bord pour passer son brevet, les stagiaires étaient logés pour 10 Frs chez les Chapelains de la Basilique Notre-Dame du Sacré-Cœur à Issoudun.</p> <p><strong>La gyraviation</strong><strong></strong></p><p>Dans le film "La Gyraviation", le Père Taphanel développe son hobby, le <strong>gyroptère ou autogire</strong> ou encore gyroplane, appareil très léger et individuel qui permet presque de voler comme un oiseau. Nous sommes dans les années 60, cet engin conçu en 1923 par l'espagnol Juan de la Cierva, fait l'objet de plusieurs constructions individuelles présentées sur l'aérodrome d'Issoudun-Le Fay. Le père est présent avec sa construction personnelle que l'on remarque à sa couleur orange et sa fragilité apparente. Citons Christian Benz dans la Chronique du Berriaud qui semble avoir bien connu cette époque «&nbsp;lorsque nous étions gamins, sans même lever les yeux, rien qu’au bruit nous reconnaissions l’incroyable engin passer dans les airs&nbsp;: Tiens, c’est Taphanel qui dit la messe aux moineaux! plaisantions-nous&nbsp;».</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p><strong>La région Centre-Val de Loire est, dès la fin du XIXe siècle, le terrain de jeu des aviateurs, ingénieurs, mécaniciens et entrepreneurs.</strong></p><p><strong>&nbsp;</strong>La Première Guerre Mondiale ne fera qu’amplifier cet essor avec les camps d’aviation d’Avord (Cher) près de Bourges, l’Ecole d’Aviation militaire de Châteauroux (Indre) et l’éphémère Third Aviation Camp américain (1917-1919) entre Vatan et Issoudun (Indre). La fermeture du Centre O.T.A.N. d’approvisionnement de Châteauroux et le départ définitif des américains à la fin des années 1960 sonnera la fin de cette épopée mais libère les initiatives populaires largement développées dès 1936 puis 1947. L’aviation de loisir prend le relais dès 1947, planeurs et biplans occupent les nombreux terrains, les chefs d’entreprise se déplacent en avion de tourisme afin de compenser le réseau routier et faciliter leurs échanges commerciaux y compris avec l’étranger.</p><p><strong>Il existe aujourd’hui une trentaine d’aéro-clubs dynamiques dans la région Centre-Val de Loire.</strong></p> Thu, 16 Feb 2017 13:56:50 +0000 GMT http://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/les-missionnaires-du-ciel Découvrir