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Publié le 11 Avril 2018

Le Centre a le nucléaire

Avec 58 réacteurs nucléaires répartis sur 19 sites pour une puissance totale de 63GW, la France, dont la part d'électricité d'origine nucléaire est la plus élevée (77 % en 2014), représente le second parc mondial de centrales nucléaires derrière les États-Unis.

Avec sur son territoire 12 réacteurs répartis sur 4 centrales, la région Centre-Val de Loire est la seconde région la plus nucléarisée en France après Auvergne-Rhônes-Alpes, qui compte 14 réacteurs sur 4 centrales. Quatre communes de la région vivent au quotidien près d'une centrale nucléaire : Belleville-sur-Loire, Dampierre-en-Burly, Avoine près de Chinon et Saint-Laurent-des-Eaux.

Les unités de production de la centrale de Belleville-sur-Loire sont mises en service en 1987 et en 1988, sur un site notamment choisi pour sa proximité avec la région parisienne, grande consommatrice d'énergie. Aucune caméra amateur ne semble s'être arrêtée sur cet édifice (voir encadré) et la seule courte séquence concernant Belleville ne montre que son église dominant le paysage au loin en 1965.

Mais de nouveaux clochers en béton vont apparaître dans la campagne et susciter la curiosité. Ainsi, en 1977, alors que la centrale de Dampierre-en-Burly n'est pas encore connectée au réseau (elle le sera en 1981), monsieur Robiteau en promenade familiale filme un bâtiment dont la silhouette est encore une nouveauté dans l'environnement : une tour de refroidissement. Et, dans la même période, Guy Pionnier se film en famille aux abords de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux.
Ces bâtiments impressionnent et, dans un article du 19 octobre 1972, soit deux ans avant le début du chantier, le Journal de Gien anticipe ce sentiment en titrant "la centrale nucléaire de Dampierre ressemblera à une colossale forteresse dont les huit tours seront plus hautes que la grande pyramide d'Égypte".

Le fonds du Pôle Patrimoine de l'agence CICLIC ne comporte encore aucune image de la commune de Belleville-sur-Loire, et par conséquent de sa centrale. Si vous, ou l'un de vos proches, avez un ou des films la montrant, ou si vous avez connaissance de telles images, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : collecte@ciclic.fr.

Derrière ces grandes tours s'imposant dans le décor se cachent des technologies avancées et sensibles, nécessitant des années pour les construire et les équiper. Ces gigantesques travaux se déroulent parfois sous l'oeil de cinéastes amateurs filmant l'édification de ces cathédrales de l'énergie.
Dans les années 1960, Michel Aubert filme une délicate opération dans la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux : la pose du graphite dans le réacteur A1 qui sera mis en service en 1969 (et qui sera arrêté en avril 1990). Et, en 1974, Jean-Pierre Lapeyre, agent EDF, tourne des images de l'immense chantier de construction des nouveaux réacteurs, à eau pressurisée, de la même centrale.
Dans les années 1970, la centrale de Chinon à Avoine abandonne la technologie des réacteurs graphite-gaz qu'elle remplace par des réacteurs à eau pressurisée. Travaillant sur cet immense chantier, Jean-Claude Bertrand, responsable du matériel dans l'entreprise blésoise Salviam Brun, filme les travaux qui dureront jusqu'à la mise en service du premier réacteur en 1984.

Voici donc le regard des cinéastes amateurs sur l'arrivée dans les campagnes d'une technologie complexe du XXème siècle.