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Publié le 3 Avril 2019

Réfugiés espagnols à Orléans

En 1939, Pierre Villiaume, cinéaste amateur d'Orléans, filme des femmes et des enfants réunis en nombre près de la salle des fêtes de sa ville. Ce sont des réfugiés espagnols de la Retirada.

La prise de Barcelone par les armées de Franco, le 26 janvier 1939, signe la fin de la Guerre civile espagnole et la défaite du camp républicain. Quand la Catalogne, dernier sanctuaire des défenseurs de la République, tombe aux mains des franquistes, plus de 450 000 personnes fuient l'Espagne et partent pour la France en passant par les cols des Pyrénées orientales et des montagnes ariegeoises ou par le poste frontière de Cerbère. C'est la Retirada, l'exode massif des réfugiés espagnols de la guerre civile.

Sur instruction des autorités françaises, les hommes de 18 à 50 ans sont dans l'obligation de rester dans les camps d'internement du Sud de la France, édifiés à la hâte le long de la frontière. Les familles sont donc séparées. Des départements sont identifiés pour recevoir les femmes, les enfants et les vieillards, et ils sont plus de 70 à accueillir ces réfugiés civils dans des structures mises en place par les municipalités.

Ainsi, en février 1939, deux convois ferroviaires entrent en gare d'Orléans. Ils transportent 1500 femmes et enfants qui sont pris en charge et hébergés dans la salle des fêtes de la ville.
Alors Pierre Villiaume, qui n'a que 23 ans, ne saisit pas la caméra 8mm qu'il utilise habituellement pour filmer des souvenirs familiaux. Tel un reporter, il prend une caméra semi-professionnelle 16mm pour saisir la réalité de son époque et ainsi touner ces images de l'Histoire en cours au sein même de sa ville. Et, malgré des conditions d'accueil difficiles et des restrictions de liberté, symbolisées ici par les barrières séparant le cinéaste des réfugiés, les visages qu'il filme ne semblent pas tristes. Ils sont même majoritairement souriants, certainement apaisés d'avoir trouver un refuge loin du chaos de la guerre.

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