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Publié le 13 Mars 2017

Pierre Panis et les bourrées du Haut-Berry

Né en 1911 à Pellevoisin, de parents instituteurs, Pierre Panis est dès son enfance bercé dans l’univers des traditions et de la culture berrichonne sous toutes ses formes. Si dès les années 1930, il s'attache à collecter coutumes, danses, chants, musiques et costumes berrichons du Bas-Berry, ce n’est qu’à partir de la fin des années 1940 qu’il s’immerge dans les danses traditionnelles du Haut-Berry qui seront mises en images sous sa direction aux Grandes Poteries à Neuvy Deux Clochers dans le Cher.

Baigné dans l’univers de la danse et de la musique berrichonne dès l’âge de 7 ou 8 ans, Pierre Panis a gardé le goût et l’intérêt pour cette culture du Bas-Berry. Après des études au lycée Jean Giraudoux à Châteauroux et au lycée professionnel d’Argenton-sur-Creuse, il « monte » à la capitale pour étudier à l’école des Arts Décoratifs.

C’est sensiblement à la même période qu’en 1936 qu’il créé le groupe folklorique « Le Berry » qui s'est donné pour tâche de recueillir, conserver, faire connaître tout ce que recouvre le patrimoine culturel du Berry.

Nommé en 1945 instructeur national puis conseiller technique et pédagogique auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports, il décide d’orienter ses collectes, recherches et enquêtes sur le Haut-Berry, notamment sur un tout petit hameau du Cher qui ne compte alors que 29 habitants : les Grandes Poteries (commune de Neuvy Deux Clochers).

Accompagné de Madeleine Surnom, Roger Pearron (fondateur des Thiaulins de Lignières), Paul Chauvin et d’autres, Pierre Panis organise des stages de danses qui rassemblent des danseurs (jeunes et moins jeunes) de l’endroit et des environs ; « personnes qui tiennent leur savoir-faire de l’entre-deux-guerres et des bals clandestins »[1]. Il y découvre ce qui fait toute la caractéristique de ces bourrées du Haut Berry : une danse à trois temps qu’elle soit droite, croisée ou tournante, à deux, à trois ou à quatre, « cutée » ou encore celle où l'on danse pour s'amuser, « la bourrée des crapauds».

C’est accompagné d’opérateurs de prises de vues détachés du Ministère de la Jeunesse et des Sports, sous sa coordination artistique, que sont tournées en 1949 ces séquences inédites (supprimées au montage) du film  « Danses Berrichonnes ».

 

[1] « Le Berry et ses bourrées » / Yves Guilcher, Solanges Panis et Naïk Raviart (Geste éditions, 2016), p 22.