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Publié le 15 Novembre 2017

Peintres de lumières

Le cinéaste orléanais Jean-François Lambert, que l'on ne présente plus (figure du Photo-Ciné-Club d'Orléans et auteur de nombreuses fictions comme L'Oiseau Magique), nous invite cette fois à pénétrer l'univers de l'atelier Gouffault, pour nous conter l'histoire et l'art du vitrail, qui n'a guère changé depuis le Moyen-Age.

Fondé en 1930 par Louis Gouffault, l'atelier déménage juste après-guerre au 44 rue Bannier après avoir subi de nombreux dégâts. Il compte alors une vingtaine d'employés, comme vitraillistes et comme peintres en bâtiment, et participe activement à la restauration ou la réalisation de vitraux d'églises dans une France en pleine Reconstruction. C'est aussi à ce moment-là que Bernard, le fils, termine sa formation : après avoir suivi des études dans une école d'art en Suisse, il se forme auprès de maîtres-verriers à Limoges tout en étudiant l'art sacré aux Beaux-Arts. Le vitrailliste pourra alors devenir maître-verrier car il sera aussi artiste-peintre et possèdera une solide connaissance de l'histoire de l'art religieux, mais seulement au bout de 15 à 20 années d'expérience. 

Sur ces images tournées en 1958, soit quelques mois avant le décès de son père, Bernard Gouffault a 31 ans. Il réalise une maquette à la peinture, au dixième de la taille du futur vitrail, puis passe le relais à différents collaborateurs. Un technicien reproduit la maquette aux dimensions réelles et découpe les différentes pièces en "calibres". Le coloriste choisit ensuite les verres, teintés dans la masse, parmi 200 couleurs. Puis les plaques sont découpées en suivant les formes de chaque calibre, à l'aide d'un coupe-verre à diamant : c'est bien la seule technique qui a changé depuis le Moyen-Age, où la découpe s'effectuait au fer chaud. Les pièces sont alors temporairement assemblées dans des lignes de plomb pour que Bernard Gouffault, juché sur un escabeau, puisse peindre sur le vitrail éclairé et grandeur nature. La peinture est ensuite fixée par cuisson des plaques de verre dans des fours, et après refroidissement, on procède à la mise sous plomb définitive, puis au masticage et à l'étanchéité.

En 1991, Bernard Gouffault vendra l'atelier, qui sera de nouveau cédé en 2003 pour s'installer à Saint-Cyr-en-Val tout en conservant le nom de son fondateur. Aujourd'hui, il se concentre sur la restauration de vitraux mais la création représente encore 20% de son activité.

Parmi les sites orléanais, l'atelier Gouffault a notamment restauré une bonne partie des vitraux de la cathédrale Sainte-Croix ainsi que les vitraux de la Maison Jeanne d'Arc et de l'Hôtel Groslot.

Ce film a été projeté à l'Ecole du Vitrail et du Patrimoine au Centre International du Vitrail de Chartres en 2015.

Voir le film original