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Publié le 7 Octobre 2019

Concours de pêche à Chécy

Sur le bief de Combleux, à Chécy, ce sont les pêcheurs qui ont redonné vie au canal d'Orléans, quand d'autres l'animaient par des loisirs spectaculaires comme les joutes nautiques à Combreux. 

Pendant l'âge d'or du transport fluvial au XVIIIème siècle, le Canal d'Orléans pouvait servir jusqu'à 2000 bateaux chaque année. Les abords du pont Auger, à Chécy, surplombés par l'église Saint-Pierre, étaient alors animés par les activités du lavoir et du port du Bourg : lavandières, mariniers, haleurs et commerçants s'y croisaient. Alors que le trafic n'a cessé de baisser à partir de la Révolution, c'est la pêche de loisir qui s'est peu à peu emparée de ce lieu, si bien qu'à partir de 1922, des grands concours de pêche sont organisés par le Comité des Fêtes de Chécy.

Grâce à la participation de la municipalité, de la Fédération de pêche et de l'Amicale de pêche d'Orléans, ce concours rayonne au niveau régional et attire des centaines de pêcheurs et de visiteurs venus les encourager. Toute la ville est réveillée dès 8h30 par l'Harmonie de Chécy qui ouvre le défilé : bien plus qu'un concours, c'est une véritable fête populaire annoncée depuis plusieurs jours par les décorations pavoisant les rues du centre. Les habitants sont invités à suivre le cortège jusqu'à la rive gauche du canal. Les concurrents disciplinés investissent les chemins de halage selon des emplacements à intervalles réguliers préalablement tirés au sort.

Et c'est le top départ annoncé par un tir de canon depuis le pont ! 

Le réalisateur Roger Prenois filme très peu les prises et encore moins la pesée ou le matériel : il choisit plutôt de rendre compte de l'ambiance générale, du décor et des promeneurs. En s'attardant ici ou là sur quelques visages concentrés et souriants - un groupe de jeunes, un contrôleur, une femme, l'une des seules inscrites à cette activité typiquement masculine - la caméra est discrète et ne veut troubler une ambiance studieuse et silencieuse. De retour en ville, sous la halle de la place Jeanne d'Arc, c'est la remise des lots aux participants qui choisissent entre vaisselle, conserves, bocaux et vins, probablement offerts par les commerçants de Chécy et des alentours.

Une énigme demeure sur ce film : la date exacte du tournage. On sait que le cinéaste Roger Prenois, projectionniste et exploitant itinérant, a foulé les bords du Canal d'Orléans pendant 10 ans, entre 1947 et 1957, en s'arrêtant à Chécy, Bou, Fay-aux-loges, Combreux ou Mardié. Il y tournait des reportages sur les fêtes, qu'il projettait en première partie de séance avant les long-métrages. 

 

Voir le film original