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Publié le 29 Mai 2018

1956 : les fêtes de Jeanne d'Arc à Chinon

Ces fêtes de Jeanne d'Arc 1956 ont été entièrement filmées par le cinéaste amateur Jean Malézy à la demande de la mairie de Chinon. Il fut donc aux premières loges pour cette manifestation d''une ampleur inédite pour la ville de Chinon. Né en 1909, il a fait l'école industrielle de Saumur. A partir de 1930, il s'installe comme concessionnaire automobile et matériel agricole Renault, place de la gare à Chinon. Il commence à tourner des films en 1934 au moment de la naissance de sa fille. Il filme en en 9,5 mm et se partage entre films de famille et actualités locales. Vers 1938, il commence à tourner en 8 mm et en Super 8 dans les années 1970.

Les 21 et 22 juillet 1956, la cité royale de Chinon célèbre le 500e anniversaire de la réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456 ; un événement marquant et grandiose qui n'a pas échappé à la caméra 8 mm du cinéaste amateur chinonais, Jean Malézy.

Des festivités inspirées par le passage de Jeanne d'Arc à Chinon... dans une ville pavoisée et décorée grâce au concours de la population chinonaise.

Les festivités s'ouvrent le samedi 21 juillet 1956 à 15h. Jeanne d'Arc (interprétée par l'épouse de Pierre Couly, célèbre vigneron du Chinonais) et son escorte de cavalerie arrivent dans la cité royale. Après une réception au Grand Carroi par le gouverneur de Chinon et une messe à l'église Saint-Maurice, Jeanne d'Arc et son escorte sillonnent les rues de Chinon et mobilisent la population chinonaise pour l'inviter à participer nombreuse à ces grandes fêtes.

Le samedi au soir, un grand gala théâtral est organisé sur le Quai Danton. Les pièces de théâtre mettent en scène des scènes de la vie de Jeanne d’Arc : Jeanne d'Arc de Charles Péguy (notamment à Domremy) et Jeanne à Chinon (pièce en vers d'Henry de Brocourt).

Le dimanche 22 juillet, une grande messe pontificale est organisée à 9h30. Elle se tient Quai Danton, de l'autre côte de la Vienne, face au château. Parmi les religieux présent ce jour-là pour célébrer la messe, il y a Louis-Joseph Gaillard, archevêque de Tours et Louis Robin, évêque de Blois. La partie musicale de la messe est jouée par « Les Trompettes de la Loire » de Tours et la Musique Municipale de Chinon.

A 11h le cortège officiel se déplace en direction de la statue de Jeanne d’Arc. Des gerbes de fleurs y sont déposées. Parmi les officiels, on note la présence du préfet d'Indre-et-Loire, du président du Conseil général, de M. Auguste Correch, maire de Chinon et conseiller général, ainsi que les autorités civiles, militaires et religieuses du département.

Le dimanche après-midi à 15h c’est le défilé du grand cortège historique évoquant à travers 11 chars les grandes étapes de la vie de Jeanne d'Arc : le char de Domrémy qui illustre la jeunesse de Jeanne d'Arc en Lorraine ; lieu où elle entendra les voix célestes lui demander d'aller libérer le royaume de France ;  le char de Vaucouleurs où Jeanne d'Arc vient demander une escorte à Robert de Baudricourt pour la mener jusqu'à Charles VII à Chinon ;  le char de l'église Saint Maurice en lien avec l'église de Chinon où elle se serait recueillie ; le char de la visite de Jeanne d'Arc à Chinon avec Charles VII ; le char de la libération du siège d'Orléans ;  le char de Reims où Charles VII fut sacré roi de France ; le char du procès de Jeanne d'Arc et enfin le char de sa mise au bûcher.

Ce cortège historique est tout simplement gigantesque puisqu’il a mobilisé pas moins de 50 cavaliers en costume d’époque, 800 participants et 250 musiciens. La ville est d'ailleurs noire de monde ce qui montre l'aspect fédérateur de ces festivités chinonaises.

Enfin, le dimanche au soir c'est sur le quai Danton que se tiennent les festivités. Un gala théâtral est organisé comme la veille. Puis à 23h c’est l'évocation réelle du drame de Rouen qui est joué avec Jeanne au bûcher.

Ces festivités se terminent par un grand feu d’artifice et l'embrasement du château de Chinon.