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Publié le 12 Octobre 2013

Sous l'Occupation en région Centre-Val de Loire

Malgré l'interdiction en zone nord, la pénurie qui rendait bien rare la pellicule pendant les années de guerre, certains cinéastes amateurs ont fixé des moments de leur quotidien sous l'Occupation ou tourné des images dans le but de témoigner. 

Comme en temps de paix, certains continuent à filmer la fête. Ainsi Bernard Loison réalise en 1942 un petit film à l'occasion d'une kermesse dans le village des Hermites, organisée pour collecter de l'argent pour les prisonniers de guerre. A Issoudun, en zone sud, Aristide Bonnard s'intéresse à une messe en plein air, installée sur la place des marchés, devant le Palais de Justice de la ville. De même, quand en 1942, Châteauroux reçoit dans la liesse la Visite du Maréchal Pétain, alors Chef de l'Etat Vichyste, plusieurs cinéastes amateurs remontent le ressort de leur caméra pour enregistrer la visite présidentielle

Dès 1940, c'est aussi la sidération qui s'exprime à travers les films des cinéastes amateurs. Certains font l'inventaire des destructions, comme Jean Rousselot à Tours, Charles-Marie Jaguenaud et René Duneau à Orléans. D'autres essayent de rendre compte des bouleversements en cours, comme Robert Pinchault-Roumet qui filme quelques voitures et quelques bicyclettes sur la route de l'exode, le camp de Châteauroux pour accueillir les "évacués" (venus d'Alsace-Lorraine), les abris anti-aériens sur la Place Voltaire, les séquelles de premiers bombardements... 

Enfin, d'autres cinéastes amateurs prennent de véritables risques pour garder le témoignage d'une France belle et bien "occupée". René Imbault enregistre le déboulonnage des statues à Pithiviers destinées à être fondues pour l'effort de guerre allemand. Maurice Raby, caché derrière ses volets, filme une revue de troupes et la levée du drapeau nazi sur la place principale de Châtillon-Coligny. En 1942, sur la ligne de démarcation, Jean Rousselot filme le poste de contrôle français, entre La Haye-Descartes et Abilly... 

A côté de ces moments frappants, il y a parfois encore la volonté de laisser la trace d'un quotidien transformé : René Imbault filme ainsi sa famille descendant dans l'abri spécialement aménagé dans la cave et Hector Gablin garde l'empreinte du démarrage laborieux d'une voiture équipée d'un gazogène.