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Publié le 16 Septembre 2013

Les 3 heures de Contres

De 1960 à 1984, l'Éveil de Contres a organisé les "3 heures de Contres", une course automobile parodiant les 24 heures du Mans en remettant en piste des "grand-mères" restaurées par des collectionneurs.

L'Éveil de Contres est une association sportive fondée le 20 décembre 1910 à l'initiative du curé du bourg et qui compte près de 400 adhérents. Elle est aujourd'hui un club omnisports comprenant six sections (athlétisme, badminton, basket, danse, gymnastique et tir à l'arc). En mars 2011, elle a déposé auprès du Pôle Patrimoine de l'agence Ciclic, un ensemble de films sur les "3 heures de Contres".50 ans autour des "grand-mères"

Les "3 heures de Contres" ont une préhistoire. En effet, en 1957, au hameau de La Chaise dans la commune de Saint-Georges-sur-Cher, Jean-Marie Pellerin crée une course appelée "Les 2 heures de la Chaise" dont le titre se moque gentiment des "24 heures du Mans". 

L'arrivée à Contres

 A partir de 1960, et jusqu'en 1984, c'est la ville de Contres qui accueille cette course et lui donne donc son nouveau nom : "Les 3 heures de Contres". Le principe reste le même, la course ne fait concourir que des voitures fabriquées avant 1939.

A partir de la la 5ème minute du film de 1965 (ci-contre), le réalisateur nous fait découvrir Contres et le site de la course à travers diverses vues aériennes prises d'hélicoptère.

Dans les années 1980, l'épreuve se tient pendant 5 ans à Blois, puis l'association des "Grands-Mères automobiles" commence à organiser le "Tour National des Grands-Mères Automobiles", dont la dernière édition a eu lieu en 2009.

Trois réalisateurs pour l'histoire d'une course

Pour capturer cette course folle pouvant atteindre une vitesse moyenne de 35 à 40 km/h, trois réalisateurs se sont succédés ou complétés pendant plus de vingt ans.

  Jean-Marie Penet, alors président de l'Éveil de Contres, s'attacha à filmer les éditions de 1962, 1964 et 1965, puis Monique Rollin prendra le relais pour celles de 1968 et de 1973.

Mais le plus régulier et le plus présent pour mettre en images le ballet des grands-mères sur le circuit de Bellevue fut Michel Peigné. Il est effectivement le réalisateur de plusieurs films sur différentes éditions de la course, celles de 1961, de 1964, de 1965, de 1966 et de 1967. Puis, après quelques années d'absence, il revient à Contres juste à temps pour filmer les deux dernières éditions de cette classique (1983 et 1984).

Comme aux "24 heures du Mans"

Si le nom de cette course est évidemment un clin d'oeil à la grande classique se déroulant dans la Sarthe, les organisateurs ont été un peu plus loin en reprenant des éléments caractéristiques de la classique automobile.

Tout d'abord la parade des pilotes. Comme cela se fait encore au Mans, le film de 1961 commence par le défilé présentant les automobiles des concurrents dans les rues de Contres. Dans ce même film, le réalisateur montre un autre élément tout à fait spécifique de la course sarthoise : le départ arrêté en épi, appelé aussi départ du Mans. Mais à Contres la difficulté est plus grande car il faut démarrer les voitures à l'aide d'une manivelle...

A partir de la cinquantième seconde du film de 1973, la référence au Mans saute aux yeux : les véhicules venant de se lancer passent en effet sous une passerelle provisoire arborant une banderole Dunlop, référence au symbole emblématique du circuit Bugatti où se déroule les "24 heures du Mans".

De plus, si la classique sarthoise a son camping, ses concerts et sa fête foraine, les "3 heures de Contres" ne sont pas en reste. Chaque année, en plus de la présence des grands-mères automobiles, de multiples animations sont proposées autour de l'évènement (présence de clowns en 1961, 1962, 1964 et 1983, parachutistes en 1962 et 1983, acrobaties motorisées en 1964...).

Alors laissez vous emporter par le vrombissement des moteurs et en route pour des courses (des années) folles !

Les films de l'Éveil de Contres ont été numérisés dans le cadre du Plan national de numérisation du Ministère de la Culture pour mettre en valeur les archives et les pratiques audiovisuelles des associations de la région Centre. Initié en 1996, le Plan National a d'abord permis d'aider à la numérisation des fonds iconographiques et sonores appartenant à l'Etat. Depuis 2000, il est également ouvert aux collections des collectivités territoriales, des fondations et des associations.