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Publié le 13 Février 2019

Maurice Garsault, cinéaste amateur à Binas

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Maurice Garsault a tout le profil de la génération de l’après-guerre, elle dut se mettre au travail très jeune, laissant parfois les rêves et les études de côté. Maurice mena pourtant le tout de front avec une certaine habileté, il faut bien le reconnaître. Son intérêt pour le cinéma il le doit aux projections de Pathé-Baby que son père faisait à Noël, des films d’édition de Charlot en format 9.5mm achetés à Orléans.

Né le 9 janvier 1925 à Binas (Loir-et-Cher) et décédé le 5 avril 2014 dans la même commune à l’âge de 89 ans, Maurice Garsault est un esprit créatif et surtout un passionné de construction aéronautique ainsi que de cinéma. Son intérêt pour le cinéma il le doit à son père et il filme avec sa propre caméra en 9.5mm de 1949 à 1960, puis en 8mm et en Super 8 de 1971 à 1975. Sa passion pour l’aéromodélisme et l’aviation, il la doit également à son père qui l’emmena à l’âge de 7-8 ans à la Borne près de Cour-Cheverny voir un meeting aérien organisé par l’Aéro-Club du Blésois. C’est le début de l’Aviation populaire qui se donne pour but d’initier les couches populaires à une pratique sportive réservée jusque là à une élite de la population, et de former des jeunes gens au pilotage et à la mécanique en vue de servir de vivier à l’Armée de l’Air. La guerre et l’Occupation couperont cet élan initié par Jean Zay et Léo Lagrange au sein du gouvernement Blum. En 1950, il a 25 ans et passe son brevet de pilotage, vol en solo, après avoir suivi la plupart des cours en cachette de ses parents.

 Anecdote : en faisant le carré d’homologation : Blois, Le Blanc, Issoudun-Le Fay, Le Breuil, il a la surprise de voir qu’à Issoudun personne ne l’attend, il doit alors chercher une bonne âme locale pour lui parapher son plan de vol.

Son métier, il le devra également à son père, agent d’assurance à Binas, qui lui-même avait suivi la volonté de son père. Très tôt mis à contribution, Maurice intègre l’entreprise familiale à l’âge de quatorze ans comme encaisseur, laissant un peu de côté la construction de maquettes volantes dans laquelle il excellait. Il rejoint donc par obligation les trois générations d’agents d’assurances de la Mutuelle L’Etoile qui accompagnaient les céréaliers de la région en couvrant les risques dus aux intempéries, notamment les redoutables orages de grêle en période de récolte.

C’est en 1955, à l'âge de 30 ans, que Maurice Garsault reprend le portefeuille d’assurance de son père qui vient de décéder. Son mariage en 1956 rime avec liberté car Monique partage sa passion pour l’aviation et l’encourage. Jusque-là il devait négocier avec ses parents, allant jusqu’à suivre en cachette des cours de pilotage lorsqu’il allait à vélo l’été vers Beaugency visiter sa clientèle.

 

                         

 

La “grande aventure“ du couple Garsault sera la construction d’un avion Jodel 119 dans leur récente maison. Ils profiteront que les tapisseries ne soient pas faites pour débuter en mars 1964 la construction de l’aéronef dans le salon puis dans le garage en sous-sol. Il passe son brevet de pilotage biplace en1968, et peut voler désormais avec Monique. Pour des raisons financières, l’avion sera vendu à M. Pedrelin qui posera le moteur et l’homologuera. L’avion vole toujours au Club de Châteaudun. 

Maurice et Monique Garsault feront partie de plusieurs aéroclubs, Meung-sur-Loire, Beaugency, Saran, Le Breuil et continueront leurs aventures cinématographiques et aériennes. Dynamiques adhérents du RSA (Réseau des Sports de l’Air, association nationale regroupant les constructeurs amateurs) ils suivaient régulièrement les meetings aériens en tenant le stand du RSA pour informer, vendre les publications et autocollants. Maurice Garsault filme ces événements en 8mm puis en Super 8 mais jamais en vol, « il ne pouvait pas faire les deux, piloter et filmer, et moi je ne connaissais rien à tout ça » nous dit Monique Garsault. Il en demeure de nombreux films sur des meetings à Morlaix, Clermont-Ferrand, Grenoble, Laval, Bergerac, Egleton et des images très intéressantes sur le grand essor de l’aviation légère entre 1960 et 1980, avec ”ces fameux fous volants dans leurs drôles de machines”. Un seul exemple : le fameux ”Pou volant” d’Henri Mignet.

 

                            

Sur les 29 films de Maurice Garsault déposés à Ciclic, 11 concernent l’aviation les 18 autres parlent de Binas et de la vie de la commune et de ses habitants de 1949 à 1975. En avril 2012, le pôle patrimoine de Ciclic proposait à Ouzouer-le Marché les premiers films amateurs de Maurice Garsault tournés sur Binas entre 1949 et 1960, puis entre 1971 et 1975, cavalcades et commémoration, bal des pompiers et portraits d’habitants.