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Publié le 29 Mai 2013

L'inconnu d'Ouzouer-sur-Trézée (retrouvé !)

Trois bobines 9,5mm achetées sur une brocante à Châtillon-sur-Loire, et déposées au pôle Patrimoine de Ciclic, permettent de découvrir la vie d'Ouzouer-sur-Trézee dans les années 1940.

A travers ces bobines regroupant une dizaine de séquences différentes, le réalisateur nous présente un aperçu de thématiques souvent abordées par le cinéma amateur.

Des membres de la famille...

En effet, comme presque tout cinéaste amateur, la personne ayant filmé s'est tout d'abord attachée à montrer des activités familiales : des enfants jouant, une promenade en campagne, les tâches quotidennes d'une ferme (la sienne ?) ou des séjours au Mont-Saint-Michel et à Locronan.

... aux habitants du village

Mais ces films nous montrent également différents évènements collectifs, de l'abattage d'un arbre mobilisant de nombreuses personnes aux animations faisant partie intégrante de la vie du village, comme un concours de pêche ou un match de football.

Et puis parfois la petite histoire rencontre la grande... Ainsi notre réalisateur inconnu a réussi à capter quelques images lors de la Libération de Paris en 1944 mais surtout, jouant pleinement son rôle de témoin local, il a filmé l'arrivée de soldats américains libérant son propre village.

En 2013, Ciclic lançait un appel pour retrouver l'auteur de ces bobines 9,5 mm. Grâce à cet article, la petite-fille de notre "cinéaste inconnu" a retrouvé les films de son grand-père sur le site Mémoire. Notre cinéaste s'appelle Roger L'Hostis. Né en 1905 à Paris, il est propriétaire d'une usine de fabrication de chaussures lorsque la guerre éclate. En 1940, il refuse de travailler pour la Wehrmacht et s'installe à Ouzouer-sur-Trézée dans le Loiret avec sa femme, sa fille et ses beaux-frères. Tous travaillent comme bûcherons durant la journée pour ne pas se faire repérer, ne rentrant à la maison qu'une fois la nuit tombée. Très intéressé par la pratique du cinéma amateur et par le cinéma en général, il se forme en autodidacte et tourne quelques bobines de 16 et 9,5 mm, dont des images de la libération d'Ouzouer et des scènes de vie quotidienne à partir de 1944. Les bobines sont ensuite restées à Ouzouer. Si la maison est restée dans la famille, une partie des meubles a été vendue et les films (qui semblaient alors illisibles pour la famille dans leur format 9,5 mm) ont été emportés... avant d'être miraculeusement ramenés à Ciclic !