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Publié le 15 Janvier 2015

Le Ciné-club des établissements Cadoux à Saint-Pierre-des-Corps

Les ateliers de réparation ferroviaire situés à Saint-Pierre-des-Corps existent depuis 1910. Dès le début des années 1950, les salariés, par l'intermédiaire du comité d'établissement, créent un ciné-club au sein de l'entreprise. Ils y projettent des films et tournent eux-mêmes en 16 mm.

Sitôt l'ordonnance de février 1945, visant à la mise en place de comités d'établissements (C.E.) publiée, les ateliers de réparation de la C.I.M.T (Compagnie Industrielle de Matériel de Transport) créent leur C.E. le 11 avril 1945. Il fait parti d'un des tous premiers en France.

Le ciné-club de la C.I.M.T est créé en décembre 1952. Il organise des séances de projection de films d'exploitation à l'attention des salariés. Il s’est aussi doté d’une caméra 16 mm pour filmer les activités socio-culturelles et sportives du CE. Les salariés, formés à la prise de vues par le photographe et cinéaste tourangeau Pierre Dubiau, filment les nombreuses activités : cross-country, athlétisme, concours de pêche, football, sorties culturelles en Touraine, voyage dans le Limousin et en Auvergne...en témoigne ce concours de pêche tourné vers 1953 sur les bords de Cher à Saint-Avertin.

Ces films tournés par les salariés, constituaient la première partie des programme du ciné-club. Ils sont aujourd'hui le témoignage de l'émancipation ouvrière des salariés et de leur famille, à l'époque de la Reconstruction, alors même que les conditions de travail sont dures et les horaires élévés. 

Les activités du ciné-club durent jusque vers 1957 et ne reprennent qu'en 1970. La C.I.M.T, qui a changé de patron, est devenue l'entreprise Cadoux. Si les salariés continuent de filmer leurs activités socio-culturelles (concours de pétanque, ping-pong, cross-country...), la défense pour l'emploi est au coeur des revendications des ouvriers, avec en ligne de mire l'accession au statut de cheminot de la S.N.C.F.

Ces films de lutte ne sont pas construits de la même façon. Ils n’ont évidemment pas la même fonction. Comme le souligne Dominique Maugars, ancien cheminot et ouvrier de chez Cadoux : "Ce qui s’est soudé, avec les familles dans les sorties culturelles, se retrouve pour la lutte. Nous nous servons de notre expérience, notre connaissance en écriture cinématographique pour montrer nos luttes, s’en servir pour gagner".

C'est en janvier 1983, que les ouvriers de chez Cadoux perdent leur nom pour accéder au statut de cheminot après six années de lutte.

Déposé en 2005 à l'association Ciné-Archives (fonds audiovisuel du PCF - mouvement ouvrier et démocratique), le fonds de films de l'entreprise Cadoux, a été numérisé en 2012 par Ciclic. Le fonds est aujourd'hui valorisé par ces deux institutions.