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Publié le 4 Avril 2013

Les Actualités du village de Neuillé

A Neuillé-Pont-Pierre, village de 1300 âmes au début des annés 1950, les mariages, concours et fêtes locales étaient autant d'occasions de se réunir pour ses habitants ! Accompagné de sa caméra 9,5 mm, le pharmacien du village a suivi ces évènements pendant deux ans.

C'est à la fin des années 1940 que Jacques Babin, alors pharmacien à Paris où il a fait ses études, revient en Touraine où il a grandit, et commence à pratiquer le cinéma grâce à des amis qui lui offrent sa première caméra 9,5 mm. Il devient vite membre du Caméra-Club de Tours et il invente la section de Neuillé-Pont-Pierre, où il tient une pharmacie, pour débuter dans le reportage.

Autodidacte et passionné depuis toujours, Jacques Babin s'est perfectionné dans la prise de vue et le montage en fréquentant assidument les caméras-clubs. Avec le Touring Club de France, il tourne un véritable documentaire sur l'Exploitation pétrolière de Parentis, qu'il accompagnait d'un texte lors de ses projections. Il nous laisse aussi des rushes de films institutionnels tournés en 16 mm, sur les Pompiers de Tours, dont nous n'avons jamais retrouvé les co-auteurs ni les films définitifs. Il a aussi collaboré à une fiction remarquable intitulée "La Peau de l'Ours" et dont la mise en scène est collective.

Les évènements sportifs, religieux, scolaires ou culturels sont filmés puis montés bout à bout sur une seule bobine, et séparés par des titres à la manière d'un véritable journal d'actualités. Parfois, à l'intérieur d'un reportage, des cartons rythment le montage avec humour en donnant des anecdotes sur l'évènement ou en précisant les lieux ou les protagonistes, comme lors de la course cycliste qui ouvre la saison 1953, ou lors du festival de gymnastique au Château de Comacre.

Ces sujets titrés et montés n'enlèvent rien à la spontanéïté du réalisateur, qui prenait volontiers sa caméra lors d'incidents qui faisaient déplacer les curieux : une Peugeot 201 s'est renversée sur la chaussée et devient l'attraction de tout un village !

Les films sur les évènements à caractère plus privé comme les mariages ou les communions, montrent aussi à quel point la vie religieuse et familiale était ancrée dans la vie d'une comunauté toute entière. Quant à la vie scolaire, les enfants devenaient à leur tour acteurs de la vie locale lors des remises de prix de fin d'année.

Mais ce sont bien sûr les animations plus spectaculaires qui rencontrent un énorme succès, comme en témoigne les nombreux commerces décorés et la foule venue faire la fête pour le Grand Festival Départemental de Musique, ou encore les nombreux spectateurs des courses hippiques ou défilés de gymnastes de 1954.

Nous vous invitons à voir et à partager ces films qui sont autant de témoignages sur la vie associative d'une commune que sur les loisirs et intérêts de la population des années 1950.

Les films de Jacques Babin ont été numérisés dans le cadre du Plan national de numérisation du Ministère de la Culture. Initié en 1996, le Plan national a d'abord permis d'aider à la numérisation des fonds iconographiques et sonores appartenant à l'Etat. Depuis 2000, il est également ouvert aux collections des collectivités territoriales, des fondations et des associations.