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Publié le 20 Juin 2017

La Fête de la musique à Chartres

Dès son lancement en juin 1982, la Fête de la Musique bat son plein dans de nombreuses villes de France et c'est grâce à des cinéastes amateurs que nous pouvons constater son retentissement immédiat dans une petite ville comme Chartres.

C'est à la fin des années 70 que Jean Duval fonde le Cinéastes Club Chartrain et tourne des reportages en Super 8 avec une dizaine de photographes et cinéastes amateurs, pour témoigner des évènements importants de sa ville. « Nous sentions qu'il fallait fixer ces images, que le temps qui passe effacerait beaucoup de la vie d'une petite ville célèbre par sa cathédrale » (1).

Alors que la télévision s'est emparée du sujet dès la première édition en couvrant la région parisienne, très peu de reportages ont été tournés dans les petites villes et les images de cette journée à Chartres en 1984 et 1985 sont inédites. « Les actualités chartraines » ont été valorisées dans le film de Benoît Cornuau, « Du Côté de Chartres », dernier opus de la collection « Carnet d'images : histoires euréliennes » produit par Ciclic.

Seul ou en équipe, de manière préparée ou spontanée, selon leurs goûts et leurs disponibilités, les reporters bénévoles partent couvrir chaque événement, traditionnel ou exceptionnel, qui marque et ponctue la vie de leur cité. C'est ainsi que sont nées les « Actualités chartraines », projetées au sein du ciné-club tous les mois, mais aussi lors de projections publiques annuelles organisées avec l'aide de la ville et dans les maisons de retraite pour que les plus âgés puissent en profiter. Annie Duval, l'épouse de Jean, réalisait le montage de ces documentaires : il fallait sélectionner les meilleures images, les associer en rythme, puis écrire et enregistrer un commentaire et ajouter des musiques... un vrai travail d'équipe et de professionnel !

A l'occasion de la Fête de la Musique, ces amoureux de l'actualité locale filment les différents musiciens ayant répondu à l'appel de cette manifestation nationale, sans oublier les prises de vue sur le public, attentif et curieux, afin de montrer tout l'engouement populaire et le mélange des genres musicaux voulu par son créateur, Maurice Fleuret.

Compositeur, critique musical au Noubel Obs et créateur de festival, ce grand défenseur de "la musique pour tous" a mené toute sa vie cette bataille pour la démocratisation et le développement des pratiques musicales. En devenant directeur de la musique au ministère de la culture de Jack Lang en 1981, il a pu concrétiser sa vision en invitant tous les musiciens et chanteurs, de tous âges, tous niveaux et tous horizons, à jouer librement dans la rue le temps d'une journée qui leur est consacrée. Son souhait était de "Montrer que la musique est un art d'essence collective, que l'on ne fait bien de musique qu'ensemble, qu'il faut se grouper, se regrouper, et donc se retrouver sur le lieu public par excellence, qu'est la rue » (2).

Véritable succès populaire, la Fête de la Musique a participé à décloisonner les genres musicaux et les espaces de diffusion, et développer les pratiques amateurs chez les jeunes. Ce rendez-vous annuel n'a cessé de rayonner au fil des années puisqu'il est présent aujourd'hui dans une centaine de pays à travers le monde.

Malgré son décès prématuré à l'âge de 57 ans, Maurice Fleuret a beaucoup oeuvré pour l'élargissement des aides publiques vers les établissements et associations de musique, pour la création d'orchestres amateurs, le développement des centres de formation et le soutien aux jeunes compositeurs.

(1) propos recueillis par Ciclic

(2) propos recueillis par Anne Brucy pour l'émission radio « l'Imprévu », du 21 juin 1983, à retrouver en intégralité ici.