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Publié le 27 Février 2019

Jean Grateau, la ville de Tours caméra à la main

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Arrêt sur image(s), voici venir le moment de découvrir Tours en 3 temps ! La ville Blanche et Bleu bien connue pour son Vieux-Tours, centre historique remarquable , est aujourd'hui à l'honneur pour son autre particularité : on la surnomme aussi la cité jardin. En effet, Tours concentre un patrimoine vert de grande ampleur avec des espaces naturels qui ont grandement influencé le paysage urbain.

Jean Grateau, caméra à la main, en a capté l'essence en filmant en couleur plusieurs espaces verts. C'est ainsi que nous vous proposons de partir pour le Jardin des Prébendes mais aussi de rendre visite à la ménagerie du Jardin Botanique.  Jean Grateau est né en 1915 à Tournon-Saint-Martin, où son père est maréchal ferrant et sa mère restauratrice à l’hôtel restaurant "le Champ de foire". En 1933, il fait ses études de médecine à la faculté de Tours et s'installe à Cour-Cheverny. Il sera d'ailleurs maire de la ville de 1969 à 1989. Il commence à filmer en 8 mm à la fin des années 1930, des films de famille et des évènements locaux en Touraine et dans le Loir-et-Cher.

C'est en 1937 et en 8mm, que Jean Grateau immortalise le Jardin des Prébendes, lors d'une sortie familiale en compagnie de sa belle-mère. Il fréquentait régulièrement ce quartier puisque ses beaux-parents y habitaient. Cet espace, de prime abord aussi verdoyant et accueillant, n'a pas toujours été synonyme de balade bucolique. En effet, le jardin des Prébendes ne fut transformé qu'à partir de 1872-1874. Auparavant ce n'était qu'un site marécagueux où se trouvaient des jardins potagers.

Passons maintenant au Jardin Botanique. Construit entre 1831 et 1843, il s'agissait à l'époque d'un jardin d'acclimatation avec des animaux "exotiques" provenant de zoos ou de cirques. D'ailleurs, les premiers animaux ne font leur apparition qu'en 1856, avant-tout pour attirer le public. Ici, c'est Suzanne, sa soeur, que Jean Grateau met en scène dans un safari grandeur nature. 

Jean Grateau ne pouvait pas filmer la ville de Tours sans s'arrêter sur l'Hospice Général Bretonneau. D'aileurs, saviez-vous qu'avant 1937, l'établissement portait le nom d'Hospice Général de Tours ? De même, la présence des bonnes soeurs est à signaler. Travaillant auparavant à l'Hôpital de la Charité, elles ont été intégrées au personnel de l'Hospice Bretonneau après le regroupement. Lui-même médecin, ce témoignage filmique, toujours aussi luxuriant de verdure, permet de revenir sur son passé d'étudiant. Comme beaucoup de cinéastes, Jean Grateau n'hésite pas à se mettre en scène, le cinéaste devient alors acteur de son propre film. Certains diront que M. Alfred Hitchkock n'a rien inventé ! C'est maintenant à vous de jouer pour retrouver notre cinéaste !

L'hôpital Bretonneau a été mis en image par une réalisation de David Roux soutenu par Ciclic Centre-Val de Loire. Le long métrage, nommé l'Ordre des Médecins, met un point d'orgue à faire de l'hôpital un personnage à part entière, il est filmé de jour, de nuit dans les moments heureux mais aussi lors des conflits humains. Il est le reflet émotionnel des personnages, ce que Jean Grateau faisait déjà apparaître dans sa façon de filmer. Une projection Ciclic vous est proposée le jeudi 28 février à Châteauneuf-sur-Loire.

                            

 

Avant de vous laisser vagabonder de jardin en jardin, voici un film supplémentaire qui change de perspective. L'ensemble de ces lieux sont à voir et à revoir sous la neige de 1938. Les évènements météorologiques sont l'occasion pour les cinéastes amateurs de sortir la caméra pour capter l'inattendu. Jean Grateau nous livre ici une seconde lecture des espaces précédemment cités ainsi que la Place des Arts, le square Rabelais et les bords de Loire.  

Il est important de noter la rareté de ces images. Peu de films de cette époque ont été tournés en couleur du fait du prix élevé de la pellicule. D'ailleurs, il faut attendre 1935 pour que Kodak mette en place le procédé couleur Kodachrome pour le 8 mm et le 16 mm.

Jean Grateau met mangifiquement en scène la ville de Tours ce qui n'est pas sans rappeler les mots de Balzac : "Tours a été et sera toujours, les pieds dans la Loire, comme une jolie fille qui se baigne et joue avec l'eau, [...] cette ville est rieuse, amoureuse, fraîche, fleurie, parfumée mieux que toutes les autres villes du monde..." Les Contes DrolatiquesHonoré de Balzac, 1932.