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Publié le 4 Décembre 2012

Ardon ou les vacances près de chez soi

En 1938, l'ailleurs n'est pas si loin... la preuve par l'image en suivant une famille orléanaise lors de ses séjours à Ardon (à quelques kilomètres d'Orléans).  

Né en 1906, Charles-Marie Jaguenaud commence à pratiquer le cinéma en 1938 et devient très vite membre du Photo-Ciné Club Orléanais. Il réalise de nombreux films en 9,5 mm jusque dans les années 1970, s'intéressant notamment à la vie locale. Après les bombardements de 1940, il tourne par exemple des images des ruines d'Orléans. Après-guerre, ses films montrent les fêtes, les commémorations et le groupe folklorique "Les Chabis" auquel M. Jaguenaud appartient. Les films tournés à Ardon font partie de ses premiers essais... 

A la fin des années 1930, un médecin conseille à Monsieur et Madame Jaguenaud de soigner l'une de leurs filles, malade du poumon, au bon air de la Sologne.

En se rendant à Ardon, hébergée chez l'habitant, la famille entière trouve toutes les conditions pour profiter pleinement de ces "vacances thérapeutiques". L'activité principale, c'est se promener et découvrir la nature. Les journées sont également occupées à pêcher. Et les enfants jouent au ballon...

Vacances obligent, les adultes se laissent parfois embarquer dans leurs jeux (faire une partie de marelle, tracter une caisse sur roulettes...). En somme, si les enfants sont les plus présents à l'image, c'est toute la famille qui est la vedette de ces films, jusqu'à la grand-mère venue jusqu'à Ardon par l'autocar.

Charles-Marie Jaguenaud s'attache aussi à la vie de ce village. "14 juillet à Ardon" est par exemple consacré aux festivités organisées par les habitants le jour de la Fête nationale.

Dès 1938, le cinéaste consciencieux expérimente son récent savoir-faire de réalisateur et de monteur. A la manière d'un générique professionnel, le film "Les images vivantes des vacances à Ardon" commence par un carton "avec le concours de Pathé 9,5 mm" suivi d'un portrait "vivant" du cinéaste, puis continue avec de nombreux titres et intertitres pour illustrer et situer l'action. Après le carton "Nous sommes à...", le réalisateur nous propose par exemple une vue du clocher d'Ardon et plusieurs plans sur des bornes ou des panneaux indicateurs menant à "Ardon".

Les films de Charles-Marie Jaguenaud ont été numérisés dans le cadre du Plan national de numérisation du Ministère de la Culture. Initié en 1996, le Plan national a d'abord permis d'aider à la numérisation des fonds iconographiques et sonores appartenant à l'Etat. Depuis 2000, il est également ouvert aux collections des collectivités territoriales, des fondations et des associations.